SOS, j’ai 15 min pour préparer ma séance d’histoire !

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SOS, j'ai 15 min pour préparer ma séance d'histoire !

Bon, là encore, je réponds aux mails de « PES en détresse » pour présenter une démarche. Je vais essayer de faire très simple.

La démarche que je vais décrire est un peu basique et mérite surement d’être améliorée dès que vous aurez un peu de temps. En attendant, c’est peut-être moins élaboré que ce qu’on apprend à l’ESPE mais c’est ce que j’applique au quotidien (cf le scan du cahier d’un de mes élèves ci-dessus) et dans la série « kit de survie », cette démarche vous permettra d’assurer des séances d’histoire tout à fait honorables et efficaces et surtout sans vous demander trop de prep.

2 objectifs majeurs pour vous :

Objectif 1 : terminer le programme. N’écoutez pas ceux qui ricaneront en disant que personne ne le fait, ce n’est pas vrai. Ce n’est pas si difficile si on planifie vraiment ce qu’on va enseigner, sans vouloir en faire trop. Je fais entre 20 et 25 séances par an (soit 5 par période, généralement).

Objectif 2 : faire en sorte que les élèves aient retenu des choses à la fin de l’année. Donc préférer enseigner peu de choses, que les élèves auront retenues, plutôt que plein de choses qui seront oubliées aussitôt l’éval passée. Cf objectif 1…

1. Indispensable et incontournable, préparer la programmation annuelle avant de commencer l’année

  • S’équiper d’un calendrier pour préparer vos « périodes ». A vous de choisir si vous voulez vous caler sur le calendrier des vacances de l’année (avec donc des périodes inégales), ou pas (quitte à terminer une séquence en milieu de période). Pensez à demander au directeur, ou au maitre que vous complétez, quel est le rythme de remise des bulletins. Cela vous donnera des dates limites d’évaluation qui pourront vous servir pour « découper » vos périodes et vos séquences.
     
  • Compter les semaines de chaque période.
    Puis, pour chaque période, enlever une semaine pour l’évaluation. Neutraliser aussi 5 semaines de la période 5 (parce que vous devrez terminer votre programme vers la mi-juin pour faire les bulletins et que P5 il y a toujours des tas de ponts, fêtes, sorties, qui malmènent les programmations.) Au bout du compte vous vous retrouvez avec environ 5 semaines par période. Puisqu’on compte une séance d’histoire par semaine, vous avez environ 25 séances à prévoir sur l’année.
     
  • Il vous reste donc à écrire les titres de vos 25 séances, et ce, avant de commencer l’année. Pour cela : s’équiper des programmations de cycle quand elles existent, et surtout des IO (surtout parce qu’elles sont quand même plus légères que tout ce que vous trouverez dans les manuels. Ce sera mon conseil n°1 : pour faire votre programmation, utilisez les IO et pas les manuels.) 

    Avec le « support » du manuel de la classe, s’il existe, écrivez maintenant les titres de vos séquences d’abord, puis leur découpage en séances. C’est vraiment important de faire ce travail de planification, même s’il pourra être modifié ensuite. Cela vous donnera une idée du temps à passer sur chaque séquence.

    Pour les titres des séances, l’idéal est que ce soit des « questions », par exemple : « Pourquoi les Romains ont-ils envahi la Gaule ? », « A quoi servait l’Eglise au Moyen Âge ? »… Vous verrez que vos séances seront plus faciles à concevoir ensuite et surtout que les élèves seront plus actifs pendant la séance. Ceci dit, ce n’est pas toujours facile… faites au mieux sans vous mettre trop de pression. 
     

  • Le plus gros est fait. De mon côté, avant de commencer la préparation de chaque séquence, je prends le temps de rédiger les traces écrites de chaque séance. Si vous n’avez pas le temps, vous les rédigerez au fur et à mesure.

 

2. Comment préparer une séance ?


Imaginons que la séance soit demain. Vous avez quelques minutes pour préparer votre séance. Comment s’y prendre ?

  • Reprenez le titre de la séance et réfléchissez à ce que vous voulez que les élèves comprennent, sachent faire, et retiennent à la fin de la séance. Pour cela, et si vous manquez de temps, partez du principe que les élèves ne disposeront que du manuel de la classe, et rien d’autre (sauf si vous avez plus de temps devant vous et que vous pouvez vous permettre de projeter quelques docs ou leur donner des photocopies). Pas de panique, il y a PLEIN de documents dans les manuels, même dans les vieux hors programmes qui trainent au fond de la classe.
     
  • Rédigez la trace écrite de la séance.
    Imposez-vous d’avoir une trace écrite à la fin de chaque séance.
    Faites court. 4-5 lignes manuscrites au CE2, jusqu’à 10-15 au CM2, jamais plus (attention, si vous tapez vos traces écrites : 4-5 lignes manuscrites correspondent à 2-3 lignes dactylographiées : il faut vraiment faire 2-3 phrases de synthèse, et c’est tout.)

 

Réfléchissez au déroulement de la séance. Le déroulement type c’est :

  1. QUESTION
    Vous posez une question à la classe (si vous n’avez pas le temps de faire une belle fiche de prep, notez-vous au moins cette question, ou ces questions + la trace écrite).

    Ex : Qu’est-ce que la découverte du feu a changé dans la vie des hommes ?
    Pourquoi Jules César voulait-il envahir la Gaule ?
    Comment les gens du Moyen-Âge se défendaient-ils ?
    Pourquoi les Français ont-ils voulu faire la Révolution ?
    Pourquoi la guerre est-elle revenue si vite après la 1ère Guerre Mondiale ?

  2. CONCEPTIONS INITIALES

    Les élèves vous répondent sans regarder les documents, juste en « imaginant » des réponses qui leur semblent plausibles, en utilisant leur connaissances et leur imagination. 

    Dans ma classe, les élèves écrivent « Je me demande », me soumettent toutes leurs hypothèses que j’écris au tableau, et ils choisissent leurs 2 ou 3 hypothèses préférées, qu’ils recopient sur leur cahier (cf scan du cahier ci-dessus).

  3. Le MAITRE RACONTE

    Difficile de se passer d’un minimum d’apport théorique avant d’aborder l’étude des docs. A vous de « raconter » l’histoire. Pendant ce temps, les élèves ne font rien d’autre que de vous écouter (ils adorent ce moment). A vous de replacer la question dans son contexte, rendre tout cela un peu vivant, utiliser du vocabulaire précis, soigner votre syntaxe, placer les élèves en posture de chercheurs pour qu’ils aient envie de connaitre la réponse à la problématique du début.

  4. ETUDE DES DOCS

    Vous proposez aux élèves d’enquêter sur la « vraie » réponse à la question, grâce à tel(s) document(s). Les docs peuvent distribués (photocopies), découverts sur le manuel, ou, éventuellement, projetés.

    Résistez à l’envie d’étudier plein de documents. Vous pouvez montrer plusieurs photos et les décrire rapidement, mais n’étudiez « en profondeur » qu’un ou deux documents.

    En groupe classe, on décrit donc rapidement le(s) document(s) que l’on étudie (Qu’est-ce que c’est comme type de document  ? Que représente-t-il ? De quand date-t-il ? Qui l’a écrit, peint…?), puis les élèves cherchent la/les réponse(s) à la question initiale dans le(s) document(s) (éventuellement par groupe, mais ça se fait très bien en collectif aussi…).

  5. SYNTHÈSE

    Oralement, on met en commun la/les réponse(s). Là encore, le maitre en profite pour raconter, conter l’Histoire. Les élèves écoutent l’Histoire comme une histoire…

    Pour la trace écrite, les profs d’IUFM conseillent de la rédiger ensemble. Si on a le temps, c’est vrai que c’est idéal, parce que les élèves apprennent à rédiger et s’approprient vraiment la leçon. Maintenant c’est compliqué à faire au quotidien, et cela prend beaucoup de temps. Bref, à vous de voir…

  6. COPIE DE LA TRACE ECRITE

    Imposez-vous une trace écrite chaque semaine, à la fin de chaque séance d’histoire. Cela vous forcera à alléger vos contenus et cela donnera du rythme à vos cours.

