• Pour que les élèves mémorisent

    20 résolutions, prises dans cet été 2013, pour que mes élèves se souviennent mieux de ce que nous apprenons :

    1. J'arrête de me trouver des excuses
    2. Je suis les IO, je ne cherche plus à leur en faire retenir + (même si c'est dans le manuel)
    3. Je dis de manière explicite aux élèves ce qui doit être retenu
    4. Je me fixe des objectifs chiffrés...
    5. ... et j'évalue les fondamentaux, en fin d'année pour voir si mes objectifs sont atteints
    6. Je fais des traces écrites vraiment courtes.
    7. J'étale l'apprentissage des notions fondamentales sur plusieurs mois, voire sur l'année.
    8. J'exploite encore mieux les rituels
    9. Je choisis des supports de leçons faciles à consulter et à feuilleter
    10. J'innove avec les traces écrites "interactives"
    11. Je fais apprendre les leçons en classe
    12. Je donne les moyens aux élèves d'être autonomes pour revoir à la maison
    13. Pour les "auditifs" : les rimes, les comptines, le rap
    14. Les gestes, les danses, pour les kinesthésiques
    15. Pour les visuels, les schémas, les affichages et des traces écrites soignées
    16. L'affectif... Surprendre les élèves, les toucher.
    17. Je ne fais plus "archiver" les vieilles leçons
    18. Je vérifie que les leçons sont apprises et je rends comptes aux parents
    19. Je donne souvent les vieilles leçons à revoir
    20. Dans les programmations et l'emploi du temps, je me réserve du temps pour les rituels, le réinvestissement et les projets transverses.
  • 20 résolutions pour que mes élèves se souviennent #1(Illustrateur : Jack, dans "Les cahiers pédagogiques, n° 474)

    Voici déjà ma première première résolution : Non au fatalisme !

    « C’est plus comme avant… » « Les élèves d’aujourd’hui n’apprennent plus leur leçons… » « C’ est la faute des parents qui ne suivent plus leurs enfants »… Stop. Dans tous les classes, il y a aussi des élèves sérieux, qui apprennent, qui travaillent. Je pense à eux, aussi. Et je suis assez confiante sur le fait que les résolutions que je prends pour eux serviront aussi à Gudule et Zazie.

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  • Cela me frappe depuis que j’ai commencé à enseigner : on se plaint que les programmes sont trop lourds (c’est souvent vrai), mais dans tous les manuels et dans beaucoup de nos leçons, il y a des notions qui ne sont pas au programme.

    Donc résolution n°2 : je programme avec les IO, pas avec les manuels.

    Désormais, pas question de faire apprendre une date d’Histoire qui ne soit pas dans le liste des repères à connaitre dans le BO. Par exemple, pour Napoléon, il y une seule date : 1804. On laisse tomber les dates du Directoire, du Consulat, d’Austerlitz, ou de Waterloo. La 2ème guerre mondiale ? En plus des années de début et de fin, il n’y a qu’une seule date au programme (l’appel du 18 juin 40). Au panier les autres dates, Pearl Harbor, le débarquement, Hiroshima, qu’ils ne retiendront pas au-delà de l’interro (et qui seront abordés au collège et encore au lycée).

    Cela ne veut pas dire qu'en classe on s'interdira d'évoquer Hiroshima ! Mais la date ne figurera pas dans la trace écrite. Pareil pour le subjonctif, l'accord du participe passé si le COD est placé avant (...) : ce n'est pas au programme de l'école. Donc je peux en parler, mes élèves peuvent les fréquenter régulièrement en classe, mais je ne leur demanderai pas de les retenir et ce ne sera pas évalué.


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  • Ce qui doit être retenu pour l'interro

    Depuis que j’ai commencé à enseigner, j’essaye de mettre à la fin de chaque leçon une petite fiche « Ce que je dois savoir », ou "As-tu bien compris ?".

    Par exemple : je sais raconter avec mes mots tel ou tel évènement, je sais écrire tel ou tel mot sans erreur, je sais légender tel schéma ou telle carte, je connais par coeur telle définition, je sais refaire tel et tel exercices...

    Les élèves savent donc quelles questions je vais leur poser (à l’interro, je ne demande jamais autre chose que les questions de la fiche, et les exercices ont les mêmes consignes que ceux travaillés en classe). Pas de piège, pas d’entourloupe (voir en bas de la page de gauche ci-dessous - Cahier Histoire CM2 2014)

    Cahier histoire CM2 Charivari

    ... Et ce qui devrait au moins être resté à la fin de l'année

    Je vais aussi essayer de répertorier, en début d’année, toutes les connaissances et savoir-faire fondamentaux qui doivent être acquis en fin d’année.

    En français et en maths, il n’y a pas grand-chose à enlever des IO. En Histoire, Géo et Sciences en revanche, je vais vraiment extraire seulement les grands repères et essayer de les répertorier.

    Par exemple : en fin d’année, les élèves doivent pouvoir remettre tels personnages en ordre chronologique, ou/et les rattacher à leur siècle, connaitre les dates de tels évènements (seulement ceux des IO, cf #2, mais tous !),  ils doivent positionner tels repères sur une carte de France, d’Europe, du monde, avoir telles connaissances scientifiques...

    Je distribuerai ces « objectifs » en début d’année dans chaque discipline.


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  • Allez, un peu de volontarisme ! J’ai besoin d’un outil de pilotage pour savoir si ce que je vais mettre en place est efficace ou non.

    Alors il faudra bien que je me fixe mes objectifs à moi.

    Par exemple, en fin de CE2 : quel % de mes élèves sauront identifier les natures des mots dans une phrase ? Les fonctions ? Conjuguer les verbes ?

    Dans les grands domaines, je me donnerai des objectifs chiffrés. 


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  • Cette année, dans l'école où j'avais des CE2, on a fait un bilan de fin d'année (sur les trois classes qui avaient des CE2). Nous avons été défavorablement surprises des résultats. Certains de nos très bons élèves ne savaient plus entourer le sujet dans une phrase, ou ne savaient pas dire la nature d'un mot simple. D'où l'importance de ce bilan, qui nous a permis de réaliser cela, et d'ajuster notre programmation, notre démarche, l'année prochaine.

    Je n'arrive pas à me satisfaire d'un système où on enseigne le présent des verbes du 2° groupe, on s'exerce, on l'évalue, on coche "acquis" (dans le meilleur des cas), et on ne vérifie plus jamais qu'on a assez réinvesti ce savoir tout frais pour qu'il soit vraiment rentré dans la mémoire "à moyen terme" des élèves...

    Voici donc la suite de la résolution 4 : pour savoir quel part de mes élèves conjugue correctement les V du 2° groupe en fin d'année, il faudra bien que je le teste en fin d'année... Soit avec les évals nationales, soit avec un bilan annuel un peu équivalent.

    Ce serait extra si ces bilans étaient conçus par le Ministère et mis à disposition des enseignants, un peu comme les évaluations nationales de cette année : pas de remontée nationale, pas de comparaison inter-école qui n’a pas de valeur, mais un vrai bon outil de pilotage de mon enseignement, voire du projet d'école.  

    A défaut, je construirai ce bilan moi-même, un peu comme celui que j’ai fait au CE2. Je peux garder les mêmes exos d’une année sur l’autre, les résultats seront d’autant plus comparables. J'ai même envie de creuser une solution en ligne, où mes élèves répondraient juste à une sorte de QCM sur internet, et où le logiciel me sortirait automatiquement les % de réussites (j'ai déjà eu l'occasion de publier un sondage conçu avec l'outil Formulaire de Google, je me demande s'il n'y a pas une piste à étudier de ce côté-là).

    Ce bilan serait à l'ordre du jour y compris en Histoire-géo ou en Sciences : qu’ont-ils retenu en fin d’année ? Pour l’avoir déjà fait, ça peut « faire mal »... Les résultats peuvent être un peu déprimants si on n’a pas mis en place des choses qui permettent aux élèves de réactiver régulièrement leurs connaissances. D’où mes résolutions #6 à #20...

    Edit : j'ajoute un mot pour vous inviter à lire le commentaire 7  ("Depuis deux ans, j'utilise les évaluations du site inattendu.org : elles portent sur les compétences du LPC, en français et mathématiques, elles sont présentées comme les évaluations nationales et donnent un graphique qui permet de situer tous les élèves de la classe vis à vis de ces évaluations. Et pour quasiment tous les élèves, on voit un net progrès dans la situation du point !")

    (*) Des ceintures de compétences bien conçues, comme celles de grammaire ou de tables de multiplications, permettent sans doute d'économiser ce bilan annuel puisqu'à chaque nouvelle couleur on réévalue tout depuis le début. On en reparlera à la résolution #17.  


