J’enseigne en nouvelle orthographe et… tout va bien.

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Comme énormément de mes collègues de primaire (et la plupart des profs blogueurs), j’écris en nouvelle orthographe et je l’enseigne, depuis sept ou huit ans. Chaque année, davantage de manuels paraissent en nouvelle orthographe. Cela passe quasiment inaperçu tant ces rectifications sont légères, très loin de l’hystérie collective qui s’est emparée des réseaux sociaux ces jours-ci.

Comme mes collègues (lisez Mistinguette, ici), j’applique les programmes qui, depuis 2007, puis 2008, puis 2015*, demandent aux profs d’adopter comme référence l’orthographe révisée de 1990.

Ce blog est écrit en nouvelle orthographe, depuis 2008, et, soyez honnête, est-ce qu’il vous pique les yeux ? Est-ce que la langue française vous semble défigurée ? Alors on respire un coup, on ne se laisse pas manipuler par les lanceurs de psychodrames, TF1 et autre BFM en tous genres, et on se documente avant de faire une crise d’hystérie… (et ensuite on passe à autre chose parce qu’il y a bien d’autres dossiers plus importants concernant l’orthographe de nos élèves que ces quelques millepattes sur leur nénufar).

À  l’IUFM, j’ai eu un professeur de français qui nous a expliqué les raisons de ces rectifications. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas de simplifier, ni de niveler par le bas, mais seulement de faire vivre notre langue, comme l’ont fait les académiciens durant les siècles passés.

En effet, au cours des siècles, l’orthographe française n’a cessé d’évoluer. Par exemple, y a-t-il encore un seul enseignant qui écrirait :

En sortant de la chosrale du collége, les enfans sont allés rue du Roy  pour veoir leur grand’mère et lui ont donné un poëme.

Non, n’est-ce pas ?
Si vous n’écrivez plus le français ainsi, c’est parce que l’Académie française a, une fois ou deux par siècle, proposé un « toilettage » de la langue et que les instituteurs de nos grands-parents ont accepté de les appliquer. Ils ont accepté d’écrire désormais voir et non veoir (clic), de remplacer l’apostrophe de grand’mère par un trait d’union (1932), d’abandonner ce joli tréma sur poëme (1878), de changer l’accent aigu de collége  (1878) en accent grave, d’écrire enfants et non enfans (1835)

Aujourd’hui, depuis les rectifications de l’orthographe de 1990, l’Académie française* nous demande :
– d’écrire assoir et non plus asseoir (comme on écrit aujourd’hui voir au lieu de l’ancien veoir)
– d’écrire évènement et non plus événement (comme on écrit collège au lieu de l’ancien collége [1878])

Certains profs prétextent que ces règles sont peu employées. Cela justifierait, selon eux, qu’ils ne les enseignent pas.

Première chose : ce n’est pas vrai. Vous utilisez au quotidien l’orthographe rectifiée sans même le savoir. La preuve, ce test du Figaro (qu’on ne peut guère soupçonner de complaisance à l’égard de ces rectifications) dans lequel les lecteurs devaient choisir entre deux graphies pour une dizaine de mots. À la fin du test, le site indiquait s’ils avaient utilisé en majorité l’orthographe traditionnelle ou l’orthographe rectifiée :

Capture d’écran du 20/2/2016 – Quiz « Traditionnelle ou rectifiée ? Testez-vous pour savoir quelle orthographe vous utilisez » Site du Figaro en ligne

J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien.

 

Deuxième chose : il est normal que les  adultes ne les utilisent pas (toutes). En effet, on ne le leur demande même pas puisque les deux orthographes restent acceptées.

Le correcteur d’orthographe de Word est à jour depuis la version 2007, celui d’OpenOffice également, les dictionnaires commencent à y venir (Hachette depuis 2002, Larousse depuis 2012). Des livres de références comme le Littré, le Grevisse (Du bon usage) ou plus simplement la collection « Les Dicos d’or » font tous référence aux nouvelles règles. Sur le site www.nouvelleorthographe.info, menu 13, on peut voir 150 titres de livres écrits conformément à l’orthographe rectifiée.

Personne n’est obligé d’utiliser la nouvelle orthographe (l’ancienne orthographe reste admise) mais les textes officiels demandent aux professeurs de l’enseigner en classe.

