• Pourquoi je n'utilise pas les Plans de Travail

    Je remonte ce vieil article de 2014...

    Cette année, je vais avoir des CM2, avec des niveaux... variés (rien d'inhabituel) et pour ma première classe-rien-qu'à-moi, j'avais envisagé de proposer des Plans de Travail à mes élèves.

    [Qu'est-ce qu'un Plan de travail (PdT) ? C'est un document que l'on donne aux élèves présentant les travaux qu'ils auront à faire sur 1, 2 ou 3 semaines. L'élève fait les exercices qu'il souhaite dans l'ordre qu'il souhaite, avec parfois des contraintes et souvent des objectifs personnalisés, du type "réussir tant d'exercices dans telle catégorie". Les PdT peuvent être différenciés.]

    J'ai un peu étudié la question, et rencontré dans l'été des copains dont le fils travaille ainsi en CM. J'ai vu son cahier, écouté ses difficultés, pesé les avantages et inconvénients du dispositif... et décidé de ne pas utiliser les PdT. Je vous livre les avantages et inconvénients que j'ai identifiés, et qui expliquent ma décision :

    Avantages :

    • L'apprentissage de l'autonomie
      Avec les PdT, ce sont les élèves qui choisissent les exercices qu'ils vont faire (au moins leur ordre). Ils lisent seuls la consigne, et font leur exercice seuls. 
    • La différenciation
      L'idée du plan de travail, c'est d'adapter les objectifs de chacun à ses besoins et ses possibilités. C'est donc un outil de différenciation. Dans certaines classes, les enseignants donnent le même PdT à chacun avec des objectifs différents (Gudule devra réussir 4 exercices "soleil" quand Barnabé aura pour objectif de réussir 7 "fleurs"). Dans d'autres, l'enseignant prépare 3 ou 4 PdT différents en fonction des besoins de ses élèves et deux voisins peuvent donc avoir des PdT complètement différents.
    • Visibilité de ce qui va être travaillé.
      Avec les PdT, les élèves ont sous les yeux les compétences qui vont être travaillées pendant la période du plan. Ils se rendent mieux compte de ce qu'ils apprennent.
    • Disponibilité de l'enseignant.
      Grâce à ce dispositif, pendant que les élèves travaillent sur leur plan, l'enseignant est disponible pour, par exemple, s'occuper en priorité d'un petit groupe d'élèves. Il peut passer plus de temps "personnalisé" avec les élèves qui en ont plus besoin, au plus près de leurs difficultés.

    Inconvénients :

    • Ce dispositif conduit à différer ou même supprimer la correction collective. Or, parfois, cette correction collective, toute proche du moment où les élèves ont travaillé,  me semble nécessaire. C'est le moment où les élèves confrontent leurs difficultés, passent au tableau, écoutent les questions des autres, et les réponses apportées. Je trouve que beaucoup de choses se jouent là et cela m'ennuie que cette correction n'ait pas lieu juste après que l'élève ait travaillé sur l'exercice (voire qu'elle n'aie pas lieu du tout).
    • Avec les PdT, les bons élèves (et même parfois, les moyens) sont beaucoup "tout seuls" et j'aurais l'impression de les abandonner.
    • Avec les PdT, le maitre doit estimer à l'avance combien d'exercices vont être faits, pour chaque compétence, sur la durée du plan.
      Ca c'est difficile pour moi. Parfois, je prévois de ne faire qu'un exercice sur une compétence, et je décide d'en faire un ou deux autres le lendemain parce que je me rends compte, en corrigeant les cahiers du jour ou à l'occasion de la correction collective, que c'est mal passé. Je sais que mes estimations "à l'avance" ne seront pas toujours fiables et le manque de souplesse du dispositif me gêne donc.
    • Avec les PdT, les élèves paresseux peuvent plus facilement "se la couler douce". J'ai l'impression qu'avec certains élèves, moins on leur en donne, moins ils en font. Il me semble aussi que le fait d'avoir beaucoup moins de contrainte de "temps" donne l'illusion aux élèves qu'ils ont deux semaines devant eux et qu'il est inutile de se presser. Certains vont mettre une demi-heure à se mettre au travail et cela se verra moins que dans un dispositif traditionnel. Bref, il me semble que les PdT ne tirent pas tout le monde vers le haut. Je préfère écrire au tableau quelques exercices "pour les plus rapides", voire préparer ponctuellement quelques feuilles de support ou d'exercices spécifiques pour les élèves qui ont des difficultés particulières.

    Voilà où en est ma réflexion. Finalement, cette organisation en Plan de Travail me semble moins baguette-magique que je l'avais cru au départ. Ceci dit, je sais que chaque dispositif est efficace dès lors que le maitre se l'approprie et est conscient des faiblesses du dispositif en question. Je sais que celui-ci ne me convient pas,  mais qu'il conviendra très bien à quelqu'un d'autre (et à ses élèves) dès lors qu'on aura trouvé les moyens de :

    • ne pas laisser les élèves (y compris les bons) trop seuls derrière leurs cahiers,
    • faire des retours fréquents et collectifs sur les difficultés rencontrées,
    • prévoir des plages de temps dans la journée pour assouplir le dispositif, rajouter un exercice collectif par ci par là si besoin,
    • corriger les exercices faits autant que possible au fil de l'eau pour pouvoir réagir vite avec un élève ou un groupe d'élève qui n'a visiblement pas compris.
    • être toujours exigeant sur le soin, l'écriture, la "forme",
    • être toujours exigeant sur la quantité de travail produite par chacun, tous les jours, sans attendre l'évaluation du plan à la fin,
    • adapter la durée du PdT à l'âge des élèves (sur 1j à une semaine pour des CE à pas plus de 2 semaines pour des CM, à mon avis) .
    « Pas de complexe pour le Tipp-ExDes étoiles de tables pour les CE1 et les CE2 ! »

  • Commentaires

    1
    janelem
    Mercredi 27 Août 2014 à 11:21

    Ta réflexion est très pertinente. Effectivement Les PdT peuvent être efficace mais il faut que ce fonctionnement corresponde aussi à l'enseignant.

    J'ai pour ma part eu la chance de travailler dans une école où une collègue utilisait ce système avec succès. J'ai donc, avec ses conseils, essayer de le faire l'année suivante et ça n'a pas fonctionné aussi bien (voir pas du tout à certains moments...).

    La liberté des choix pédagogiques est un élément important dans notre métier mais malheureusement ça peut parfois "coincer" au niveau de notre hiérarchie qui veut nous imposer des méthodes formidables mais pas adaptées à toutes les classes ni à tous les enseignants...

    Je me permets d'ajouter que le système des PdT est certainement plus efficace dans une école qui choisit ce fonctionnement sur plusieurs niveaux. Il peut en effet être déstabilisant pour les élèves sur une année  car il faut souvent "déconstruire" des méthodes de travail et d'attitudes souvent bien ancrées malgré tout... 

