Des ateliers au CM2 ? C’est possible !

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Depuis le début de l’année, je travaille en atelier au début de chaque demi-journée : le matin, ateliers de français (5 fois par semaine, donc). L’après-midi, ateliers de maths.

J’ai attendu un peu avant de faire un article ici, histoire d’être sure que je continuerais ce dispositif toute l’année, que c’était « jouable », pas trop chronophage, et efficace.

Après une période, je suis ravie du dispositif.

Les 3 points clefs pour que ça marche :

  • Expliquer aux élèves qu’on ne joue que s’ils chuchotent (et revêtir son costume de dragon pour sortir un élève des ateliers dès qu’il fait entendre le timbre de sa voix. Ni préavis ni sursis).
  • Prévoir des activités simples à comprendre, simples à installer, simples à ranger.
  • Faire sonner un minuteur / un réveil / son téléphone à la fin de l’atelier (je le fais sonner 5 minutes avant une première fois = c’est l’heure de terminer la manche en cours, de compter les points, de ranger) puis en fin d’atelier = tout le monde est assis à sa place.

Voici comment je m’y prends :

  1. J’ai choisi les domaines sur lesquels je voulais travailler. Je travaille des compétences à automatiser : il n’y a aucune découverte en ateliers.
  2. Il y a toujours une composante ludique. Tous les ateliers se déroulent sous forme de jeux ou « duels ». Les élèves disent souvent : « on fait les jeux, maitresse ? ».
  3. Mais les jeux sont très très simples. La plupart du temps, je n’ai même pas besoin d’écrire les règles, ils comprennent « d’emblée » ce qu’il faut faire (c’est, à mon avis, un point clefs : des activités très simples à comprendre). Cf ci-dessous, description des ateliers.
  4. Les élèves jouent par deux ou trois, jamais plus.
  5. J’ai fait 5 groupes (de niveau) en français et 4 groupes en maths. Cela fait des groupes de 4 à 8 joueurs. A l’intérieur d’un groupe, les élèves jouent par deux ou trois avec qui ils veulent.
  6. J’ai fait un planning pour que les groupes tournent sur tous les ateliers sur la semaine.
  7. Dans la plupart des cas, les élèves ont le choix entre plusieurs niveaux de jeux. C’est eux qui se mettent d’accord sur le niveau 1, 2, 3 ou 4… (ou sur la couleur de ceinture sur laquelle ils s’entrainent)
  8. Les élèves ont un cahier dédié sur lequel ils écrivent la date du jour, le nom de l’atelier et sur lequel ils font le travail demandé quand il y a du travail écrit.
  9. A la fin de chaque atelier, le gagnant reçoit un tampon « Duel remporté » sur son cahier d’autonomie (ce tampon ne donne droit à rien, mais ils l’aiment quand même).
  10. Les ateliers durent 20 minutes, pas une de plus (et si on a trainé à rentrer en classe, ce temps est décompté de l’atelier vu que quoi qu’il arrive, mon portable est réglé pour sonner 20 minutes après l’heure de début de classe). Remarque : dans mon école, le matin, nous pratiquons l’accueil en classe. Du coup, l’atelier du matin fait vraiment 20 minutes.
  11. Deux règles absolues :1. il faut chuchoter. Dès que je surprends un élève à murmurer au lieu de chuchoter, il perd sa partie et va s’asseoir à sa place. Les deux premières semaines, ne j’ai pas pris de groupe, je n’ai fait que « la police » pour sortir immédiatement du groupe un élève qui ne chuchotait pas.

    2. On ne dérange jamais la maitresse (je m’occupe d’un groupe); Il faut se débrouiller quoi qu’il arrive (quand il manque une carte, quand Gudule triche etc…. je ne veux pas le savoir en cours d’atelier)

En français voici mes 5 ateliers de P1 2014 :

  1. Chercher des mots dans le dictionnaire (les élèves piochent un mot : le premier qui le trouve marque un point etc). En fin de période l’atelier a évolué avec des mots dont il fallait chercher l’orthographe dans le dictionnaire (ils piochaient des mots écrits en phonétique, comme [ipocampe] et ils devaient retrouver ce mot dans le dictionnaire)
  2. Conjugaison : entrainement aux ceintures (j’ai fait des fiches avec 3 phrases à transformer d’un côté, la réponse au dos : les élèves doivent transformer les phrases, vérifier et compter les points)
  3. Grammaire : entrainement aux ceintures (même chose avec des fiches rectoverso avec des phrases à analyser et la correction au verso)
  4. Orthographe lexicale : les élèves s’interrogent mutuellement sur la base de leur carnet personnel de mots. Chaque mot bien écrit rapporte un point.
  5. Les relations entre les mots (pour ne pas confondre les notions d’homonymie, synonymie, familles de mots, champs lexical : jeu de cartachari pour réviser cela). En P2, cet atelier va être transformé atelier réécriture (des fiches avec un petit texte à transformer, correction au dos)

Voici mes ateliers de maths 

  1. Une figure à reproduire sur papier blanc (je fournis le calque de correction). En P2, j’ai mis aussi des  programmes de construction (avec la solution sur un calque dans une enveloppe, à n’ouvrir qu’en fin d’atelier).
  2. Un jeu de type « folix simplifié » pour réviser les tables de multiplication. Mes élèves sachant très bien leurs tables, en P2, je remplacerai cet atelier par un atelier « problème pour chercher » dont la résolution sera collective, par 2 ou 3 (pas de duel, donc, exceptionnellement).
  3. Entrainement au calcul posé (avec mes cahiers de ceintures de calcul) : les élèves choisissent une série de 3 calculs. Ils posent les 3 opérations, les vérifient, comptent leurs points et recommencent.
  4. Un jeu de cartacharisuitachari ou charidragons de numération : j’ai beaucoup travaillé avec les cartacharis-fractions en P1 (associer une écriture chiffrée à sa représentation coloriée, trouver ce qui fait 1…)
2014-Octobre-21 17:45:00
Idées en vrac

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