    Et, oui, on copie la trace écrite. Au cycle III, je trouve que c’est incontournable de faire copier les élèves (donc pas de traces écrites photocopiées). Petit à petit, les élèves doivent apprendre à copier de plus en plus vite et de mieux en mieux et cela passe forcément par beaucoup de copie quotidienne.

Ca y est, la séance est finie. J’ai bien dit la séance, c’est à dire que les étapes 1 à 6 doivent tenir en une heure. Si vous vous autorisez les débordements, votre programmation va exploser, et les séances auront beaucoup moins de rythme.


Foire aux questions

Je n’arrive pas à faire tenir tout cela en une heure…
Pourtant, c’est faisable, du CE2 eu CM2. Si ça ne tient pas, il faut réduire : (1) reprendre les IO pour vérifier qu’on ne va pas plus loin que ce que préconise le programme, (2) reprendre la trace écrite pour la raccourcir, (3) ne pas étudier plus d’un ou deux documents par séance et (4) ne pas faire durer trop longtemps le travail autonome d’analyse des documents.

Faut-il corriger les cahiers des élèves avant qu’ils apprennent leur leçon ?
Oui, c’est indispensable. On peut corriger en passant dans les rangs, faire venir les élèves au bureau avec leur cahier au fur et à mesure qu’ils ont fini de copier, et ne garder à corriger le soir que les cahiers des élèves les plus lents.

Comment faire pour qu’ils copient correctement ?
De mon côté, j’utilise la carte de « Champion de copie« . Très efficace.

En double-niveau, si je copie la trace écrite au tableau, je n’ai plus de place au tableau pour travailler avec l’autre niveau. Comment faire ?
En double-niveau, on peut projeter la trace écrite (TBI ou vidéo proj) et travailler sur le tableau avec l’autre niveau. Avant l’ère des vidéoprojecteurs, il m’est arrivé souvent de taper les traces écrites sur une page A4 paysage (ou deux), en taille de caractère 48. Puis d’agrandir à la photocopieuse ces pages pour les passer en A3. Je me retrouvais avec une ou deux pages A3 que j’affichais au tableau et que les élèves recopiaient. Cela prend beaucoup moins de place au tableau que d’écrire la leçon à la main.

Avantage n°2 : le maitre ne perd pas de temps à écrire la leçon au tableau et ce temps gagné peut-être passé avec l’autre niveau.

Ils n’apprennent pas bien leurs leçons, comment faire ?

1. En fin de séquence, je leur donne une petite « fiche » dont le titre est : c »As-tu bien compris, as-tu bien retenu ? », et dans cette fiche je mets ce que je vais leur demander à l’éval : savoir par cœur ceci, savoir expliquer cela avec tes mots, savoir faire ceci, savoir écrire ces mots sans erreurs etc… je le fais en histoire, mais aussi en géo et en sciences.

2. Je fais apprendre la leçon au fur et à mesure, et pas seulement en fin de séquence.

3. J’interroge un élève avant chaque séance pour vérifier que les leçons sont apprises. Cette interro orale est « notée » (par un point vert, orange, ou rouge sur une feuille collée à la fin du cahier de liaison). Voir ici.

4. J’utilise les ceintures d’Histoire pour leur faire apprendre et réviser les grandes dates des IO toute l’année.

5. J’utilise le cahier des incollables pour qu’ils révisent toute l’année les connaissances les plus importantes.

6. Le jour de l’interro écrite, le résultat est binaire. Soit la leçon est bien apprise, soit elle ne l’est pas (dans mon école, nous n’avons plus de « En cours d’acquisition ». C’est vert (« résultat conforme aux attentes à ce niveau de la scolarité ») ou rouge (« A travailler en priorité »). 

 

Elle est jolie, ta frise en haut de chaque leçon, où l’as-tu trouvée ?

2016-6-5 17:29:00
Spécial profs débutants

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