Pour nos élèves, être autonomes, c’est pourvoir apprendre seuls. Donc ne pas avoir besoin qu’un parent ou qu’un adulte soit à côté pour expliquer, motiver ou faire réciter.

Avec les années, je me rends compte que l’importance de cette autonomie comme facteur de réussite scolaire est souvent sous-estimée. Il m’arrive d’entendre des collègues se plaindre : « Tel élève a des mauvais résultats mais bon, ses parents ne l’aident pas assez pour ses devoirs ». Quand je suis arrivée dans mon école actuelle, un de mes CM2, en début d’année, s’était justifié : « Je n’ai pas pu apprendre ma poésie parce que maman est rentrée tard du travail ». J’ai aussi des élèves dont les parents pensent bien faire en étant encore très présents auprès de leur enfant lorsqu’il « fait ses devoirs ». Or il apparait évident que les élèves qui sont le mieux armés pour le collège sont ceux qui ont l’habitude de se mettre au travail seuls, et qui n’ont besoin de personne pour apprendre leurs leçons. Comment moi, maitresse, puis-je enseigner l’autonomie à mes élèves, et la favoriser ensuite ?

Règle numéro 1 : adapter les supports de leçons

Pour apprendre une leçon, les élèves doivent prendre le réflexe de « se tester ». L’objectif de base, si on recherche l’autonomie, c’est donc que l’élève ait les moyens de se tester seul. Voici comment, dans mon école, nous nous y prenons :

Idée 1 : Les « as-tu bien compris »

Pour qu’un élève puisse apprendre seul ses leçons, il faut qu’il connaisse les questions auxquelles il doit être capable de répondre. Ce n’est pas entre 8 et 11 ans qu’un enfant a la maturité nécessaire pour extraire d’un paragraphe les notions clés qu’il doit avoir comprises, celles qui doivent être sues par cœur, celles qu’il doit savoir « raconter avec ses propres mots ». C’est pourquoi, dans mon école, à la fin de toutes les leçons d’Histoire, de Géographie, d’EMC et de Sciences, on colle un petit papier sur lequel sont notées « les questions auxquelles tu dois être capable de répondre ».
Ainsi, l’élève sait qu’apprendre sa leçon, ce n’est ni la lire, ni savoir la réciter par cœur, c’est savoir répondre aux questions qui sont collées juste en-dessous. L’élève peut ainsi se tester, tout seul.

Idée 2 : Les exercices autocorrectifs

En Français et en mathématiques, on travaille plus sur des savoir-faire. Dans notre école, à la fin de chaque leçon, l’élève trouve un exercice qu’il peut faire à la maison. Ce qui est intéressant, c’est que l’exercice est toujours proposé avec sa correction (collée à la fin du cahier). Cette pratique est bien plus efficace qu’un exercice d’application donné à la maison le soir et corrigé en classe le lendemain puisque l’élève a ainsi un feed-back immédiat. Il peut faire son exercice (à l’écrit, à l’oral, sur un bout de cahier de brouillon, peu importe), et vérifier aussitôt si ses résultats sont justes. Si ce n’est pas le cas, il peut remonter à la leçon, comprendre ce qu’il n’avait pas retenu, refaire l’exercice, autant de fois que nécessaires…

Idée 3 : Les « Leçons à manipuler »

Les anglais appellent cela « cahiers interactifs ». Nous, en France, nous disons plus « leçons à manipuler ».
J’ai mis du temps à y venir parce que j’étais rebutée par le temps de découpage / pliage / collage. Finalement, je choisis des dispositions simples, identiques d’une leçon sur l’autre, pour ne pas perdre de temps en consigne, et cela fonctionne très bien .
En anglais, par exemple, plutôt que de présenter une image avec le mot anglais correspondant à côté, je présente une image et le mot correspondant est… « dessous ». Là encore, cela permet à l’élève de se tester seul. Il n’a besoin de personne pour l’interroger : objectif autonomie.

