• "Tenir sa classe" face à des élèves violents

    Source : AFP

    Vingt-cinq élèves-professeurs ont reçu vendredi à Créteil une journée de formation à la "tenue de classe", qui propose des solutions concrètes pour faire face à la violence dans les classes difficiles, formation qui sera étendue à tous les nouveaux enseignants en 2010. Lire la suite l'article

    La formation est assurée par un professeur de français âgé de 33 ans, Sébastien Clerc, qui enseigne depuis huit ans dans un lycée professionnel de Seine-Saint-Denis: "Mon but est de faire partager les méthodes découvertes sur le tas pour tenir une classe, des choses concrètes pas enseignées dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM)".

    "Les conseils que je donne sont le fruit de ma propre expérience et de 30 entretiens réalisés avec des collègues confrontés comme moi à des classes difficiles, ce sont des outils mis à disposition des professeurs, ce ne sont pas des recettes miracles", explique ce pragmatique.

    Selon lui, il ne faut négliger aucun détail: "il faut être en bonne forme physique, avoir une tenue vestimentaire stricte, ne pas s'habiller comme les élèves".

    Il est adepte de cours de politesse, car "des élèves ignorent qu'il est impoli de cracher n'importe où".

    "L'instant capital dans un cours, c'est le début. Il faut créer un courant chaleureux, on dit +bonjour comment allez vous?+ et à la fin des cours, on souhaite +une bonne journée+".

    Avant le premier cours de l'année, il conseille d'apprendre le trombinoscope afin de d'identifier immédiatement les élèves en prononçant leur prénom.

    Comme dans une classe, selon lui, il y a 10% d'élèves travailleurs, 10% de chahuteurs et 80% de "ventres mous" qui peuvent basculer d'un côté à l'autre, il préconise d'imposer un plan de classe, c'est-à-dire de placer les élèves de manière autoritaire en intercalant les bavards et les plus calmes, mais il faut que cette mesure soit adoptée par l'équipe pédagogique pour tous les cours.

    Sébastien Clerc passe en revue les "répliques cul-de-sac qui ne servent à rien comme +il y a trop de bruit+ ou +vous avez le bac en fin d'année+ ou +moi, j'ai mon salaire à la fin du mois+ ou celles qui peuvent braquer l'élève comme +je ne sais pas comment vous avez été éduqué+".

    Il recommande à la place: "je sais que vos parents vous ont éduqués, alors faites-leur honneur". Il conseille de déclarer aux porteurs de casquette récalcitrants: "par respect pour vous, je suis tête découverte" et, à un élève énervé d'être interrogé qui demande "pourquoi toujours moi?", il suggère de répondre "parce que je vous aime bien".

    Dans les classes difficiles, il déconseille de sourire.

    Les élèves-professeurs apprécient cette formation. "A l'IUFM, on ne forme pas les enseignants à faire face à des classes agitées, on a eu juste un module +corps et voix+ où on apprend à crier", explique à l'AFP l'une des stagiaires, Katel Baccon.

    Christelle Roget, enseignante à Villepinte (Seine-Saint-Denis), apprécie les conseils sur la gestuelle, les déplacements pendant les cours.

    Plusieurs élèves-professeurs soulignent le rôle primordial du chef d'établissement, qui est, selon eux, "souvent défaillant dans les établissements où ça se passe mal".

    Pour le recteur de l'académie de Créteil, où cette formation a été initiée, "l'objectif est que tous les enseignants passent par cette formation, y compris par le biais de la formation continue".

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