    2
    ISA R
    Mercredi 27 Août 2014 à 12:10

    C'est effectivement pertinent mais les PDT ne sont pas forcément utilisés comme tu le décris.


    J'utilise des PDT  hebdomadaires depuis 2 ans avec mes CE2, grâce à LUTIN BAZAR, en l'utilisant comme elle. Tout pareil !  Les élèves ne choisissent pas forcément l'ordre des exercices et, s'ils travaillent en autonomie, ils peuvent aussi le faire en binômes ou avec moi.


    Ils ne découvrent pas de notion mais réinvestissent. C'est plus facile et permet une certaine souplesse. Ils prennent le temps, recommencent quand l'exercice n'est pas réussi et font de leur mieux. Cela permet aussi de mieux repérer les notions non acquises par certains, alors qu'on croyait que ...


    La correction peut être faite collectivement quand l'exercice le demande. Je le fais parfois quand je manque de temps mais sinon, j'explique individuellement au cas par cas.


    J'en suis très satisfaite même si cela demande un sacré boulot au quotidien (de correction surtout) !


    Bonne rentrée !

    3
    Rachoubidou
    Mercredi 27 Août 2014 à 12:19

    bonjour


    c'est encore avec beaucoup de plaisir que je m'informe sur votre site qui est à mon avis EXCEPTIONNEL et EXTRA !! merci pour tout.


    pour ce qui est du pdt j'ai une collègue qui travaille avec depuis plusieurs années, et cela fonctionne trèèèès bien . Par contre en effet elle a ajouté des TAC (temps d'aide collective) qui suivent immédiatement le temps de travail individuel afin que les élèves reviennent sur leur travail : ils peuvent, s'ils le souhaitent, présenter la fiche qu'ils ont faite ou demander de l'aide pour un exercice qu'ils n'ont pas compris. Cela se passe entre enfants, l'enseignant n'intervenant qu'en cas de besoin et pouvant repérer les difficultés / compétences acquises/et bien sûr tout autour du langage !!


    pour l'avoir remplacer une année, j'ai repris ce mode de fonctionnement et une fois les premières fiches prêtes (la première année me parait la plus dure!) il nous suffit d'en ajouter, d'en modifier .. Mais il y a le site de la PMEV qui explique tout ça très bien ! et même des fiches pour débuter sans tout avoir à faire de suite.


    bon courage à tous et bonne continuation à vous.


    Longue vie à Charivarialecole ::!!    ;)

    4
    cocolobi
    Mercredi 27 Août 2014 à 12:59
    je suis tout à fait d accord avec ISA R le PdT où l enfant réinvesti des notions est plus profitable mais je pense lui donné ponctuellement en lisant ton article ! moi j arrive tant bien que mal à m occuper de tous mes élèves grâces à des ateliers ou des "centres " -à la manière de Zazou ou Univers de ma classe - en maths et en lecture tous les jours ....je peux ainsi par niveau revenir sur une notion...Moi je pense que le moyen pour être au plus près de ses élèves c est non un cours magistral mais les cours faits par atelier ....
    5
    anniV
    Mercredi 27 Août 2014 à 13:09
    Tes commentaires me rassurent sur le choix de ne pas utiliser les pdt bien qu' ils paraissent super géniaux sur les ssites.
    Pour gérer les différences de niveau et surtout de vitesse de travail entre les 28 ou 29 élèves je donne une liste de tâches à effectuer dans un ordre imposé. Les 3 premières sont à faire dans la journée avec une correction qui suit. Les suivantes que ne font que les plus rapides sont en correction individuelle ou même en autocorrection
    Tous peuvent avancer à leur rythme et personne ne reste sans rien faire et ils sont très fiers quand ils réussissent à faire la liste complète. Mais en fait les évaluations correspondent aux tâches à1 à 3. Les autres sont des renforcemdents utiles mais non indispensables pour" finir le programme".
    J alterne les moments collectifs et ces moments individuels.
    6
    Mercredi 27 Août 2014 à 13:32
    Orphée

    En fait je crois qu'il y a surtout beaucoup de mésentente sur le terme "plan de travail". Ce que j'ai l'habitude de voir sur beaucoup de blogs, ce ne sont pas des plans de travail mais plutôt des plans d'autonomie. A savoir : "une fois que tout le travail en classe entière a été fait, comment puis-je occuper mon temps ? -->  en réinvestissant des disciplines déjà travaillées".


    Le plan de travail, expliqué en PMEV est bien différent, et bien plus intéressant, mais comme tu le dis : il nécessite beaucoup de conditions pour être réellement efficace.


    Attention donc à ne pas confondre Plan de travail et Plan d'autonomie !

    7
    chemindescols
    Mercredi 27 Août 2014 à 13:51

    J'ai essayé des plans de travail pendant un certain temps (en maths cycle 3, en classe unique pour maths et français), cela me semblait idéal pour une extrême hétérogénéité, mais je ne le referai plus cette année. J'ai constaté surtout deux des problèmes que tu cites: la plupart des élèves n'avancent pas vite du tout du tout, il y a beaucoup de flou par rapport à la charge de travail à faire en une séance (même si j'insiste qu'il faut faire une fiche de maths, PEMF, pas très longue souvent, ils vont plutôt glaner). Et c'est difficile à savoir qui fait quoi, de regrouper des difficultés pour revenir dessus en classe. 

    Cette année j'aurai juste un cycle 3,  et j'ai prévu un fonctionnement en atelier pour calcul et numération, et un travail "collectif" (petite classe) mais avec différenciation de la complexité pour les problèmes, géométrie, mesures. 

     

    (merci pour tout ce que tu mets, j'ai hâte de leur  faire enfin rentrer les tables à ta manière !)

    8
    melmanie
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:03

    Je profite de ce message pour te remercier de toujours me proposer des nouveaux questionnements, de nouvelles idées et façons de travailler...

    Cet article m'intéresse beaucoup... Depuis qqs années en CM, j'avais envie de tenter le plan de travail mais ai toujours été trop frileuse pour  le mettre en place : comme toi, l'idée de laisser seuls trop longtemps ceux qui se débrouillent bien comme ceux qui ont tendance à se laisser un peu trop vivre me posait pb.

    J'avais donc opté pour un créneau par semaine de "plan de travail" (je ne pense pas que l'appellation soit adaptée) : 1h durant laquelle les élèves revenaient sur des notions qu'ils devaient consolider (chaque élève se voyait attribuer au départ 2 compétences à travailler: une qu'il choisissait lui, selon son besoin ou ses envies, une que je choisissais moi selon son travail de la quinzaine précédente, et après ces 2 "obligatoires" c'était à l'élève de choisir selon sa rapidité les compétences qu'il travaillait ensuite), pdt que je m'occupait en individuel ou petit groupe de revenir sur des notions qui avaient vraiment posé pb. Cette solution me satisfait assez, même si c'est un peu lourd à mettre en place au début de l'année (la classe multi-niveau facilite un peu le truc : chaque année la moitié des élèves connaissent le principe).