Je vous mets quelques photos de cahiers interactifs glanées sur Google :

Idée 4 : quiz et leçons vidéos, les outils numériques

Une simple URL ou, mieux, un QR code dans un cahier de leçon permettent de mener l’élève à un exercice d’entrainement simple, à des leçons en vidéo ou à des enregistrements sonores. Cela semble particulièrement incontournable en anglais, où l’élève peut réécouter, autant de fois que nécessaire, un dialogue ou une chanson étudiés en classe.

Des outils comme learningapps et plein d’autres permettent de créer des petits jeux en ligne. Il vous suffit ensuite de donner le lien à vos élèves pour qu’ils s’y entrainent autant qu’ils le souhaitent.

Règle numéro 2 : ne pas compter sur les parents

Compter sur les parents, c’est enfoncer un peu plus les élèves qui, pour plein de raisons, n’ont personne à la maison pour les aider. Je ne sais pas vous, mais moi, je souhaite avoir aussi peu de responsabilité que possible dans la panne de l’ascenseur social.

Entendons-nous bien : je n’ai pas dit que les parents ne devaient pas s’intéresser aux travaux de leurs enfants, ni qu’ils ne devaient pas les aider. Je dis que, dans le cours normal de l’apprentissage, le maitre ne devrait plus organiser ses séances à partant du principe que l’élève recevra l’aide d’un adulte à la maison et que les enfants de cycle 3 ne devraient plus avoir besoin de leurs parents pour apprendre.

Si on veut que les élèves soient autonomes, c’est une lapalissade de dire qu’il ne faut plus donner aux élèves de travaux à la maison qui nécessitent la présence d’un adulte.  Dans la pratique, ce n’est pas si évident. Pour faire réciter une poésie ou des mots d’orthographe, pour chronométrer un exercice de fluence (…) la solution « facile » est de se reposer sur les parents, aux dépends de l’autonomie de tous. Des solutions existent, à commencer par :

Idée 5 : Travailler en classe en binôme et/ou en atelier pour remplacer les occasions où on aurait compté sur un adulte à la maison.

Il faut commencer par recenser toutes ces occasions où, dans ce qu’on donne à faire à la maison, on compte sur l’intervention d’un adulte (ou d’un grand frère). Puis tenter de les supprimer une à une en les réintégrant das le temps de classe.
Pour cela, on peut prévoir des temps de classe, en atelier ou même en classe entière, où, en binôme, les élèves s’interrogent l’un-l’autre. Les élèves apprennent à parler à voix basse. Ils peuvent s’interroger les uns les autres sur l’orthographe de mots, sur une poésie à réciter, se chronométrer sur un défi de calcul ou sur un texte à lire…

Règle numéro 3 : donner des techniques aux élèves

Savoir apprendre, cela ne va pas de soi. Bien souvent, la seule « technique » utilisée par les élèves, c’est lire et relire une leçon. Or on sait que, pour apprendre, l’élève doit « se tester ». C’est bien joli, mais dire : « Tu dois te tester », à des enfants de 8-11 ans, cela ne suffit pas. Il faut les guider, leur apprendre à le faire. Suivant l’idée de notre école de « cycle 2 » du RPI, nous proposons une réunion avec parents et enfants pour présenter quelques techniques. Ces techniques sont aussi, bien sûr, présentées en classe :

Idée 6 : Effacer ou « caviarder » un texte pour l’apprendre par cœur

Pour apprendre par cœur (une définition, une poésie)… la technique du caviardage est très efficace. Elle est souvent utilisée par les maitres de cycle 2.
Elle consiste à écrire le passage à mémoriser sur une ardoise, à le lire en entier, puis à effacer un mot ou un groupe de mots. L’élève relit alors plusieurs fois le passage en entier, en disant, de mémoire, les mots effacés, puis, quand il est bien à l’aise, il efface d’autres mots… et ainsi de suite, jusqu’à mémorisation complète du passage.