Cela vaut le coup, si le sujet vous intéresse, de lire Maurice Druon (secrétaire perpétuel de l’Académie française à l’époque), présentant ces rectifications de l’orthographe au Premier ministre, en 1990 (c’est là : clic). Il disait, notamment :

« Il a été entendu que les propositions des experts devraient être à la fois fermes et souples : fermes, afin que les rectifications constituent une nouvelle norme et que les enseignants puissent être informés précisément de ce qu’ils auront à enseigner aux nouvelles générations d’élèves ; souples, car il ne peut être évidemment demandé aux générations antérieures de désapprendre ce qu’elles ont appris, et donc l’orthographe actuelle doit rester admise. La situation est en fait la même qu’en 1835, quand la graphie oi fut remplacée par la graphie ai conforme à la prononciation d’usage dans les mots j’avais, j’aimais, français. Chateaubriand approuva cet ajustement, tout en continuant d’écrire comme il en avait l’habitude. »

Tout est dit. On peut approuver le principe d’un toilettage de la langue, sans les appliquer soi-même, mais en laissant aux professeurs le soin d’enseigner les nouvelles règles aux enfants. Les enfants vont les apprendre. Ils grandiront et, dans dix ou quinze ans, ils écriront comme ils l’ont appris. C’est comme cela que les réformes précédentes se sont diffusées, peu à peu.

C’est parce que les enseignants de nos grands-parents ont accepté de jouer le jeu, accepté de ne pas enseigner « comme ils avaient appris », que notre langue est ce qu’elle est aujourd’hui et que nous la trouvons belle. Aujourd’hui, c’est à nous, professeurs, de faire le même effort.

De mon côté, comme vous, j’imagine, j’ai eu peur, au début, de participer à une dégradation de la langue, à un nivèlement par le bas. Mais il n’en est rien.

D’abord ces rectifications sont mineures. Il y a encore beaucoup d’occasions de faire des erreurs. Mais surtout ces rectifications ne visent pas la simplicité, elles visent l’harmonie.

Prenons l’exemple des mots souffler et boursoufler. Si on avait vraiment cherché à simplifier, on aurait écrit les deux mots avec un seul f.

Au contraire, l’Académie française demande qu’on écrive désormais deux f à boursouffler, pour que l’on retrouve dans ce mot sa famille de souffler : souffle, soufflet, essoufflé… boursouffler.

Toutes les rectifications relèvent de ce même objectif, tout comme les rectifications des siècles précédents. À ce titre, elles s’inscrivent vraiment dans l’histoire de notre langue. Une langue plus harmonieuse, c’est une langue qui a plus de « tenue », une langue plus belle.

… et cette remarque vaut même pour nénufar. Savez-vous que ce mot s’écrivait avec un f jusqu’en 1935 ? (Je le prouve : ligne 9 de cette édition originale de Chateaubriand, ou encore ici chez Mallarmé). Ci-dessous, dictionnaire de 1878 (Source : clic)

J'enseigne en nouvelle orthographe et... tout va bien.

Oui, Victor Hugo, Monet, Zola… écrivaient nénufar. Mais en 1935, on s’est trompé en pensant que le mot était de la famille du mot grec nymphéa, alors on a décidé de l’écrire avec ph. Depuis lors, on s’est rendu compte de l’erreur. Le mot vient du persan et le ph n’est pas du tout justifié. On réserve la graphie ph aux mots qui viennent du grec (lettre phi). Donc on écrira nénufar, mais on ne touche pas à éléphant ni à philosophie !

Et l’accent circonflexe, me direz-vous ? C’est vrai que l’accent circonflexe avait souvent pris la place d’un ancien s, mais cette règle n’était même pas constante. Pourquoi coût et pas coûtume (qui vient pourtant de l’ancien français coustume et du latin consuetudo) ? Pourquoi jeûner mais déjeuner, dûment mais éperdument, grâce mais gracieux, fantôme mais fantomatique, mêler mais mélange, bête mais bétail (…) ? Pourquoi pas moûche (qui vient de musche et musca) ni soûtenir (qui vient de sustinere) ? Pourquoi les mots drôle, extrême, théâtre, symptôme (…) portent-ils un accent alors qu’il n’y avait aucun s dans leur mot d’origine ?
Décidément, rien de constant dans cet accent. C’est pourquoi le Conseil Supérieur de la Langue française propose de le retirer sur les i et les u (sauf lorsqu’il y a risque de confusion), c’est à dire sur les lettres où ces accents ne se prononcent pas.

J’écris aussi, désormais, un millepatte, même si la bébête a beaucoup de pattes, tout comme vous écriviez déjà un portefeuille ou un millefeuille, parce qu’il n’y a qu’un seul objet, qu’un seul gâteau. D’ailleurs, cette règle de l’orthographe des noms composés était terrible : un chausse-pied ou un chausse-pieds ? On chausse un pied à la fois, mais on a deux pieds, alors… -s ou pas ? Même les grands auteurs se contredisaient. Désormais, unijambiste ou pas, j’écris un chausse-pied, des chausse-pieds.

Certains ont peur que les élèves soient perturbés d’apprendre une orthographe et d’en lire une autre dans leurs revues ou romans. C’est oublier que nos élèves ont bien d’autres chats à fouetter en orthographe, et surtout que beaucoup de mots avaient déjà deux orthographes possibles, même dans mon enfance, sans que personne n’ait été empêché de dormir (clé/clef, pic-vert/pivert, cuillère/cuiller, lys/lis, saouler/soûler, tsigane/tzigane, gaiement/gaîment, resto/restau [il y en a beaucoup d’autres]… Rassurez-vous, nous sommes très nombreux, dans les classes de primaire, à enseigner ces nouvelles règles et cela se passe vraiment sans aucun souci. Quand, dans le meilleur des cas, un élève remarque deux graphies différentes, cela donne l’occasion de parler un peu de l’histoire de la langue et de son évolution.

On lit aussi, ici et là, que certains éditeurs rechigneraient à appliquer la nouvelle orthographe sur les textes classiques. Pourtant, même ces éditeurs-là publient déjà  aujourd’hui les textes classiques dans une orthographe différente de celle que l’auteur avait utilisée, puisque d’autres réformes de l’orthographe ont été, elles, appliquées. Jugez plutôt de ce que donnerait une fable de La Fontaine en orthographe d’origine :

La Cigale ayant chanté
Tout l’Esté
Se trouva fort dépourveuë
Quand la Bize fut venuë.
[Non, non, il n’y a pas d’erreur, il s’agit bien de l’édition originale ! Voir ici]

Cela ne choque personne que l’on ne publie pas les fables de la Fontaine telles que le fabuliste les avait écrites. Les élèves, même lycéens, ne lisent ni Ronsard, ni Hugo, ni Maupassant dans leur orthographe d’origine. Alors, si on applique bien les réformes précédentes sans sourciller, pourquoi faudrait-il refuser d’appliquer la dernière ? Pourquoi faudrait-il figer la langue dans son état de 1935 [date de la réforme précédente) ?

On peut, bien sûr, publier Victor Hugo en nouvelle orthographe. Les modifications, en plus, seront tellement minimes que peu d’élèves s’en apercevront.

Car oui, ces modifications sont minimes. Antoine Fetet (l’auteur de la méthode Cléo, aux Éditions RETZ) a compté : Dans son Cléo CE1, qui fait 128 pages, 21 mots ont été touchés par la réédition en nouvelle orthographe. Seulement 21 mots sur 128 pages de manuel… C’est dire si la nouvelle orthographe ne « défigure » en rien la langue française. Rien à voir avec le « langage SMS » ou une transcription phonétique, comme on le lit parfois.

En conclusion ? Pour tous les visiteurs de ce blog qui ne sont pas professeurs, soyez rassurés : on peut faire confiance au Conseil Supérieur de la Langue Française pour défendre la langue. Et pour tous mes lecteurs enseignants qui n’ont pas encore sauté le pas, un peu de courage. Osez le changement, faites confiance aux experts de la langue et enseignez ces quelques règles. Cela se fait très facilement, en configurant, par exemple, le correcteur de votre traitement de texte pour qu’il n’accepte que les nouvelles règles (clic pour la procédure pour Microsoft Word).

J’ajoute un dernier mot à l’intention de nos IEN : quand j’ai commencé à enseigner, en 2008, notre IEN avait rappelé à tous que le programme était le programme et qu’il attendait donc que nous adoptions comme référence ces fameuses rectifications de l’orthographe (« dans les leçons des cahiers, au tableau et sur vos affichages »). Il n’en avait pas fait une montagne non plus (même à cette époque, il y avait bien d’autres sujets à traiter), mais nous avait demandé de faire passer le miniguide de l’orthographe recommandée dans tous les cahiers de liaison. Cette directivité assumée nous a, finalement, facilité la tâche. Aux parents grognons ou inquiets, il nous était plus facile de répondre « c’est le programme, et l’Inspecteur qui y tient » que si nous avions eu à assumer et justifier une décision individuelle.
Il me semble que, si le sujet a autant de mal à passer, c’est aussi que les consignes n’ont pas partout été aussi explicites. D’ailleurs, ce n’est pas un service à rendre aux IO que de laisser entendre que leur application serait optionnelle, à mon avis.

 

Source de l’image : cyberprofesseur.com

(*) Programmes du cycle 3 : « L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990. »

(*) Puisque certains disent que l’Académie française ne serait pas d’accord avec ces rectifications, je redonne le lien que tout le monde peut aller lire : clic

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Pour en savoir plus :

Oignon (Commentaire 235, Gaëlle) : Pour « oignon » ce n’est pas une anomalie en fait, mais on retire le seul survivant de la règle du i mouillé. Cela permettait à l’époque que prononcer le g et le n en tant que phonème « gn » et non en tant que deux phonèmes séparés comme dans g-nou ou ag-nostique. On plaçait donc un i mouillé juste avant le gn. C’était le cas de aigneau, roignon. Des mots comme poigne (on entend parfois dire se serrer la pogne d’ailleurs !) ont survécu en voyant leur prononciation se modifier.
Robert1515 précise, en parlant des graphies ign qui ont survécu grâce à la modification de la prononciation du mot : C’est aussi le cas de araignée qui se prononçait « aragnée » et de pays qui se prononçait « païs » !

