Il est précoce : trop immature pour sauter une classe ?

30/3/15 Je remonte cet article parce que les décisions de sauts de classes peuvent se prendre en ce moment.

L’an dernier, grâce, je crois, à une collègue blogueuse de la CPB, j’étais tombée sur ce document (clic) destiné aux enseignants et concernant les enfants précoces.

Je le trouve vraiment intéressant parce qu’il répond de manière concrète et directe à beaucoup de questions que se posent les enseignants qui ont des EIP dans leur classe.

Un passage m’a attirée en particulier parce que j’avais dans ma classe de CE1-CE2 un élève précoce et j’envisageais de le faire glisser du CE1 vers le CE2. Or, autant cet élève était brillant, autant il semblait assez immature dans son comportement (notamment dans la gestion de ses émotions : colères, bouderies…).

Ce passage m’a vraiment rendu service (page 21) :

« Les EIP se caractérisent par un fonctionnement spécifique (…)

Les émotions interviennent toujours, dans chaque tâche, et sont exacerbées.
D’où le fait, par exemple, qu’on les qualifie souvent d’immatures : or il n’est pas là question d’immaturité réelle mais du fait que l’enfant se trouve obligé de gérer une somme considérable d’émotions, d’informations sur l’état émotionnel de ceux qui l’entourent. Si son cerveau l’oblige à traiter ces informations, son affectif, qui est celui d’un enfant de son âge, ne peut les assimiler aussi facilement. On observe ainsi souvent des enfants qui ont un grand besoin de réassurance, avec par exemple des enfants qui sucent leur pouce plus tard, gardent leur doudou, recherchent le contact physique… Mais cela ne doit pas conduire à refuser une prise d’avance, sachant que cette hypersensibilité émotionnelle les caractérisera toute leur vie.

Par ailleurs, s’ils ne se sentent pas en sécurité affective, ou appréciés, ou s’ils n’aiment pas la matière, ils n’arriveront pas à s’investir intellectuellement (d’où des résultats en dents de scie selon les années, les matières, les rapports avec les enseignants…)

Pour nous enseignants, ce n’est pas facile de ne pas nous laisser « aveugler » par notre inquiétude liée à cette pseudo-immaturité de comportement (qui a des conséquences bien réelles et gênantes dans la classe) pour, au contraire, nous consacrer tout entiers à aider ces élèves à apprendre à gérer leur hypersensibilité et progresser dans leur relation aux autres.

A nous d’essayer de faire en sorte que ces élèves se sentent un peu mieux compris, acceptés dans leur différence aussi, aimés tel qu’ils sont, sans que nous cherchions à tout prix à les faire entrer au chausse-pied dans un moule scolaire qui n’est pas bien fait pour eux.  

2015-3-30 13:34:00
Idées en vrac

1 Commentaire

  1. zaotitus

    Merci pour le lien vers ce doc très intéressant, rédigé dans un langage clair. Notre équipe engage un deuxième saut de classe (vers la 6ème) pour un de mes élèves qui si il ne le montre pas, s’ennuie et est très malheureux. 1 ou 2 EIP par classe en moyenne. Mazette !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *