Il y a quelques années, j’expliquais que j’aimais enseigner la poésie et que je trouvais que c’était important, au CM, de continuer à faire apprendre des poèmes à un rythme soutenu (Voir Des poésies au CM ? ici : clic)

Au CM, dans mon école, nous choisissons de commencer à aborder des textes classiques (Hugo, Baudelaire, Maupassant, Verlaine…). Les textes sont plus résistants que ceux des auteurs contemporains. Il y a plus de vocabulaire soutenu, on rencontre des tournures inusitées… donc il n’est plus question de laisser les élèves seuls devant ce type de texte. Il leur faut un certain temps d’explication… C’est pourquoi, au CM, nos élèves ne choisissent plus leurs textes : ces poèmes ne sont pas assez simples pour qu’ils puissent les apprécier (ni aller spontanément vers eux) sans un bon temps de familiarisation.

Nos élèves étudient 10 textes par an. Nous restons donc trois semaines sur un texte : le poème est appris en deux semaines et la troisième sert à travailler l’interprétation, pendant que nous découvrons le texte suivant.

Même en double niveau, je ne prends pas les mêmes textes (ou alors nous raccourcissons le texte des CM1). L’objectif c’est qu’au fil des mois les élèves soient capables d’apprendre des textes de plus en plus longs, donc les textes que je donne en CM2 sont souvent plus longs qu’au CM1.

Voici, à toutes fins utiles, quelques textes que nous choisissons souvent chez nous :

Au CM1
Année AAnnée B
Le moqueur moqué (Gamarra)La guenon, le singe et la noix (Florian)
Marine (Verlaine)Voici venu le froid [3 strophes] (Noailles)
Le dormeur du val (Rimbaud)Le Lion et le Rat (La Fontaine)
Automne / 3 strophes (Lamartine)Voici Noël (Gamarra)
Le givre (Maurice Carême)Après la bataille (Hugo)
La Biche brame (Maurice Rollinat)Nuit de neige [4 strophes] (Maupassant)
Le Laboureur et ses enfants (La Fontaine)Le Merle / raccourci d’une strophe (GAUTIER)
Le Petit Prince et le MarchandLe petit grenier (Anne Sylvestre)
Spectacle rassurant (Hugo)Querelle (Banville)
(Théâtre)Le cancre (Prévert)
Au CM2
Année AAnnée B
L’aveugle et le Paralytique (Florian)Le danseur de cordes et le balancier (Florian)
Les Conquérants (Hérédia)Voici venu le froid (Noailles)
l’Albatros (Baudelaire)Le Coq et le Renard (La Fontaine)
Elle avait pris ce pli (Hugo)Le matin des étrennes (Rimbaud)
Les moineaux (Fabié)Jeanne était au pain sec (Hugo)
Le soldat de MarsalaNuit de neige (Maupassant)
le Renard et la Cigogne (La Fontaine)Le Merle (Gautier)
Les Adieux du Petit PrinceNuit et Brouillard (Ferrat)
Demain (Desnos)Querelle (Banville)
Oural Ouralou (Ferrat)Page d’écriture (Prévert)

Remarque

Certes, certains de ces textes sont long mais tous les élèves de ma classe, même les plus faibles, arrivent à les mémoriser. Tous ne s’en sentent pas capables au début et c’est un grand progrès pour moi quand ils ont tous gagné cette confiance en eux : ils savent qu’ils savent apprendre. Là encore, c’est un des bénéfices d’imposer des textes et de ne pas les laisser choisir : d’abord on peut mieux travailler la méthodologie en apprenant le texte tous ensemble (au moins le début), et, en plus, on soutient mieux la mémorisation à force d’entendre tant de camarades réciter le même texte. Un certain nombre d’élèves n’auraient jamais choisi ces textes parce qu’ils pensaient que c’était au-dessus de leurs capacités. Ils sont d’autant plus fiers lorsqu’ils réalisent qu’ils y arrivent.

Et petit « scoop » ?

J’ai appris récemment que les mots poème et poésie n’étaient pas synonymes. Le poème est à la poésie ce que la pièce est au théâtre.