    Je ne sais pas encore si je vais garder ma classe, mais je pense comme toi pas être encore assez mûre pour m'approprier un vrai PDT. Peut-être qu'il faut que je me renseigne davantage ?

     

    Bonne rentrée!

     

    9
    Koquelico
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:08

    Ta réflexion me parle. J'aime aussi pouvoir corriger après que les élèves aient fait les exercices pour pouvoir rebondir, je trouve que c'est important. J'ai laisse mes CM 2 travaillaient tout seuls l'année dernière ( 3 niveaux, pas d'autonomie du tout chez les CM1 / CM2 ) et j'ai eu l’impression de les abandonner, et je n'ai pas aimé ça du tout. Je m'interroge sur un dispositif qui ne laisse de côté personne, qui s'adapte à un triple niveau et qui prend en compte les difficultés des élèves également. Pas facile... 

    10
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:09

    Mel, on va peut être mûrir toutes les deux en lisant les coms ici ;) !

    Merci pour tous vos coms très riches et instructifs.

    11
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:16

    Réflexion plus que pertinente !


    Dans ma classe de RRS, je n'ai jamais pu installer de plans de travail efficaces car la nature des difficultés des élèves est si variée que j'ai l'impression d'écrire à moi toute seule un manuel différent pour chaque élève et pour chaque matière ! C'est comme si j'écrivais un bouquin de math ou de français différent pour chaque élève ! A la fin, ce que je proposais ressemblait plus à ce dont parle Orphée, des plans d'autonomie : les élèves sont plus ou moins occupés. Dans le meilleur des cas, ils font des exercices de systématisation mais jamais de réels apprentissages ! 


    J'apprécie les moments en demi-classe ou en classe entière. Cela permet de faire émerger les représentations des uns et des autres et de les faire évoluer. J'adore quand mes élèves se trompent ! On discute, on réfléchit ensemble, on explique, on argumente... Des vrais moments de partage et d'apprentissage !


    http://capuchon.eklablog.com

    12
    mayloloum
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:21

    Bonjour Charivari !

     

    Comme toujours, ta publication est une mine ! Je sors d'un an en CM2 (1/2 temps) et CM1 (1/4 temps) et ... ce sont exactement les réflexions que je me suis faites, en particulier avec l'IEN quand il est venu inspecter mes ateliers balbutiants ... 

    Malheureusement, à la rentrée, je me retrouve à compléter des ollègues sur PS et CP ... qui ont des façons assez traditionnelles de travailler, donc je ne crois que je pourrai retenter  ce genre de choses ...

    En tout cas, merci encore pour tous tes post : c'es top !!

    Bonne rentrée à toi et à vous tous, lecteurs/lectrices de Charivari !

    13
    etplouf
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:25

    oui, je rejoins tout à fait Orphée ! Pour avoir pratiqué la PMEV pendant 4 ans en CE2 CM1 avec bonheur, je n'y ai trouvé que des avantages. Les "inconvénients" évoqués ne me sont donc pas apparus comme tels...mais effectivement il faut alors avoir pensé son plan et son fonctionnement comme décrit en PMEV (notamment les temps de bilans et la correction immédiate) et l'assaisonner de sa petite magie personnelle. De  mon côté, pour casser le ronron des plans sur 2 semaines, nous faisions des semaines "folles" avant chaque vacances (la démarche était plus frontale, nous faisions des révisions/remédiations/validations, un thème littéraire donnait le ton), les plus lents avaient le droit à un bonus (1 ou 2 exs leur étaient photocopiés), ... en bref, cette façon de faire, moi, m'a correspondu et ainsi, j'ai pu accompagner mes élèves...que du très personnel en définitive. 

    Cette année, je change de cycle : vive l'aventure !

    A chacun d'"animer" sa classe selon ses qualités propres !money

    14
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:35

    Je suis d'accord avec la remarque d'Orphée. Mon plan est à la fois un plan de travail et un plan d'autonomie :

    1) Un plan de travail pour des activités non faites en collectif et que les enfants peuvent faire seuls (exercices de lecture, géométrie, écriture...)

    2) Un plan d'autonomie pour les occuper... et avec des activités identiques aux temps collectifs et d'autres différentes.

    Je suis d'accord avec toi quand tu dis que la correction collective est importante, c'est pourquoi mon organisation pédagogique n'est pas entièrement en PDT. J'aime bien qu'on fasse des travaux tous ensemble.

    Utiliser un plan de travail permet d'avoir l'esprit tranquille, sans avoir à se demander "qu'est-ce que je vais leur donner à faire en attendant ?" Je ne sais pas comment je pourrais gérer des doubles voire triples niveaux sans lui.

    Mon PDT est un mélange de la PEMV et de la pédagogie Freinet. Celle-ci ne demande pas de prévoir un nombre d'exercices minimum, puisque les enfants avancent sur des fiches à leur rythme... certains feront 3 fiches de lecture, d'autres 6... peu importe. Le tout, c'est qu'à chaque nouveau plan, l'enfant se lance comme défi d'en faire un peu plus que la dernière fois. Pour les motiver, une petite récompense de type privilège est accordé à ceux qui y arrivent. En 20 ans d'utilisation de PDT, j'ai eu très peu d'enfants non motivés par mes PDT et qui "se la coulait douce"... Je ne profite absolument pas de ce temps pour m'occuper des plus faibles... Ce sont des temps où je suis disponible pour tout le monde.

    Voilà pour moi. Bises ! :)

    PS : moi j'dis que tu devrais quand même essayer... lol

    15
    Sonia
    Mercredi 27 Août 2014 à 14:47
    Pour ma part, je propose 3 exercices pour chaque notion:
    1: très facile en deçà du niveau attendu
    2: facile , niveau minimum attendu
    3: plus difficile, niveau supérieur
    Généralement, très rapidement, mon niveau 1
    "disparaît" et du coup mon niveau 3 devient très difficile.
    Chaque enfant choisit l'exercice qu'il veut faire .
    Pour la correction, je fais une correction collective sur quelques phrases de chaque exercice.
    En outre, chaque semaine je fais une session de rattrapage . J'inscris les contrôles de rattrapage que je propose sur une affiche, les enfants s'inscrivent .
    Je note sans proposer de correction, ainsi je propose toujours le même contrôle pour évaluer la même notion. L'enfant peut refaire le contrôle jusqu'à ce qu'il soit satisfait .
    Ce système de rattrapage est sur la base du volontariat.