Idée 7 : La technique des post-its

Dans le même esprit, la technique des post-its est parfaite pour mémoriser des repères sur une carte de géographie ou les légendes d’un schéma de sciences.
Prenons l’exemple d’une carte des 5 grands fleuves de France : l’élève lit d’abord les noms des différents fleuves, plusieurs fois. Puis il en masque un avec un post-it. Il relit alors les noms des 5 fleuves en disant de mémoire celui qu’il a masqué (il peut aussi l’épeler). Quand il y arrive bien, il masque un deuxième fleuve, puis un troisième… jusqu’à ce que les 5 fleuves soient masqués et connus.

Pour les leçons « ordinaires » (histoire, géographie, français, maths), comme vu dans l’idée 1, nous leur disons que savoir sa leçon c’est savoir faire les exercices en bas de la leçon (ou savoir répondre aux questions). Ainsi, les élèves sont autonomes pour s’auto-interroger.

Idée 8 : s’enregistrer

L’usage du magnétophone, dictaphone (présent sur tous les smartphones aujourd’hui) est une bonne astuce à conseiller aux élèves qui ont du mal à apprendre un texte par cœur (une poésie, une scène de théâtre…).

Le principe : dire à l’élève de s’enregistrer une première fois en train de lire le passage (pas trop vite). Puis il doit écouter l’enregistrement et tenter de réciter « par-dessus », ce dont il se souvient. Il recommence autant de fois que nécessaire jusqu’à ce qu’il réussisse à tout dire en même temps que l’enregistrement. C’est la technique qu’utilisent les maitresses de maternelle pour enseigner une comptine : elles la chantent et la rechantent plusieurs fois. Les élèves, au début, chantonnent un mot par ci par là, puis des phrases entières. Au bout de quelques répétitions, tout le monde connait la chanson.

Remarque 1 : on trouve sur Youtube des enregistrements de textes classiques, dits par des acteurs. Ils peuvent très bien servir de support d’apprentissage également.

Remarque 2 : Sur Vocaroo, n’importe quel maitre peut également enregistrer lui-même le texte d’une poésie de la classe, ou d’une autodictée, et donner le lien aux élèves.

Idée 9 : Pour apprendre l’orthographe des mots

Pour les mots à savoir écrire, j’enseigne la technique en quatre étapes : Je lis les yeux ouverts, je lis les yeux fermés, j’écris les yeux ouverts, j’écris les yeux fermés. Les élèves qui utilisent cette technique mémorisent plutôt bien les mots à savoir écrire.

Idée 10 : Les cartes recto-verso
Cartes recto-verso pour mémoriser les repères d’Histoire

Et enfin, il me semble que tous les élèves devraient sortir de l’école primaire en sachant se fabriquer des petites cartes recto-verso de révision, avec, par exemple, un calcul (tables) d’un côté et son résultat derrière, ou bien un mot en anglais d’un côté et sa traduction derrière, un pays d’un côté, sa capitale derrière…

Remarque : pour nos élèves, dans le même esprit que les cartes recto-verso, nous utilisons aussi un cahier dont les pages sont découpées en « bandelettes ». Cela a des inconvénients (en particulier le fait de ne pas pouvoir trier ou sélectionner les cartes qu’on ne connait pas encore bien) mais cela évite les pertes ou les mélanges de petites cartes.

Et voilà, 10 idées pour aider vos élèves à savoir travailler tout seuls. Vous en avez d’autres ?

Foire aux questions

75 % de mes élèves ne travaillent jamais à la maison. JAMAIS.

Il me semble qu’en CM, il faut que les élèves apprennent à travailler à la maison et c’est de notre responsabilité de le leur apprendre. Les élèves qui ne savent pas apprendre une leçon chez eux seront en difficultés au collège.