Le poème, c’est le texte. Autrement dit, dans leur cahier, nos élèves copient des poèmes (pas des poésies).

La poésie, c’est le genre littéraire. C’est l’art de manier la rime, le vers.


charivari

Professeur des écoles (directrice d'école) en Sologne

14 commentaires

Julie V · 21 août 2021 à 12 h 20 min

Bonjour Charivari,
Merci pour cet article ! Je laissais jusqu’à maintenant à mes élèves le choix de leurs POEMES 😉 mais n’étais pas satisfaite de ce fonctionnement. Je vais donc m’orienter vers le tien. Merci beaucoup !! Petite question : pour la récitation, imposes-tu à chaque élève (même les plus timides) de réciter devant leurs camarades ? Merci à toi pour toute l’aide précieuse que ton blog m’apporte :))

    charivari · 21 août 2021 à 21 h 13 min

    Oui. Au début je ne pensais pas, mais mes élèves passent beaucoup au tableau pour plein de choses. Je pense que si un élève était visiblement mort de trac, je lui proposerais de réciter pendant la récré, mais ça ne l’est jamais arrivé. En CM je fais plein d’exposés aussi. Il faut quand même qu’ils apprennent à parler devant le groupe. Les exposés, c’est plus dur…

Valerie S · 26 août 2021 à 14 h 26 min

J’approuve à cent pour cent tes choix. Je n’aurais pas oser leur proposer des poèmes si longs mais je vais me lancer
est-ce que leur fait copier ces poèmes ou leur donnes-tu des photocopies.
Merci beaucoup

    charivari · 26 août 2021 à 16 h 09 min

    AH non je ne donne jamais de photocopies au CM. Il faut qu’ils écrivent. Je fais copier. Toujours depuis au mois le CE2 (et même le CE1)

    Sinon, pour leur faire apprendre un poème long, tu peux le couper en 4 ou en 6 et le faire apprendre bout par bout, sur deux semaines en tout. ça marche très bien. Ils ont beaucoup de mémoire à cet âge là.

Papi · 8 septembre 2021 à 19 h 36 min

Désolé à l’avance pour la critique, mais là je tombe quand même de ma chaise…
Je m’interroge déjà sur les objectifs de l’enseignante : à la lecture de cet article, de toute évidence il s’agit quasiment exclusivement d’apprendre des textes par coeur (6 occurrences de « mémoriser » et « apprendre »).
La compréhension du texte, le sens : une seule allusion (dans le tout 1er paragraphe).

Le sens critique littéraire : zéro.
Le plaisir de lire et d’écrire : zéro.
Alors que pourtant ces deux objectifs sont il me semble parmi les plus importants dans le domaine de la langue à l’école primaire.

Sans sens critique littéraire on ne peut pas apprécier un texte à sa juste valeur, on ne peut pas écrire de beaux textes. Et lire des poèmes imposés par l’adulte ne suffit pas pour développer ce sens, loin de là.
Sans plaisir, on ne lit pas, tout simplement, car c’est une corvée, un travail scolaire imposé.

Et puis quelle méthode totalitaire, j’ai rarement vu ça depuis mon service militaire ! Les textes sont imposés, les mêmes pour tous en fonction de l’année de naissance (c’est le seul et unique critère de « différenciation » d’ailleurs), de même que leur nombre, leur longueur, le temps qui leur est consacré, les activités à réaliser (principalement apprentissage par coeur donc)…
Où est donc l’autonomie et la responsabilisation des élèves ? Où est la différenciation ?!!

J’imagine l’ambiance :
– Maîtresse, j’ai trouvé un joli poème dans un livre à la maison, j’aimerais…
– Non, tu apprendras par coeur Verlaine jusqu’à la ligne 19 comme tous les autres qui sont nés en 2011, on n’a pas le temps de faire autre chose, j’ai 10 textes à vous faire avaler cette année moi. Bon, où est passé mon entonnoir à gavage…?

N’y a-t-il pas eu quelques grandes avancées pédagogiques ces dernières décennies ?
A-t-on oublié ces « Invariants » de Freinet ?