    Merci pour tout ce partage et ce beau travail !
    Bonne rentrée
    16
    lamarmote
    Mercredi 27 Août 2014 à 15:26

    Quand tu fonctionnes avec  un plan de travail tu prévois un temps quotidien de bilan (en collectif) où les notions qui posent problème sont expliquées par un ou deux élèves au reste de la classe;


    Les élèves rapides peuvent aussi aider les autres pendant le temps du plan (ils sont valorisés et bénéficient d'un regard positif qui permet de compenser le temps réduit que leur donne le maitre).


    Tu repères vite les élèves plus lents ou plus tire aux flancs et donc tu les visites plus souvent pour les relancer et les encourager.


    Si tu utilises le tétr'aide tu visualises mieux où être et donc tu es plus efficace.*


    Bref, j'ai passé plusieurs années à mettre en place ce type de fonctionnement jusqu'au jour où j'ai découvert la PMEV ! pour moi ça été la révélation et un vrai bonheur pour mes années de CE2 et de cours double. Mais je comprends tes arguments.


    MERCI pour ton partage. Je suis une fan!


     

    17
    loubinette
    Mercredi 27 Août 2014 à 15:33

    J'ai moi aussi essayé les pdt l'an dernier en CM1/CM2, et je dois reconnaitre que je ne vais pas réitérer cette année. Je vous donne quelques impressions que j'ai ressenties, même si ce sont que les miennes:

    Tout d'abord mais c'est important, la correction me sortait par les trous de nez: il faut dire que je faisais le système points vert/bleu/orange qui implique que  si l'élève n'a pas fait tout juste d'un coup, il a point bleu (ou orange) et ça signifie que je devais repasser dessus pour vérifier que ces erreurs ont bien été corrigées...n'empêche que c'est la première fois que j'ai pris aussi peu de plaisir à corriger (j'avais 28 élèves).

    Du coup, je n'étais pas tant que ça disponible pour aider ceux en difficultés car ma première préoccupation était de corriger pendant qu'ils faisaient leur pdt.

    J'ai par contre apprécié les temps de bilan où certains élèves expliquent à d'autres ce qu'ils n'ont pas réussi, parce que comme l'enseignant n'intervient pas, ils sont obligés d'écouter et de comprendre (parce qu'après on leur donne quelques exemples qu'ils doivent faire juste après au tableau), et pour ceux qui expliquent, c'était bien aussi parce qu'ils se sont rendus compte qu'ils doivent mettre des mots justes pour expliquer, et parfois certains m'épataient dans leur explication...

    J'ai eu au cours de l'année l'impression de moins être proche des élèves, en particulier des bons élèves, parce que comme ils roulent, finalement, on n'a moins d'échanges avec eux et ça m'a manqué!

    Au final, j'avais une bonne classe (c'est d'ailleurs pour ça que j'ai osé me lancer!), et j'ai été déçue au final, de me rendre compte qu'ils n'étaient pas meilleurs, en fin d'année que mes précédents élèves sans pdt...peut-être plus autonomes, et encore, mais pas meilleurs.

    Toutefois, je n'ai pas regretté de l'avoir réalisé, ça faisait longtemps que je voulais essayer parce que je n'en entendais que du bien. J'ai sans cesse essayé de l'améliorer,  pour tenir compte des plus lents, des plus en difficulté, des très forts...

    voilà, c'était ma petite contribution.

    Loubinette.

    18
    Mercredi 27 Août 2014 à 15:36

    cette correction collective, toute proche du moment où les élèves ont travaillé,  me semble nécessaire —> faire la correction avec un petit temps entre deux n'est pas inutile non plus, ça laisse le temps que ça murisse, d'une réflexion après-coup.

     

    Pour les PdT, j'ai été intéressé un moment, mais j'avais envisagé beaucoup des points négatifs dont tu parles, notamment le fait de se la couler douce et que les bons soient plus laissés à eux-mêmes.

    Mais on peut aussi envisager la forme du plan de travail comme un moyen de différencier: j'utilise quelque chose qui s'en approche en exercices, notamment en maths, un peu moins en français. Chacun a son corpus d'exercices, d'activités … Ca ne me prend pas beaucoup plus de temps au final: j'identifie les compétences/notions ou je cerne les difficultés, crée ou trouve pour chacune des exercices, et attribue à chaque élèves les exercices qui lui correspondent. 

    19
    vinni
    Mercredi 27 Août 2014 à 16:09

    Meci pour ce nouveau billet très intéressant ! Comme toi je pense que d'avoir déjà ces points à l'esprit permet d'éviter certains écueils du PdT. 

    Par contre il me semble qu'un simple détail viendrait remédier à beaucoup des points négatifs soulevés : la gestion du temps de PdT par semaine. Car si on y accorde un temps raisonnable, on peut dégager des périodes plus "traditionnelles" avec travail en classe entière, mises en commun, etc. 

    De plus, la correction du PdT, s'il est construit avec des tâches prioritaires et secondaires (les prioritaires étant en réalité le noyau de base de compétences/savoirs à atteindre), on peut tout à fait organiser des corrections collectives non pas immédiates, mais en cours de PdT, lorsque tout le monde est passé par la tâche voulue.

    20
    missfred974
    Mercredi 27 Août 2014 à 16:40

    Je trouve justement que la correction collective n'apporte rien, entre ceux qui ont tout compris et qui n'écoutent rien vu que cela leur parait répétitif, et ceux qui n'ont rien compris et qu'un système collectif n'aidera pas plus, à mon goût elle est plus une perte de temps qu'autre chose.

    De même, la différence de niveaux, de vitesse, de compréhension, d'écriture, pose très rapidement de lourds écueils dans la dynamique de la classe. J'en avais plus que marre de devoir toujours nourrir les rapides, attendre les lents, bosser en double niveau en CE2 simple pour pallier à tout cela.

    Donc le mieux que j'aie trouvé, c'est de travailler en PDT (les "vrais", issus de la PMEV), dans lesquels les élèves choisissent l'ordre de leurs exercices, s'appuient sur les outils qu'ils possèdent pour comprendre, vont à leur rythme et à selon leur niveau avec les 3 paliers de difficultés des exos, et participent au bilan collectif, qui est beaucoup plus vivant et riche qu'une simple correction collective, à mon avis du moins.

    Après ce n'est pas une recette miracle, ça accroche bien avec la majorité mais pas la totalité, pour les réfractaires je les sors du PDT et les prends en mini-groupes et en les guidant sur les exos à faire.

    Je garde en revanche hors PDT tous mes ateliers de littérature et productions d'écrit, ainsi que les matières d'éveil, pour justement garder un lien avec le groupe classe, car il est vrai qu'en PDT version PMEV la maitresse s'efface beaucoup!

    21
    Noélisa
    Mercredi 27 Août 2014 à 17:13

    Merci beaucoup pour cette analyse très intéressante, qui donne lieu à des commentaires non moins intéressants.

