• Trois choix pédagogiques

     

    1.             Différents dispositifs en fonction des disciplines

    En Sciences et en Vocabulaire, il m'a semblé que l'ordre des acquisitions importait moins qu'en Maths, par exemple. Les domaines de connaissances sont relativement « étanches » : il est inutile d'avoir acquis des connaissances sur « Les volcans » pour progresser sur « La Digestion ». De même, on peut progresser sur la leçon « L'origine des mots » même si on n'a pas compris ce que sont des homophones, par exemple.


    Dans ces deux disciplines, j'ai donc adopté un système de « jalons » (ou « brevets »). Parmi une liste de « jalons » (= leçons) étudiés, les élèves doivent en acquérir un (ou deux), quels qu'ils soient,  pour passer une étape. Ainsi, un élève qui a du mal à retrouver des mots dans le dictionnaire n'est pas bloqué à l'étape jaune par exemple.

    2.             Pas d'individualisation des phases de découverte et d'apprentissage

    Avant de démarrer l'année, je m'étais renseignée sur le fonctionnement des classes qui utilisent l'évaluation par les ceintures[1] et j'avais notamment lu le site de la démarche PIDAPI (Parcours Individualisé et Différencié des Apprentissages et Pédagogie Institutionnelle) 

    Cette démarche propose des outils sous forme de fiches de travail, ordonnées selon des couleurs de ceintures. Les enfants choisissent la ceinture qu'ils souhaitent travailler et travaillent le plus souvent individuellement à l'acquisition des connaissances. Ces fiches ne contiennent donc pas seulement des exercices d'entrainement mais bien toute la démarche d'apprentissage, depuis le diagnostic, la découverte de la notion, l'institutionnalisation, jusqu'à l'entrainement.

    Dans cette démarche, donc, l'élève découvre et apprend souvent seul (éventuellement aidé par le maitre).

    Dans ma classe, au contraire, hormis la plage d'étude dirigée, le déroulement d'une journée de classe est classique (c'est-à-dire qu'en dehors de cette plage de travail différencié tous les élèves travaillent sur les mêmes sujets, ensemble). Très concrètement, il se peut très bien qu'un élève très faible en géométrie, qui n'a validé que l'étape jaune, travaille avec ses camarades et moi sur les acquisitions de l'étape verte (soit 3 ou 4 étapes plus loin).

    J'ai choisi ce mode de fonctionnement traditionnel, opposé à un fonctionnement très individualisé de type PIDAPI, parce que je tiens aux apports du fonctionnement en groupe hétérogène. Sans rentrer dans les détails sur ces apports « socio constructivistes » (un deuxième mémoire n'y suffirait pas), il me semble que même un élève « en retard » (dans ses ceintures) gagne à fréquenter les notions des ceintures plus élevées et qu'il est « tiré vers le haut » en travaillant au côtés de ses camarades plus avancés. Non seulement cela prépare le terrain pour le moment où lui aussi atteindra ces étapes, mais je pense aussi que les occasions de se frotter à des travaux plus difficiles ou simplement différents peuvent parfois provoquer le déclic qui permettra à cet élève de progresser dans les étapes inférieures.

    3.             Des étapes assez nombreuses dans l'année pour que les progrès apparaissent (relativement) rapides

    Dans la proposition de Fernand Oury, une ceinture correspondait peu ou prou à une année de progression. De mon côté, j'ai voulu instaurer des étapes plus courtes pour que les élèves se voient progresser plus rapidement et que le dispositif soit concevable dans n'importe quel classe, y compris dans une classe à simple-niveau.


    Le juste-choix du nombre d'étapes n'est pas facile. Il me semble qu'une étape par période est un rythme bien adapté (soit 5 couleurs dans l'année). 5 couleurs auxquelles on ajoute l'étape blanche (très simple, juste pour amorcer le dispositif), et l'étape noire, l'étape du « chef-d'œuvre » (étape de synthèse de l'année, avec une forte valeur de « défi », pour les élèves les plus avancés). Nous arrivons donc à 7 couleurs en tout[3].

    >> Limites des dispositifs ordinaires d'évaluation

    >> L'évaluation formatrice, en actes chez Fernand Oury

    >> Détail du fonctionnement avec les ceintures


    >> Trois choix pédagogiques

    >> limites du dispositif des ceintures

    >> Avantages des ceintures

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    [1] Cf. dans la rubrique lien "des écoles qui publient leurs ceintures"

    [2] Démarche créée, notamment, par Sylvain Connac. Voir http://www.icem34.fr/detail.php?nw_id=58

    [3] De mon côté, j'en avais 8 cette année, mais après expérience  il me semble que 7 serait un peu mieux adapté.