– Invariant n° 7 Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux.

– Invariant n° 8 Nul n’aime tourner à vide, agir en robot, c’est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.

– Invariant n° 9 Il nous faut motiver le travail.

– Invariant n° 12 La mémoire, dont l’Ecole fait tant de cas, n’est valable et précieuse que lorsqu’elle est vraiment au service de la vie.

– Invariant n° 16 L’enfant n’aime pas écouter une leçon ex cathedra.

– Invariant n° 21 L’enfant n’aime pas le travail de troupeau auquel l’individu doit se plier comme un robot. […]

    Humanolo · 8 septembre 2021 à 22 h 27 min

    J’avais compris au contraire que c’était justement pour pouvoir mieux travailler le sens des textes que Charivari défendait le principe de n’en avoir qu’un seul pour la classe. Mais vu le ton de votre réponse, et vos invariants assénés d’une manière si prétentieuse que ce pauvre Freinet doit se retourner dans sa tombe, je pense que vous n’êtes pas prêt pour ce blog. Changez de Toile.

    Papi · 8 septembre 2021 à 23 h 27 min

    @Humanolo
    Relisez mon commentaire, j’ai bien dit que le sens était évoqué dans le 1er paragraphe. Mais uniquement là, car tout le reste de l’article ne parle quasiment que d’apprentissage par coeur.
    Donc visiblement c’est bien ça l’objectif principal. Et c’est même clairement indiqué : « 𝘓’𝘰𝘣𝘫𝘦𝘤𝘵𝘪𝘧 𝘤’𝘦𝘴𝘵 𝘲𝘶’𝘢𝘶 𝘧𝘪𝘭 𝘥𝘦𝘴 𝘮𝘰𝘪𝘴 𝘭𝘦𝘴 é𝘭è𝘷𝘦𝘴 𝘴𝘰𝘪𝘦𝘯𝘵 𝘤𝘢𝘱𝘢𝘣𝘭𝘦𝘴 𝘥’𝘢𝘱𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘥𝘦𝘴 𝘵𝘦𝘹𝘵𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘦𝘯 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘭𝘰𝘯𝘨𝘴 ».

    Pour le reste de votre réponse, je ne vois pas du tout l’intérêt de l’attaque ad-hominem. Plutôt que d’attaquer ma personne, pourquoi n’avancez-vous pas des arguments rationnels sur lesquels on puisse discuter ? Ça ferait plus avancer le débat et ce serait plus intéressant.

    Maîtresse & écolo · 17 janvier 2022 à 15 h 56 min

    Je me permets de répondre, étant moi-même enseignante et « imposant » les poèmes à mes élèves.
    Pourquoi lorsqu’il s’agit de poèmes, cela étonne que l’on impose à nos élèves les textes à apprendre ? On le fait pourtant bien en littérature : à quel moment un enseignant propose un choix à ses élèves sur les textes littéraires à étudier en classe ? Jamais.
    Pourquoi en serait-il autrement pour les poèmes ?

    Dans les programmes scolaires, il est indiqué que les élèves doivent acquérir des compétences de mémorisation et de récitation, ce que l’on peut faire à travers l’étude du chant ou de la poésie. Il est donc tout à fait normal que ces occurrences soient très présentes ans cet article puisqu’il s’agit d’un article sur DES POÈMES À APPRENDRE EN CM.
    Quant au sens littéraire et artistique, à quel moment Charivari dit ne pas en parler avec ses élèves ? Il est pourtant bien écrit dans cet article qu’il y a un temps d’explication pour le vocabulaire, il y a tout une semaine de travail dédié au sens et à la découverte des textes. Est-ce qu’en laissant le choix aux élèves de leurs poèmes à apprendre, on arrive à se dédoubler en 25 pour expliquer le sens et d’aborder le thème de chaque poème choisi par les élèves ?