Évènement (Romain Muller) : Cette modification met en harmonie l’orthographe et la prononciation, et apporte plus de cohérence : puisque l’on écrivait déjà avènement et règlement, pourquoi écrivait-on événement et réglementaire ? En fait, lorsque l’Académie française a introduit les accents aigu et grave une pénurie de caractères représentant un è a conduit l’imprimeur de son dictionnaire à les remplacer par des é. C’est ainsi en raison d’un simple manque de petits caractères en plomb que des générations d’élèves ont dû retenir des exceptions qu’aucune logique ne justifiait… Il était temps que cela change.

Weekend (Robert1515, entre autres) : Quelques anecdotes sur les mots français d’origine anglaise
bol : (XVIIIe siècle) De l’anglais bowl ; le syntagme bowl o’ punch est très courant au XVIIe siècle et est francisé en bolleponge, un siècle plus tard, le mot prend le sens de « vase demi-sphérique qui sert à prendre certaines boissons telles que le lait, le punch ». Pour le sens familier de « chance », comparez « coup de bol » et « coup de pot », « manque de bol » et « manque de pot », etc.
magazine : mot français ayant pour origine le mot anglais « magazine » lui-même ayant comme origine un autre mot français « magasin ». Euh… S ou Z ???
redingote : (1725) De l’anglais riding coat (« veste d’équitation »), composé de riding (« équitation ») et coat (« manteau »).
boulingrin(1663) De l’anglais bowling green (« étendue gazonnée pour jouer aux boules »).
 

L’article de Wikipédia sur les emprunts lexicaux est passionnant (ici) : Il existe des cas intéressants d’aller-retour entre les langues. Sachant combien les emprunts font subir aux mots des modifications phonétiques et sémantiques importantes, ces cas méritent examen.
Un tel aller-retour peut être illustré avec le nom français budget [bydʒɛ], emprunté au XVIIIe siècle à l’anglais budget [’bʌdʒɪt], qui l’avait lui-même pris à l’ancien français bougette/budʒetə/, au sens de « petit sac de cuir » (diminutif de bouge), le nom record, emprunté à l’anglais à la fin du XIXe siècle, lequel l’avait pris au français recorder (« se rappeler », dérivé de cœur, à rapprocher d’« apprendre par cœur ») au XIIIe siècle, ou encore le mot tunnel en français, emprunté à l’anglais au XVe siècle, laquelle langue l’avait elle-même emprunté au français tonnelle au Moyen Âge. Dans les deux premiers cas, il est notable que ni bougette ni recorder n’existent encore dans le lexique français actuel et que seuls les emprunts à l’anglais les y ont préservés de manière indirecte (d’autant plus indirecte que le record est un nom qui ne peut plus rattaché à un verbe).

Nénufar : actuellement, l’Académie française choisit de réserver la graphie ph aux mots d’origine grecque écrits avec la lettre phi. C’est un pour cela qu’on écrit éléphant (emprunté au grec ancien ἐλέφας, eléphas via son génitif ἐλέφαντος eléphantos) ou philosophie (emprunté au grec ancien φιλοσοφία, philosophía « état de celui qui est philosophe »).
Le mot faisan a une étymologie intéressante à ce propos (signalée par Robert1515 en commentaire) : Du latin phasianus (« du Phase, fleuve de Colchide ») d’où cet oiseau aurait été rapporté par les compagnons de Jason partis à la recherche de la Toison d’Or, probablement par l’intermédiaire de l’ancien occitan faisan. Le ph latin n’a pas été conservé ni même corrigé puisqu’il n’est… pas grec.

Et pour finir, sourions un peu, en musique, avec Pierre Perret, l’amoureux des mots :

 

2 Commentaires

  1. Vieux Traducteur

    Dans mes traductions professionnelles j’emploie systématiquement la nouvelle orthographe et jamais aucun client ne s’en est plaint : ils ont d’autres choses à faire qu’à pinailler. Ce qui m’a amusé tout de même dans cette histoire ridicule a été de lire dans les courriers des lecteurs des lettres de gens furieux, qui tonnaient contre cette réforme due à l’estimable Maurice Druon, et qui étaient elles-mêmes bourrées de fautes impardonnables.

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  2. Charivari (Auteur de l'article)

    Merci pour ce témoignage ! Les commentaires sur l’ancienne version de mon blog étaient croustillants également…

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