    Je pense me lancer cette année avec le plan de travail. Je cogite pour lui trouver un nom plus approprié...

    J'aurai des CE1-CE2. C'est un groupe difficile, très hétérogène et avec des problèmes de comportement. Mon objectif, en plus des avantages cités ci-dessus, est de permettre à chacun de savoir ce qu'il a à faire quand son travail initial est fini, et d'éviter les moments de "flottement" qui sont source de conflit dans ce groupe.

    Je pense utiliser un PDT hebdomadaire un peu à la façon de lutinbazar. A priori, les inconvénients que tu cites me semblent remédiables, mais effectivement, il faut bien les garder en tête! Je compte en particulier mettre en place des moments de bilan/ correction /aide. En te lisant, je me dis que c'est indispensable!

     J'ai aussi réfléchi à quelques idées pour "motiver les troupes" et faire en sorte que ceux qui se la coulent douce aient envie de se bouger.

    J'espère ne pas "déchanter" comme certains, ou ne pas me faire submerger par les corrections... on verra. En tout cas, merci encore et longue vie à ce blog qui m'a fait beaucoup avancer!

    22
    Mercredi 27 Août 2014 à 17:38

    Je n'ai pas lu les derniers commentaires mais je rejoins le commentaire d'Orphée.

    Je pratique la pédagogie Freinet/institutionnelle depuis quelques années déjà et mon plan de travail n'est pas un plan d'autonomie.

    En effet, le plan de travail prend sa source dans la PF/PI et a été comme beaucoup d'autres institutions modifié sans que l'on s'en serve dans l'esprit initial. Il s'agit dans un premier temps d'un outil qui permet la différenciation du travail. Ainsi dans ma classe chaque élève travaille en orthographe, par exemple, sur des fiches différenciées (dans son plan de travail/moment de travail individuel). La correction collective ne sert à rien puisque chaque enfant peut éventuellement avoir un exercice différent de celui du voisin. Par contre les élèves s'aident les uns les autres pour avancer, le maitre aide ceux qui en ont besoin et les élèves peuvent s'inscrire lorsqu'ils n'ont pas la réponse à leur problème. Dans ce dernier cas nous pouvons tous y réfléchir pour aider l'élève en question. En mathématiques, la problématique est la même puisque les enfants avancent, pour les ceintures d'opération, par exemple, chacun à son rythme.

    La place des élèves est pour tous la même. Ainsi tous avancent à leur rythme sur leurs difficultés. Le bon élève va ainsi avoir besoin de la présence du maitre pour surmonter la difficulté qu'il rencontre à son niveau...

    Un peu le littérature : http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/14228

     

    23
    Mayleb
    Mercredi 27 Août 2014 à 17:59

    C'est vrai que les plans de travail sont plutôt des plans d'autonomie. Gros inconvénients: le temps à passer en correction, surtout quand on a mis en place un système de retour sur erreur et l'impression de ne pas être en contact avec les élèves autonomes. Avantage avec un double niveau: ne plus passer la moitié du temps normalement prévu pour l'autre niveau à expliquer ce qu'il faut faire au niveau qui était censé être en autonomie. De plus les élèves ont perdu ce réflexe: temps de correction annoncé, soit je dégaine le stylo vert pour recopier même si je n'ai pas compris ; soit je rêve jusqu'à ce que la maîtresse annonce qu'on doit prendre la correction. Cela permet aussi de faire tourner le matériel type logico, ordinateur, cartachari puisqu'on n'en a pas pour tous en même temps.

    A quelques jours de la rentrée je n'ai toujours pas trouvé d'organisation qui permette de conserver les avantages en éliminant les inconvénients ! Je vais bientôt paniquer.

    Y a-t-il un site qui explique de façon simple la PEMV ?

    24
    ève
    Mercredi 27 Août 2014 à 19:12

    Même opinion que toi Charivari après plusieurs années de plan de travail.

    Au final, je trouve que prévoir par séance des travaux différents, permet de différencier au plus juste et limite les dégâts pour ceux qui essaient toujours d'en faire le moins possible.

    Je préfère, cette année, faire mener des recherches avec l'histoire, la géo etc avec au final un exposé.

    Je trouve aussi que certains, les plus faibles surtout profitent beaucoup d'une correction collective quitte à ce que certains élèves plus avancés fassent un autre travail. Correction collective menée avec de méthode etc (préférable que tous participent ici).

    25
    gnegnette
    Mercredi 27 Août 2014 à 22:10

    J'ai des PS/GS depuis quelques années et un plan de travail est devenu rapidement indispensable pour arriver à travailler sereinement avec les petits car les grands venaient toujours me déranger pour une explication ou parce qu'ils avaient fini.

    Je leur propose un plan de travail pour la semaine qui contient du graphisme, de la numération (3 niveaux au choix de l'élève comme Sonia), de la phonologie et de la lecture. Ce sont des exercices d'application des activités de découverte faites la semaine précédent en petit ou grand groupe. Il contient également des activités  de révision que je ne corrige pas: lecture ou maths sur l'ordi, logico, cartacharis, tangram...

    Les exercices sur fiche sont obligatoires (un par jour au minimum) et le reste en fonction du temps.

    Je donne les consigne le lundi et je refuse de répondre aux questions dès la fin du regroupement(mais les copains peuvent répondre!). Il y a un temps de bilan tous les jours où chacun peut poser des questions ou expliquer aux autres. je garde 10 minutes avant la fin de la séance (les petits jouent) pour regarder le travail de chacun. Je corrige à ce moment là en partie en expliquant à chaque enfant en particulier (si beaucoup ont le même problème je garde l'explication pour le bilan). Je garde un petit moment à la récré (ou en tout début d'aprem pendant que les autres font autre chose) ceux qui n'ont pas assez travaillé. et je note ceux qui ont eu des difficultés pour les inciter à participer au bilan ou pour les aider le lendemain.

     

    Ceci n'est que mon expérience mais du coup en relisant les inconvénients que tu pointes, je remarque qu'ils n'en sont pas pour moi: les activités non corrigées régulent la rapidité de certains, rien n’empêche d'imposer un ou plusieurs exercices prioritaires qui peuvent être corrigés collectivement, et pour les paresseux on peut imposer un minimum d'exercices par jour.

    Je n'essaie pas de te convaincre mais je dis juste que ces difficultés peuvent être contournées si on le veut...

    26
    Mercredi 27 Août 2014 à 22:19

    L'absence de correction collective me posait problème aussi car elle participe à la mémorisation mais je souhaite qu'ils gagnent en autonomie. J'ai décidé de faire un plan uniquement sur la matinée avec une correction vers 11h. Pour les séances de réinvestissements plus les jeux, je prévois un plan sur deux matinées uniquement avec une phase collective encore toute proche du moment d'exercice.

    Sur deux jours, j'ai le temps de  jeter un œil sur le travail des élèves dans la bannette et de reprendre la notion en petit groupe pour ceux qui en ont besoin.Les autres devront corriger  avec la fiche corrective.

    27
    Paskal_ine
    Jeudi 28 Août 2014 à 09:24

    Mon petit retour sur le plan de travail .. Je suis en maternelle .

    Donc, j'ai fait "ma sauce". Sur chaque activité de graphisme, lecture, mathématiques, je propose en début de semaine l'ensemble des activités à réaliser et chacun décide ce qu'il va faire le lundi en graphisme , en lecture, en maths. Le contrat est que l'ensemble des activités soit fait pour la fin de semaine.

    C'est assez intéressant de voir le schéma de raisonnement de chaque élève. Celui qui prendra en début de semaine un max d'activités en manip pure ou ceux qui préfère dès le lundi prendre "le cahier d'écriture" (pour que cela ne soit plus qu'un lointain souvenir).

    Ce qui est lourd je trouve c'est la gestion matériel ... la multiplication d'activités possible et surtout parfois la gestion d'un "petit groupe d'activité" trop nombreux.

    Ce que j'aime particulièrement c'est que l'activité ne reste pas figée et que je laisse le choix de refaire l'activité si selon l'enfant elle n'a pas été concluante.

    Mais bon la maternelle est un autre monde ...

     

    Sinon j't'vois lundi ou pas ?

     

    Bises

    28
    Jeudi 28 Août 2014 à 09:37

    Oui je serai là lundi. Tu me gardes une chaise à côté de toi ?

    29
    Paskal_ine
    Jeudi 28 Août 2014 à 09:42

    yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!!!!!!!

    Point de blème !

     

    30
    Marlène
    Jeudi 28 Août 2014 à 10:45

    J'ai testé aussi les pdt et je n'ai pas réussi à m'y faire : j'avais l'impression d'abandonner certains élèves qui ne demandent pas forcément de l'aide et puis je croulais sous les corrections en fin de journée, j'ai dit stop !  Depuis je cherche désespérément un compromis qui permettrai d'être au plus proche des élèves et du rythme de chacun mais...???


    Je ne commente pas souvent alors j'en profite pour te remercier, ton blog est une mine pour moi.

    31
    sandrineC
    Jeudi 28 Août 2014 à 13:19

    L'enseignante de mon fils et ma collègue par la même occasion pratique les plans de travail. Elle les pioche sur internet et les ressert aux élèves sans les modifier et les adapter aux notions qu'elle voit. Cela n'a donc aucun sens et les élèves n'en tirent bien évidemment aucun profit. Mais c'est ainsi...

    32
    antg
    Vendredi 29 Août 2014 à 19:59

    Le commentaire de Ganelor est très intéressant et très important.

    Le Plan de travail n'est pas un plan d'autonomie ou un contrat de travail.

    C'est un outil servant la différenciation, qui permet une véritable personnalisation des apprentissages : "Je travaille à mon rythme, selon mes besoins et mes envies." D'où le fait de ne pas tout programmer et de laisser l'occasion à l'enfant de faire ses projets personnels (peinture, exposés, textes libres, spectacle, cuisine etc...).

    En travaillant en PDT, je me suis mis en retrait. J'ai pu alors observer mes élèves différemment. Les rapides se débrouillent sans moi (ou commencent sans moi), les autres peuvent bénéficier de l'aide d'un pair et de mon aide.

    Travailler en PDT nécessite un fonctionnement coopératif avec de nombreuses régulations (sur le bruit, le nombres d'exos, la présentation des projets, demande d'aide etc...). Cela  demande du temps, mais c'est un outil très intéressant qui peut changer notre manière d'enseigner.

     

    Bonne rentrée à tous-tes !

    33
    Diane
    Samedi 30 Août 2014 à 17:56
    Merci Chari de lancer ce genre de réflexion et d'échange, cette discussion est très riche !

    Je considère le PdT comme un outil parmi d'autre dans la classe. Je l'utilisais en CM1/CM2 de la même manière que d'autres ici : une fois par semaine, une plage horaire lui était consacrée.
    Je m'en servais bien sur pour différencier le travail demandé, mais surtout pour me permettre de prendre en charge des petits groupes. Je trouve alors la réflexion de antg importante : "laisser l'occasion à l'enfant de faire ses projets personnels". Si je devais refonctionner avec le PdT ce serait dans ce sens, pour que l'élève s'approprie la classe plutôt que de la subir.
    Bonne rentrée à vous !
    34
    espinath
    Dimanche 31 Août 2014 à 02:02

    Bonjour, voici une discussion très intéressante ; je pratique les PdT et ... j'adore , impossible de m'en passer maintenant.

    Pour moi, les PdT ne doivent pas être mis en concurrence avec d'autres moments d'enseignement, c'est simplement un plus. L'école fonctionne souvent sur un modèle qui nous vient de loin : l'enseignant explique et l'enfant écoute et réalise ce qui lui est demandé. (enfin dans le meilleur des cas ! ;) )Pourtant laisser de temps en temps l'occasion à l'élève de choisir ses activités, de gérer son temps, de prendre des initiatives apporte (selon moi) une nouvelle dimension à la classe. La même activité proposée en grand groupe ou proposée en PdT (et donc choisie par l'enfant) n'est pas du tout abordée de la même façon ; je trouve que les enfants sont plus motivés et plus concernés.

    Je ne pense pas que les élèves se sentent abandonnés lors des plages consacrées aux PdT car je me place alors à la disposition de tous ceux qui le souhaitent (même les meilleurs). Quel plaisir de prendre le temps d'aider un élève qui s'est déplacé pour venir à moi parce qu'il VEUT comprendre ! Et chacun devient le tuteur potentiel d'un autre, il y a donc bcp de coopération et de confrontations. Et qu'importe si je ne maîtrise pas tout durant ces moments car c'est leur moment de liberté (encadré).... et ils en redemandent ! La preuve l'an dernier, en conseil de coop, ils ont demandé à allonger le temps consacré aux PdT !!!

    Et pour motiver ceux qui traînent un peu la patte, rien ne vaut des petites permissions à distribuer lorsqu'ils atteignent un certain seuil d'activités correctement réalisées ; je ne pénalise jamais les PdT peu fournis ; ils arriveront plus tard que les autres à la permission !

    Les PdT ce n'est pas de l'occupationnel, c'est une autre façon de rentrer dans les apprentissages ; les activités doivent être facilement  réalisables par les élèves,  c'est du réinvestissement.  Bref, je suis convaincue par les PdT mais comme tu le dis très bien, il faut que ça corresponde à l'enseignant ; quant aux petits soucis que tu évoques, il y a sûrement des solutions trouvées par tous les collègues qui te suivent ! Vive la coopération  !

    35
    Lalie69
    Mercredi 10 Septembre 2014 à 21:17

    Bonjour!


    Merci Charivari, le débat est riche ! Je l'utilise sur une semaine, à la manière de lution bazar qui m'a convaincue et du coup pas mal de tes inconvénients n'en sont plus. Même sans PEMV le PdT est un outil de différenciation et un excellent moyen de gérer les temps morts et surtout qd on a un double niveau tout en réinvestissant les notions déjà travaillées antérieurement: je ne mets rien sur une notion nouvelle dans mes PdT. A condition d'être corrigé tous les jours on voit vite ce qui n'a pas été compris et on peut réexpliquer, c'est l'équivalent d'une correction collective avec en plus une écoute bien plus attentive de la part du groupe classe (perso je trouve que la plupart de ceux qui en ont besoin dorment pdt les corrections collectives). Il est vrai qu'il y a plus de corrections puisque je gomme ce qui n'est pas réussi et que les élèves refont. Mais je trouve ça génial car à la fin on ne voit que les réussites et du coup c'est valorisant et ça respecte le rythme d'apprentissage des élèves. Du coup personne ne se la coule douce puisque les élèves sont obligés d'affronter leurs difficultés tout en bénéficiant d'une réexplication de l'enseignant (après correction je mets de côté les plans de travail des élèves à qui il faut réexpliquer une notion ou je réexplique à tous selon les besoins). Après deux ou trois plans de travail on voit vite comment ajuster le nombre d'exercices et puis les élèves peuvent même dépasser le programme prévu pour eux. Pour ceux qui n'ont rien fait ou pas assez ils doivent finir chez eux le WE du coup ça motive !! Personnellement je trouve que c'est un outil génial !!

    36
    Mercredi 10 Septembre 2014 à 21:36

    he Très convaincant !

    37
    Dimanche 14 Septembre 2014 à 15:06

    Tout à fait d'accord sur les avantages, j'en ajouterais même quelques autres. Par contre je me permets de contre-argumenter les inconvénients (pour la beauté du débat bien sûr, car chacun fait bien ce qu'il veut, c'est ça qui est génial dans la liberté pédagogique) :

    ne pas laisser les élèves (y compris les bons) trop seuls derrière leurs cahiers,

    >>> Pour moi les bons élèves trouvent plus leur compte avec un plan de travail dans lequel ils ne s'ennuient pas. Je vais également les voir et c'est souvent pour des exercices qu'eux seuls font.

    faire des retours fréquents et collectifs sur les difficultés rencontrées,

    >>> Comme dit précédemment ce sont les temps de BILAN de la PMEV dans lesquelles chacun expose ses problèmes et apporte ses solutions.

    prévoir des plages de temps dans la journée pour assouplir le dispositif, rajouter un exercice collectif par ci par là si besoin,

    >>> Les exercices collectifs à ajouter le sont pour moi sur ardoise ou cahier de brouillon, en plus de ceux du plan c'est là que se fait la correction collective si utile dont tu parles.

    corriger les exercices faits autant que possible au fil de l'eau pour pouvoir réagir vite avec un élève ou un groupe d'élève qui n'a visiblement pas compris.

    >>> Tout à fait d'accord pour moi c'est corrections tous les midis et je note sur un cahier quel élève aller voir pour quel exercice en début d'après-midi (je peux aussi les regrouper en petit groupe).

    être toujours exigeant sur le soin, l'écriture, la "forme",

    >>> Pour moi c'est la notation "P" lorsque le travail est propre. Je peux également barrer l'exercice s'ils ne l'est pas et l'élève pourra facilement le refaire puisque la classe ne sera pas passé à un autre exercice (dans un fonctionnement classique).

    être toujours exigeant sur la quantité de travail produite par chacun, tous les jours, sans attendre l'évaluation du plan à la fin,

    >>> Pour moi c'est l'imaginaire de la souris et du chemin qui permet de voir au jour le jour si on est en retard. Je fais parfois des plages de dessin, lecture libre etc sauf pour ceux qui sont en retard que je vais booster. Pour les bons élèves qui pourraient mieux faire je peux leur faire un objectif plus ambitieux que le niveau 1 (je réfléchis d'ailleurs à organiser plus clairement le système). Pour des CM2 je te conseille plutôt cet outil graphique moi c'était trop galère avec des CE1-CE2.

    adapter la durée du PdT à l'âge des élèves (sur 1j à une semaine pour des CE à pas plus de 2 semaines pour des CM, à mon avis) .

    >>> Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas adapter la durée ? Une journée ça me paraît un peu court quand même mais pourquoi pas. Une semaine, deux semaines sans problème à conditions de ne donner que de mini exercices qu'on retrouvera dans le plan suivant (progression spiralaire).

     

    L'intérêt doit te sembler moins évident avec un niveau simple (CM2 si j'ai bien compris). Moi j'ai commencé avec un triple niveau et le plan de travail m'a clairement libéré !! Ceci dit maintenant que j'y suis je garde en double et je sais que je garderais le fonctionnement en simple. Ce doit être encore mieux car pendant les temps de travail individuel on peut passer voir les élèves en difficulté au lieu de faire les temps collectifs avec l'autre niveau.

    38
    Lamarmote
    Lundi 15 Août à 18:29

    Bonjour, je viens de relire les commentaires et je me demande si tu as un peu changé d'avis sur les PDT?

      • Lundi 15 Août à 18:36

        Non, pas du tout (au contraire wink2 ), pourquoi ?

        Je préfère de très loin mon fonctionnement en ateliers différenciés pour les ceintures, et en groupe classe pour le reste.

        Ceci dit, si on aménage vraiment sa classe pour contourner les écueils de fin d'article, pourquoi pas ?

    39
    figus
    Mardi 16 Août à 07:59

    Bonjour,

    Tout d'abord merci pour ton site. Tes réflexions sont toujours très intéressantes, même si je ne suis pas toujours d'accord :)

    Je travaille personnellement en plan de travail.

    J'ai lu tes arguments avec attention et je peux les comprendre sauf celui de la correction collective. Pour moi, les corrections collectives sont du temps perdu  : les seuls à être attentifs sont les bons élèves et eux ont déjà bon ! Les mauvais ont un "coup de stress" au moment de la correction collective surtout si ils sont assis à côté de quelqu'un qui a réussi. Ils relâchent très vite leur attention (alors que en PDT comme ils sont en individuel avec l'enseignant, ils n'ont pas le sentiment au moins d'être comparés à leurs camarades puisque les autres ne font pas nécessairement la même chose au même moment).
    Les enfants qui ont des problèmes d'attention sont perdus et les DYS ne sont pas capables de suivre une correction collective.
    Le pire ce sont les enfants angoissés qui ont besoin à chaque phrase/mot corrigé, ont besoin de la confirmation de l'enseignante.

    En PDT, les exercices sont corrigés au fur et à mesure. Les enfants reçoivent leur correction le lendemain du jour où ils ont fait l'exercice, ce qui me semble suffisant.
    Dans mon organisation, quand l'enfant reçoit sa correction soit :
    - son travail est satisfaisant et il passe un bilan (en vue d'être évalué)
    - il a des observations où un petit pense-bête "Venir voir la maîtresse pour des explications complémentaires".

     

    Je comprends parfaitement les réticences des collègues à passer en PDT et la première année, il est clair de cela demande des ajustements !

     

      • Mardi 16 Août à 10:24

        Je crois que tous le dispositifs de classe peuvent être tops... ou bof... selon comment ils sont appliqués. Il se trouve que je n'arrive pas à m'approprier assez le concept pour basculer du côté top de la Force  ^^

    40
    Tuituit
    Mercredi 17 Août à 22:16

    Bonjour, 

    d'abord je tiens à te féliciter et surtout à te remercier de partager ainsi tant de travail, d'outils, de réflexions qui aident grandement à avancer et à interroger sa pratique auprès de nos élèves. J'ai découvert sur ton site (j'avoue ne pas en avoir entendu parler avant, étant plutôt jeune dans le métier...) le principe des ceintures et j'ai trouvé l'idée tellement géniale (pour toutes les bonnes raisons décrites et bien d'autres encore!) que je vais la mettre en oeuvre dans ma classe de CM1-CM2 dès cette année.

    C'est d'ailleurs en lien avec cela que je souhaiterais te faire part de mon point de vue sur les plans de travail. Je comprends tes arguments défavorables, mais pour ma part je me suis spontanément dit, au contraire, que cela serait un outil intéressant au service de la progression par le système des ceintures, je m'explique (enfin j'essaye, je suis pas toujours très clair!): je pensais mettre en place un plan de travail qui permettrait à chaque élève, en fonction de ses différentes ceintures, de s'organiser dans son travail de préparation du passage des ceintures suivantes. bon ok je suis pas plus clair comme ça..

    dans un coin autonomie, je mettrais plusieurs activités d'entrainement, notamment celles dont tu as pu parler et que tu as présentées (fiches d'exercices, échelles types multi vitesse, dés multiplicateurs etc..). sur le plan de travail est fixée une date, et des objectifs de ceintures, et en face, des listes d'exercices ou activités d'entrainement et par exemple, des contrats style (pour passer ta prochaine ceinture en calcul mental, tu dois d'abord avoir fais 4 échelles mutli vitesse et avoir atteint au moins 3 fois le niveau x ; tu dois avoir rempli au moins une grille de multipliYam etc). 

    ça permettrait du coup (du moins je l'espère) une préparation moins anarchique, plus guidée et structurée, des passages des différentes ceintures, sans pour autant sacrifier aux nécessaires temps de travail collectifs dans toutes leurs dimensions (découverte, entrainement, correction , échange, etc). 

    enfin voilà, je ne voulais pas écrire un roman, c'est raté ;-) Juste pour te dire : merci pour tout, et : le plan de travail comme outil au service de ta démarche d'évaluation et de construction de l'autonomie des élèves, ça mérite réflexion...? :-)

      • Tuituit
        Mercredi 17 Août à 22:24

        ha oui, j'oubliais comme précision, concernant la gestion du temps à y consacrer, je suis personnellement beaucoup plus favorable à de courts moments quotidiens (10, 15 minutes, lorsqu'un travail est terminé et cela arrive forcément aux uns et aux autres de finir quelque chose en avance sur une semaine...), et rarement plus long, toujours pour une activité précise qui tient difficilement en 10 minutes. mais je ne conçois pas de laisser un ou des élèves en autonomie avec leur plan de travail pendant une demi-journée ou même 2h par jours...!

    41
    Laurangebleue
    Lundi 22 Août à 17:53

    A l'exception de ma première année, j'ai toujours utilisé les PDT en cycle 3, à raison de 1 à 2 tranches de 30 min par jour, pas plus, sur une durée de 2 semaines.

    Mes PDT comprenaient des exercices d'entraînement et de révision en maths et français, selon les niveaux et difficultés repérés chez mes élèves + différentes activités ( rallye ou fiches de lecture, copie et illustration d'une poésie au choix, un défi [selon les périodes, des défis maths, orthographe, sciences, histoire... ], un travail sur ordi [très utile quand on n'a qu'un ordi en fond de classe]).

    Les exercices étant différenciés, pas de correction collective mais reprise si nécessaire avec les élèves s'étant montrés en difficulté.

    Mes PDT roulaient sur 2 semaines avec mini-bilan pour 10 élèves chaque jour pour vérifier l'avancée. Je corrigeais quasiment tout chaque jour avec le système des points vert / orange / rouge, les enfants devant se corriger si le point n'est pas vert. Cette correction est nécessaire pour ne pas laisser couler certains élèves.

    L'année la plus difficile pour moi a été celle où je n'avais quasiment pas d'outils à disposition car je venais d'arriver dans l'école, il n'y avait pas de manuels ni de fichiers et il a fallu créer tous les supports moi-même donc dans ces conditions vraiment trop de boulot.

    J'avais mis en place un tableau d'échange des savoirs : face aux exercices, les enfants s'inscrivaient pour proposer / demander de l'aide.

    J'ai toujours conservé une manière "traditionnelle" d'enseigner le reste de la journée, pour la découverte de nouvelles notions en français et maths, l'enseignement de l'histoire etc... Cela crée d'après moi une plus forte cohésion de la classe; le PDT était réservé aux entraînements ou à des travaux très individuels (comme la copie).

    Les points positifs pour moi de cette organisation : DIFFERENCIATION, possibilité d'utiliser des manuels et outils variés, entr'aide entre les élèves, responsabilisation et motivation (j'ai travaillé dans des milieux difficiles, mais presque tous mes élèves essayaient de répondre à leurs objectifs; il y avait en bas du PDT une barre façon graphique pour qu'ils colorient leur avancée et surtout il faut se montrer présente avec ceux qui sont moins motivés, je leur ai même parfois adjoint un élève tuteur); cela ne gênait en rien mon organisation habituelle pour la lecture ou les autres domaines.

    Les points négatifs : clairement, LA CORRECTION! Et la disponibilité ou pas d'outils et supports. En 6 années d'utilisation, j'ai dû avoir 3 ou 4 élèves que j'ai eu du mal (je veux dire, vraiment du mal) à gérer avec ce système mais j'avais du mal à les mettre au travail en général (même quand tout le monde devait faire l'exo au même moment, du genre on met 10 mn à écrire la date, la matière, la consigne, à souligner...).

    Si je devais de nouveau des CE CM, je pense que j'essaierais de mixer PDT et ceintures de compétences!

    Merci encore Chari pour cet espace de partage et de réflexion!

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