    Vous dîtes qu’il n’est pas question de différenciation alors que Charivari en parle justement dans son article SUR TOUT UN PARAGRAPHE : « Certes, certains de ces textes sont long mais tous les élèves de ma classe, même les plus faibles, arrivent à les mémoriser. Tous ne s’en sentent pas capables au début et c’est un grand progrès pour moi quand ils ont tous gagné cette confiance en eux : ils savent qu’ils savent apprendre. Là encore, c’est un des bénéfices d’imposer des textes et de ne pas les laisser choisir : d’abord on peut mieux travailler la méthodologie en apprenant le texte tous ensemble (au moins le début), et, en plus, on soutient mieux la mémorisation à force d’entendre tant de camarades réciter le même texte. Un certain nombre d’élèves n’auraient jamais choisi ces textes parce qu’ils pensaient que c’était au-dessus de leurs capacités. Ils sont d’autant plus fiers lorsqu’ils réalisent qu’ils y arrivent. »

    La différenciation ne réside pas dans donner un travail différent aux élèves en difficulté (bonjour la stigmatisation !) mais en les aidant à réussir leur travail en les accompagnant, en étayant et surtout en leur donner des outils pour garantir leur réussite. N’est-ce pas ce que Charivari propose dans son paragraphe ?

    Les textes ne sont d’ailleurs pas imposés en fonction des années de naissance mais du niveau de classe : les compétences ne sont pas les mêmes à acquérir, ni le travail effectué en amont. Il est donc tout à fait justifié que les CM1 et les CM2 n’aient pas les mêmes textes ! Votre réflexion à ce sujet est lamentable.

    Enfin, avant de brandir à tout va les pédagogiques dites alternatives comme s’il s’agissait d’une parole évangéliste, intéressez-vous au travail de l’auteure, qui a justement beaucoup fait pour l’autonomie, la différenciation et la responsabilisation des élèves face à leurs apprentissages.

    Merci Charivari pour ce partage encore une fois de très grande qualité. C’est tout à fait ce que je cherchais pour mes CM et cela me conforte dans ma manière d’enseigner la poésie !

    charivari · 17 janvier 2022 à 21 h 48 min

    (merci !)

Lafcadio77 · 4 décembre 2021 à 14 h 17 min

@Papi
Votre commentaire, non dénué de pertinence sur le fond, aurait été plus constructif si vous ne vous montriez pas aussi brut dans vos propos. Rappelons tout de même que cette enseignante n’a jamais prétendu détenir la vérité vraie. Elle expose sa façon de faire (et s’expose ainsi à des commentaires peu sympathiques) pour aider et faire questionner des enseignants en recherche d’outils.
Dommage de ne pas exposer une façon alternative de faire plutôt que ce long message infantilisant et rabaissant. Mais exposer, c’est aussi prendre le risque de faire réagir des personnes de votre calibre.

Un enseignant membre de l’ICEM (on est gentils et ouverts d’esprit en vrai 😉 )

    Papi · 19 janvier 2022 à 18 h 17 min

    @Lafcadio77
    Merci de ton retour. 😉
    Effectivement ma critique est « brute », mais j’ai trouvé cet article tellement choquant que franchement il m’était difficile de le commenter de manière bienveillante.
    Je ne suis pas un « hater », j’ai juste dit ce que je pensais, en toute sincérité.

    J’aurais pu évidemment proposer des pratiques alternatives, mais :
    – Bien qu’ayant été formateur, mon propos n’était pas de former l’auteure de cet article : il s’agit d’une professionnelle qualifiée, et elle ne m’a pas demandé d’aide pédagogique, ce n’était pas le but de mon intervention.
    – Lorsqu’on poste publiquement sa démarche pédagogique, il faut être prêt à recevoir non seulement des compliments, mais aussi d’éventuelles critiques négatives. Et là je dois avouer que c’est bien le cas, d’autres auraient pu juste supprimer rageusement mon message, elle ne l’a pas fait, et c’est tout à son honneur. 😉
    – Il y avait tellement à dire déjà rien que dans l’exposé des problèmes, ma réponse aurait été 2 fois plus longue si j’avais dû en plus poster les solutions ! Mais je peux le faire, pas de problème… 😉

    Papi · 19 janvier 2022 à 18 h 35 min

    @Lafcadio77
    Je viens de remarquer que cet article a été profondément remanié depuis mon premier commentaire. Les passages les plus choquants ont été supprimés ou réécrits.
    Du coup je comprends que mon premier commentaire semble en décalage à présent ! Mais par rapport à l’article original, franchement c’était justifié.