Cela mériterait un article, là encore « comment motiver les élèves à travailler à la maison » mais je pense que cela vaudrait le coup de réfléchir sur les freins du travail à la maison pour tes élèves, en résistant à la tentation de rejeter cette responsabilité sur les parents ou sur la « paresse » des élèves eux-mêmes. Tes élèves en voient-ils l’intérêt ? En mesurent-ils le bénéfice ? S’en sentent-ils capables ? N’avons-nous pas trop créé d’attentes sur l’implication des parents dans ce travail à la maison ?
Je pense qu’avoir des élèves qui ne travaillent pas à la maison, ce n’est pas une fatalité. Je ne crois pas qu’il faille construire son enseignement en le tenant pour acquis mais plutôt chercher quelle est la responsabilité de l’école dans cet état de fait et voir comment y remédier. Cela peut-être un bel objectif de projet d’école pour favoriser « l’ambition scolaire » : que faire, à l’école, pour changer cet état de fait ? Comment aider les élèves à apprendre leurs leçons à la maison ?


charivari

Professeur des écoles (directrice d'école) en Sologne

20 commentaires

Mélimélune · 11 avril 2021 à 22 h 07 min

Bravo pour cet article, plein d’idées pour faire gagner de l’autonomie à nos élèves.

Dele21 · 11 avril 2021 à 23 h 10 min

J’ai découvert récemment la technique du “palais mental” ( dans une émission sur les secrets du cerveau je crois)
L’idée c’est d’utiliser son corps comme une succession de pense-bête en associant
un mot à mémoriser à une partie du corps, en du haut vers le bas.
La tête (j’imagine un bal au dessus de ma tête)
Les yeux (c’est le masque de carnaval, on mime)
Le nez (l’odeur du “chacal” plus c’est drôle mieux c’est)
La bouche (le récital, en mode cantatrice !)
Le ventre (le régal)
Les bras/main (le festival de air guitare)

Ou encore
La tête (les poux)
Les yeux (les cailloux)
Le nez (le chou)
La bouche ( les genoux que l’on aurait croqué à pleines dents)
Le cou (les bijoux)
Les mains (remplies de joujoux)
Les épaules (avec deux beaux hiboux perchés de chaque côté !)
… Et on continue si besoin !

Ça a eu l’air de pas mal fonctionner pour ceux qui n’arrivaient pas à mémoriser la liste dans l’ordre alphabétique ou à retenir une petite astuce mnémotechnique …

Je n’ai pas encore eu l’occasion de le tester pour autre chose mais je pense que c’est jouable…
En tous cas ça a eu le mérite de bien nous faire rire pendant qu’on cherchait les différentes possibilités d’association 😁

    Laptitcoxi · 12 avril 2021 à 8 h 27 min

    Salut Chari,
    J’ai l’habitude de faire des cartes mémoires avec mes élèves mais ils ont aussi l’habitude de les perdre ou les abîmer. Ton cahier m’intéresse donc !! Petite question pratique : je ne vois pas les cp découper après chaque question. Les prépares-tu avant ? Avec le massicot ?
    Merci pour ta réponse et bonjour à F. !

    charivari · 12 avril 2021 à 11 h 58 min

    Quand je distribue le cahier en début d’année, je l’ai préparé en faisant des traits au feutre sur la tranche pour que les élèves sachent à quel niveau découper (toutes les étiquettes ont la même taille). Ensuite, à chaque nouvelle page, les élèves plient la feuille en deux en la rabattant sur la ligne rouge de la marge puis ils découpent sur la ligne en démarrant à ma petite marque et en coupant jusqu’au pli. Mon école commence au CE. je n’ai jamais essayé avec des plus petits.

