Des petits cahiers au CM2 : retour d’expérience

wkxaGRxS99AQtj8FZEL11FVxbds@500x314

Cette année, dans ma classe de CM2, mes élèves n’avaient que des petits cahiers (17×22). Comment en suis-je arrivée là, comment cela s’est-il passé ? Retour d’expérience :

L’année dernière, nous déjeuné avec la graphothérapeute de notre secteur. Elle avait accepté de venir partager son sandwich avec nous un jour, à l’heure du déjeuner.

Nous avions échangé sur les difficultés d’écriture de nos élèves.

Elle nous avait recommandé, entre autres :
(1) de proscrire le stylo bille, sur lequel il faut appuyer pour écrire et qui crispe beaucoup de petites mains, au profit du stylo plume, du roller, du feutre fin… 
(2) de surveiller que les élèves ne prennent pas le mauvais pli d’écrire en cassant le poignet (même les gauchers) : le poignet doit rester en-dessous de la ligne d’écriture.  

Nous avions aussi parlé des difficultés de repérage de certains et elle nous avait rappelé que les écoliers se repèrent bien mieux dans un petit cahier que dans un grand. Elle nous avait parlé d’empan visuel : là où un adulte voit toute une page A4 dans sa globalité, un écolier ne peut en voir qu’un morceau, comme s’il regardait la feuille avec un cache de 15 cm sur 10… Difficile dans ces conditions de bien placer sa main, son texte, son document, d’aller rechercher une information au bon endroit…

Nous avons évoqué notre enfance… dans les années 70 (quand j’étais écolière), nous n’avions que des petits cahiers à l’école et bien souvent, encore, au collège. Les photocopies n’avaient pas encore envahi les écoles…

Cela a confirmé ce que j’avais en tête depuis longtemps. Pour moi, les inconvénients des grands cahiers sont multiples :

1. Les grands cahiers sont moins bien tenus que des petits. Je ne sais pas bien expliquer pourquoi (sans doute cette histoire d’empan visuel), mais la différence saute aux yeux, pour un même élève (mes élèves ont encore des grands cahiers en décloisonnement, et c’est tellement flagrant que ma collègue de CM1 a décidé de passer aux petits cahiers aussi l’an prochain).

2. Même les CM ne se tiennent pas bien quand ils doivent écrire sur les lignes du haut d’un grand cahier. Ils doivent écrire bras tendu (peu confortable !), ils ont le dos tout cassé (voir l’article de Laurence ici). Les bas de page sont souvent cornés et ils sont couchés sur leur page.

3. Les grands cahiers ne sont pas faciles à manipuler. S’ils inclinent leur cahier comme ils sont censés le faire pour écrire correctement, ils se prennent une page dans le ventre, font tomber leur trousse ou gênent le voisin. Pour tourner une page, ils font un grand geste avec tout le bras. Même quand j’étais au lycée, je me faisais des fiches en petit format. Tous les « mémos » ou référentiels facile à consulter, vendus dans le commerce, sont toujours publiés en petit format, même souvent plus petit que des 17×22. Je souhaite que leur support de leçon soit vraiment un petit outil auquel ils se réfèrent facilement, rapidement.

Remarque :

un IMF m’avait fait remarquer qu’un grand cahier et, pire, un grand classeur, c’est immense, à l’échelle d’un élève. Pour réaliser ce que cela fait pour un écolier de manipuler un grand classeur, on peut imaginer comment on se repèrerait si nos cours d’adultes étaient écrits sur des feuilles A3 rangées dans un carton à dessin… (Il y a le même ratio entre A4 et A3 qu’entre un enfant d’1.20m et un adulte d’1,70m : +40%)

4. Les grands cahiers pèsent plus lourd dans le cartable, ils sont plus chers et prennent plus de place dans le casier.

5. Dans des grands cahiers, on est tenté de coller des grandes feuilles. Le résultat est souvent très laid et, quand les élèves doivent écrire sur des documents collés, l’ensemble est moins propre. Dans des petits cahiers, au contraire, on colle plus naturellement le document tout seul, sans « fiche » autour (au besoin, on écrit sur le cahier ensuite). Il n’est jamais nécessaire, comme je l’ai lu parfois, de plier un document pour le coller. La page fait quand même 20 17 cm de large : c’est suffisant pour TOUS les documents !

Des petits cahiers au CM2 : retour d'expérience

Voilà donc un an que j’expérimente le 100% petits-cahiers, et je re-signe pour l’an prochain.

J’ai utilisé environ un cahier du jour (60p) par mois (évidemment, c’est différent d’une classe à l’autre). Les élèves ont donc eu tout plein d’occasion de recevoir un beau cahier tout neuf…

En histoire, sciences (…) j’ai pris des cahiers de 60 pages et c’était suffisant. Une leçon prend rarement plus de deux pages (quand on copie tout, c’est forcément plus court !) et je fais environ 25 leçons par an.

En Anglais, 48 pages auraient suffi. J’ai des traces écrites « interactives » (façon lapbook) un peu comme chez Teacher Charlotte, et cela prend donc très peu de place.

Depuis toujours, j’ai un petit classeur aussi. Cela permet d’apprendre à gérer « l’objet » classeur (apprendre à tourner les pages sans tirer sur les feuilles, à ranger les feuilles au bon endroit, à prendre les feuilles dans le bon sens…). Cette année, j’y ai mis les poésies, ce qui m’a permis d’être plus exigeante sur la qualité de la calligraphie puisque c’est très facile de donner une nouvelle feuille à l’élève pour qu’il recommence… Dans leur petit classeur, les élèves ont aussi rangé les paroles de nos chansons, des fiches en Histoire de l’art, les fiches de lecture des livres lus pendant l’année…

Tuyau : grâce à ma collègue Steph, j’ai trouvé LA super perforeuse costaude, réglable et pas chère pour perforer des feuilles A5 à ranger dans un petit classeur. C’est un modèle vendu pour aller avec des agendas type « Filofax ». Comme c’est réglable, ça marche au poil pour les petits classeurs d’écoliers ! Elle est là : clic


Edit : commentaire n°6 de Delphes (site bouledencre.fr )

Merci pour cet article qui confirme ce que je transmets aux collègues qui viennent à mes séances conseil sur l’écriture. Je suis prof des écoles et rééducatrice de l’écriture sarcastic et j’explique souvent combien le grand, très grand, trop grand cahier nuit à l’écriture. De plus, sur des petites tables, on ne peut les pencher sans faire tomber trousses, règles, et gêner le voisin. Si on ne le penche pas, la main passe par-dessus la ligne, le poignet se tord, aïe! 

D’ailleurs les enfants qui viennent me voir et à qui je donne ces conseils me disent « ben, à l’école j’ai pas de place pour pencher mon « grand » cahier ». no

Alors oui aux petits cahiers! intello


Cahier du jour (CM2)

Des petits cahiers au CM2 : retour d'expérience

Histoire (CM2)

Des petits cahiers au CM2 : retour d'expérience

2016-5-22 14:25:00
Idées en vrac

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *