Faut-il travailler pendant les vacances ?

Je préfère annoncer la couleur d’emblée : je ne suis pas fan des cahiers de vacances. Je parle de ces cahiers qui ont envahi les têtes de gondole des grandes surfaces, où on trouve, sur une même page, une poussière de grammaire, une miette de maths et un soupçon d’anglais. L’élève fait sa page. Dans le meilleur des cas, il a bon (et on peut imaginer que ce sera une révision). Mais s’il s’est trompé, il passe à autre chose et se retrompera très certainement la fois suivante. Bref, si vos enfants vous en réclament, pourquoi pas, mais en sachant qu’à part s’acheter une bonne conscience, cela ne sert à rien.

Oui mais… deux mois de vacances, c’est long. Alors, il ne faudrait pas travailler du tout ? Voici ce que je conseille aux parents qui me posent la question :

D’abord lire, lire, lire. A mes CM, je conseille de prendre l’habitude de lire (au moins) 20 minutes par jour, d’affilée (sans compter la recette du gâteau au chocolat qu’on fera avec mamie ni la lecture de la règle du jeu de société emprunté à l’accueil du camping). On peut lire des magazines de foot, la biographie de Kenji  ou des romans empruntés à la bibliothèque… tout est bon (et cette habitude de lecture quotidienne devrait, idéalement, être entretenue pendant l’année scolaire).

Pour les élèves dont la lecture est encore un peu hésitante, c’est bien de lire aussi 3 minutes à haute voix, chaque jour. On peut lire le même texte tous les jours, jusqu’à ce que sa lecture soit fluide. Ensuite on change de texte.

Ensuite, manipuler les nombres

  • suivre une recette de cuisine, mesurer les ingrédients, transformer les proportions,
  • jouer aux jeux qui font appel à de la fausse monnaie (Destins, la bonne paye, Monopoly, taxi Folie, Hotel de luxe etc). D’une manière générale, les jeux de société sont de très bonnes activités « pour travailler pendant les vacances ». Ils font travailler la logique, la mémoire, la lecture… A consommer sans modération.
  • laisser les enfants payer dans les magasins (avec de l’argent liquide, en cherchant à faire l’appoint, en calculant la monnaie que le commerçant doit rendre…)

Pour écrire :

  • Ecrire la liste de courses, et la rayer au fur et à mesure des achats.
  • Ecrire des cartes postales : c’est un rituel qui fera toujours plaisir aux destinataires et c’est un bon moyen de faire écrire « pour de vrai ». Au passage, on révise le présent « je me baigne tous les jours« , le passé composé « nous avons déjeuné chez Papi » et le futur « demain, nous irons nous promener« .
  • Tenir un journal de vacances : sur un petit cahier, on colle des trésors sur chaque page. On découpe le prospectus de l’office de tourisme, on colle le ticket d’entrée de l’aquarium visité, une fleur cueillie en balade, on écrit la blague racontée par le cousin Gaston, on décore, on découpe et, autant que possible, on raconte ses journées.

 

Enfin, un tuyau pour les parents qui emmènent leurs enfants en voyage chez Mamie ou tante Aglaé : sur une carte de France, dessinez les trajets des vacances. Repérez les grandes villes du parcours, les mers dans lesquelles on se baigne, les massifs montagneux où on crapahute, les régions traversées… Sur la route, à chaque « Quand est-ce qu’on arrive« , aidez-les à repérer où vous êtes sur la carte, quelle part du trajet a été réalisée. Les plus grands peuvent estimer la distance ou la durée restante… Peut-être qu’ainsi vos enfants sauront situer leurs escapades et dire autre chose que « je suis allé chez Mamie » ou « Je suis allé à la mer » quand, en Septembre, leur enseignant leur demandera de raconter leurs aventures estivales ? C’est l’objectif en tous cas.

Mais c’est bien joli, mais si on veut vraiment réviser la conjugaison, la grammaire, les divisions … ?

Allez, je vous l’accorde, il n’est pas inutile, sur les 15 derniers jours d’aout par exemple, de relire les cahiers de leçons de français et de maths. Pour rendre cette relecture plus productive, un support d’exercices peut être pratique. Mais plutôt que les cahiers de vacances mal fichus, je préfère les cahiers de soutien (clic). Tous les éditeurs en font. On achète le cahier de français et/ou le cahier de maths (éviter les « tout en un ») du niveau que l’enfant vient de quitter, et sur chaque page, on trouve une notion différente : une page pour apprendre à reconnaitre les adjectifs, une page pour la conjugaison du passé simple, une page pour les divisions etc… Cela permet de cibler les révisions sur les notions sur lesquelles l’élève est fragile, plutôt que de saupoudrer sur tout et n’importe quoi.

Je ne les connais pas tous… mais je connais ceux de Magnard et d’Hatier qui sont très bien : Chouette et  Cahier du jour, cahier du soir.  

      

2016-7-3 19:49:00
Idées en vrac

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