    charivari · 12 avril 2021 à 15 h 26 min

    Ouuuh, je n’avais pas vu que c’était toi ! Je n’ai jamais essayé avec des CP…

Mathilde · 12 avril 2021 à 9 h 39 min

Bravo et merci pour ces 10 conseils et outils. Ces idées sont excellentes : je suis PES, je ne connaissais pas par exemple les cahiers interactifs, et je n’avais pas vu la portée du « as-tu-bien compris », etc 🙂

    Claire · 12 avril 2021 à 13 h 13 min

    C’est très intéressant, merci pour ces articles et ces partages.
    Par contre, je suis effrayée par les fautes que l’on peut trouver dans les énoncés d’exercices. (photo sur l’exercice avec Jeanne d’arc).
    Et je dis ça en connaissance de cause, je suis enseignante, et je vois fréquemment des collègues (même de français) qui font des fautes dans leurs messages.
    Comment est-ce possible.. ?

    charivari · 12 avril 2021 à 14 h 21 min

    Mon Dieu, que font la Police, la gendarmerie, le FBI ? Un accent de trop sur un à ? Quelle frayeur !

Sandryne67 · 12 avril 2021 à 17 h 07 min

Merci, pour cet article hyper intéressant, on devrait davantage être formé à cela !

Tata-craie · 12 avril 2021 à 23 h 26 min

Merci pour cet article si détaillé, à l’image de tous ceux que vous publiez sur ce blog. J’avais découvert grâce à vous les « as-tu bien compris ? » qui ont drôlement fait progresser mes élèves. Alors j’ai hâte de tester la suite !! Quant à l’idée d’en faire un axe du projet d’Ecole, c’est carrément génial !
Merci pour tout Charivari !!

    Adélaïde · 13 avril 2021 à 7 h 14 min

    Merci beaucoup pour cet article formidable plein de bonnes idées. Parmi elles, le cahier interactif… Dommage que tu n’aies pas mis une photo, car j’aurai vraiment aimé voir à quoi ça peut ressembler!

    charivari · 13 avril 2021 à 11 h 48 min

    Tu ne vois pas la vidéo ? Je vais mettre des photos, tiens… bonne idée !

Merrypont · 13 avril 2021 à 15 h 57 min

Merci pour cet article très riche et bien pensé, comme toujours ! On prépare un temps de formation sur les apports des neurosciences, notamment au niveau des mémoires, et ton article apporte des solutions pour mettre en œuvre ces recommandations. Au top !

audélia · 19 avril 2021 à 12 h 36 min

bonjour,
pour certaines familles, il y a déjà un fossé entre la maternelle et l’élémentaire.
Des enfants qui s’éveillent, qui apprennent, qui travaillent en maternelle.
Et qui n’arrivent plus à suivre en élémentaire.
Apprendre à apprendre : une compétence qui leur servira toute leur vie !
En maternelle, les enfants ont l’habitude de travailler ensemble, en petit groupes, ou seul, à apprendre sans la présence constante d’un adulte ; dans les classes à multi-niveaux des campagnes françaises une partie des apprentissages se fait également sans la présence constante d’un adulte.

Blanchette · 19 avril 2021 à 15 h 44 min

Bonjour Charivari,
j’aime beaucoup l’idée du cahier ! Petite question : est-ce que le cahier remplace les cartes recto verso dans ta classe ? est-il complémentaire ? C’est vrai qu’il y a souvent de petites cartes qui se perdent mais pour les tables, par exemple, tu utilises le cahier ?

    charivari · 19 avril 2021 à 22 h 44 min

    On a les deux.
    Ils ont des cartes pour les tables et pour les dates d’histoire.
    Sinon, pour tout le reste, c’est le petit cahier.

Papi · 19 avril 2021 à 23 h 52 min

Je trouve que cet article est un festival de contradictions. Par exemple il prétend vouloir développer l’autonomie des élèves, mais en même temps il prône un enseignement dépassé à base de cours et de leçons, qui sont totalement incompatibles avec l’autonomie (puisque c’est de l’enseignement de masse).
Ou bien on y recommande de « ne pas compter sur les parents », mais en même temps on y fait l’apologie des devoirs à la maison (comme si les parents n’allaient jamais s’en mêler, sérieusement ???).