Papi · 19 janvier 2022 à 19 h 00 min

@Maîtresse & écolo
Désolé je réponds ici car il n’y a pas de bouton « répondre » sous votre commentaire.
Et comme je viens de répondre un peu plus tôt, il faut bien comprendre que cet article a été profondément remanié depuis que j’ai posté mon premier commentaire, et du coup il est difficile de comprendre pourquoi j’ai posté toutes ces critiques négatives.
Mises en rapport avec l’article original, elles étaient justifiées.

Sinon pour vous répondre, non ça ne m’étonne pas plus lorsqu’il s’agit de poésie que de littérature : dans tous les cas on peut laisser le libre choix des textes aux élèves, je ne vois pas du tout l’intérêt de les imposer.
Vous avez l’impression qu’il s’agit d’une pratique normale et universelle, mais non, de très nombreux enseignants n’imposent pas les textes, qu’il s’agisse de poésie ou de littérature !

On peut très bien entraîner la mémoire et l’élocution par d’autres moyens que forcer les gamins à apprendre par coeur des textes qui n’ont aucun sens pour eux.
Déjà on peut leur laisser le choix des textes, dont ils peuvent aussi être les auteurs. Et puis il y a les textes libres, les exposés, bref il y a beaucoup d’occasions de travailler la mémoire et l’élocution verbale sans devoir passer par des méthodes moyenâgeuses.

Le sens critique littéraire => l’article original n’en parlait pas du tout.
Et la compréhension n’était mentionnée qu’une seule fois, de manière anecdotique et très scolaire.

Effectivement on ne peut pas se dédoubler en 25, mais avec un fonctionnement par plan de travail on peut dégager 2 fois 1 heure par jour pour travailler individuellement avec chacun.
Et on peut très bien travailler en collectif sur le sens d’un texte choisi par un élève lors de sa récitation.

La différenciation => non, l’article n’en parle pas à l’heure où je poste, et il n’en parlait pas non plus lorsque j’ai posté mon 1er commentaire. Ce passage a peut-être été supprimé par l’auteure ?
Je ne suis pas du tout d’accord avec votre définition de la différenciation : pour moi c’est adapter les enseignements à chaque élève et à ses possibilités.
Il ne s’agit pas du tout d’élèves en difficultés, quand on différencie on différencie pour tous, car on considère qu’on a autant d’élèves différents que de niveaux différents.
Donc pour moi tout enseignant digne de ce nom doit au minimum permettre à chaque élève de progresser à son propre rythme et à son propre niveau, indépendamment des autres.
C’est ça la différenciation.

Je maintiens que les textes sont imposés en fonction des années de naissance : puisque les CM1 et les CM2 sont séparés en fonction de leur année de naissance, c’est bien ce seul critère qui justifie qu’ils aient des textes différents.
Et donc par exemple un gamin qui est né le 31 décembre aura un texte de CM1, alors que son copain né le 1er janvier, à seulement quelques heures d’intervalle, aura un texte de CM2.
Ça n’a aucun sens !

Je suis un défenseur acharné de la liberté pédagogique, donc ce n’est pas moi qui imposerai à quiconque ses pratiques pédagogiques.
Néanmoins, ça ne m’empêche pas de dénoncer certaines pratiques qui sont à mon sens particulièrement nocives, anti-pédagogiques, et devraient être bannies depuis longtemps des salles de classe.
Et une fois que les choses sont dites, les enseignants qui veulent malgré tout continuer à utiliser ces pratiques sont libres, mais au moins ils ont été informés de leur toxicité, et ils le font en connaissance de cause, il ne faudra pas appeler à l’aide ensuite, prétendre que « c’était mieux avant », ou blâmer les parents ou « lézécrans », en constatant que ça fonctionne mal.

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