Ou bien encore l’auteure affirme que des élèves de primaire n’ont pas « la maturité nécessaire pour extraire d’un paragraphe les notions clés qu’il doit avoir comprises », mais au lieu de privilégier des activités qui leur permettent justement d’acquérir ces compétences (exposés, textes libres…), elle propose simplement de leur mâcher le travail avec des papiers collés où tout est écrit.

Quant aux exercices autocorrectifs, ils n’ont strictement aucun intérêt pour développer l’autonomie, c’est même une pratique inefficace et sans intérêt pour un enseignant qui sait travailler individuellement avec chaque élève et évalue en continu.

L’autonomie n’a rien à voir avec ce qui est décrit ici. Un élève autonome c’est un élève qui n’a pas besoin qu’on lui explique les consignes, ni même ce qu’il doit faire, et qui a également la possibilité de gérer lui-même son temps et ses activités sur un temps relativement long (plusieurs jours).
L’autonomie ce n’est pas juste abandonner ses élèves quelques instants avec des tâches imposées. C’est leur permettre de véritablement faire leurs propres choix et les assumer, et leur permettre de s’émanciper de l’adulte, faire en sorte qu’ils ne dépendent pas de lui.

Ça passe notamment par le plan de travail, qui est l’outil par excellence pour développer l’autonomie… un outil qui n’est même pas cité dans cet article, un comble.
Ça passe aussi par le bannissement de certaines pratiques moyenâgeuses inefficaces, comme les cours et leçons, les contrôles, les devoirs… Tout ça est rigoureusement incompatible avec l’autonomie.

    Jean-Baptiste V · 27 avril 2021 à 9 h 13 min

    Mais ce n’est pas possible un commentaire pareil ! Les bras m’en tombent… Pour QUI vous prenez-vous donc ? Vous détenez la Vérité pédagogique ? Toutes vos méthodes sont merveilleuses, les seules, les vraies les uniques, et tous les autres sont des ânes ? Je n’en reviens pas de la prétention de votre commentaire !
    Sans compter, Monsieur Je-Sais-Tout, que les exposés, les écrits des élèves, on ne peut pas dire qu’ils soient absents de ce blog ! Vous le suivez au moins ? Je ne sais pas si vous lirez ma réponse, peut-être que Charivari vous a banni. Vous le mériteriez.

Papi · 30 avril 2021 à 21 h 51 min

@Jean-Baptiste V
Bonjour, pour qui je me prends ? Pour un prof d’école et formateur, donc je pense être légitime pour parler de pédagogie.
Et je ne vois pas ce qui vous choque autant dans mon commentaire, je n’ai insulté personne, j’ai simplement exprimé mon désaccord avec cet article, de manière argumentée et courtoise il me semble (ou alors il faut me dire où j’aurais été incorrect).
On a le droit de ne pas être d’accord ici, ou bien il faut uniquement poster des commentaires élogieux ?

J’ai pointé du doigt des contradictions et erreurs flagrantes de cet article, et il me semble que mes arguments tiennent la route.
Il me semble important de dire que contrairement à une fausse idée reçue, l’autonomie ce n’est pas laisser les élèves travailler seuls quelques instants avec des exercices imposés par l’enseignant, mais les laisser gérer leur temps et leurs activités.

Maintenant si vous n’êtes pas d’accord avec moi j’accepte volontiers la contradiction et le débat, aucun souci.
Mais pour ça il faut savoir discuter calmement, et exposer ses arguments de manière rationnelle et sereine.

Car tout ce que vous avez fait jusqu’à présent c’est uniquement attaquer ma personne, au lieu de critiquer mes arguments.
L’attaque ad-hominem ne sert à rien, elle ne fait que démontrer la pauvreté de votre argumentation.

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