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  • Là encore, pas de secret, si je veux avoir une chance qu’ils retiennent ce qu’ils apprennent, il faut faire court. Mais vraiment court : 5 lignes manuscrites au CE2, c’est suffisant pour une leçon d’Histoire. Depuis que je m’astreins à faire copier les leçons aux élèves plutôt que de les donner à coller, cela m’oblige à bien réduire la trace écrite.

    Ci-dessous, cahier d'Histoire CM2, 2014.

    Résolution #6 : Faire des traces écrites courtes


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  • La première année où j’ai eu des CE2, quand j’ai voulu aborder le « sujet du verbe », j’ai commencé par une petite évaluation-diagnostique puisque la notion est déjà abordée au CE1. J’ai été complètement épatée par la facilité avec laquelle mon groupe de CE2 repérait les sujets dans les phrases, même dans les phrases longues ou tordues. Alors j’en ai parlé à Stéphane, le maitre qui les avait eus au CE1. Il m’avait dit :  « Il n’y a pas de secret, on en a fait toute l’année ».

    Encore une fois, le modèle « Je fais la leçon sur le COD, on fait des exos, j’évalue, on range et on passe au CC », ça ne marche pas. Si on se contente des résultats de l'interro qu'on a faite dans les jours qui suivent la séquence, on a l'illusion que les élèves ont retenu. Mais ce n'est qu'une confortable illusion.

    En revanche, si, une fois par semaine, on travaille sur les fonctions identifiées dans la "phrase du jour", on repère les verbes et leurs sujets en début d'année, puis dès que la leçon sur les CO est passée, on cherche les verbes, les sujets ET les CO, puis on ajoute les CC, puis les attributs, toujours au fur et à mesure qu’on les étudie, là, on a une chance que les élèves, en fin d’année, soient vraiment à l'aise dans le repérage des fonctions des groupes de la phrase. 

    C’est encore plus important pour les compétences « jargonneuses » (grammaire, conjugaison…), celles qu’on ne réinvestit pas trop dans les chapitres suivants, ni dans une activité de littérature ou un projet ordinaire. Prenons le travail sur un temps de conjugaison : si au CM on se contente d’étudier le conditionnel pendant trois semaines, d’évaluer et de ranger la leçon, on est certains que, arrivés en 6°, les élèves, même les bons élèves, ne se souviendront même plus qu’ils ont étudié le conditionnel un jour.

    Conclusion : étaler l’apprentissage des concepts sur plusieurs périodes, y revenir, prévoir souvent des activités, exercices, jeux de synthèse ou on fait appel aux vieilles leçons, les planifier dans la programmation…

    Remarque : Dans cette idée-là, j'aime beaucoup les ceintures de grammaire CM que nous avons créées ensemble. Elles sont mieux que celles de conjugaison, parce que chaque ceinture reprend toutes les natures et fonctions des ceintures précédentes.

    Je vais réfléchir à une v2 des ceintures de conjugaison qui utilise le même principe.


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  • C’est la suite de la résolution 7.

    Depuis plusieurs années, je dicte une courte « phrase du jour » dès le premier jour de CE1. La correction collective est l’occasion de revoir et rabâcher les règles d’accord et d’orthographe. C’est vraiment efficace.

    Les élèves aiment ce moment paisible, sans pression, comme les gammes d’un musicien ou l'échauffement d'un sportif.

    Au CM, une fois par semaine, après la dictée de la phrase, je leur demande de transformer la phrase (ou un extrait) à tous les temps étudiés. Et hop, une révision express de conjugaison. 

    Un autre jour, en grammaire, on peut repérer toutes les natures et toutes les fonctions connues (beaucoup mieux que de dire "trouvez le COD" : on révise toutes les fonctions d'un coup, on rappelle que ce sont des groupes de mots, on les "compare" : celles qui complètent le verbe, celles qui complètent la phrase etc...)

    Au début d'une leçon d'Histoire, on replace des évènements ou des personnages d’Histoire sur une frise,  et au début d'une leçon de géographie, pourquoi ne pas replacer des repères sur une carte, par exemple ?

    Ces rituels peuvent évoluer au fil des périodes, mais l’idée de rebrasser, réutiliser, réactiver les connaissances et savoir-faire est toujours là.


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  • Résolution #9 : Soigner les supports de leçons, faciles à consulter, faciles à feuilleter(Illustrateur : Jack, sur dangerecole.blogspot.fr)

    Si je veux avoir une chance que les supports de leçons servent de référence, et que les vieilles leçons soient reconsultées en temps en temps, il faut que je réfléchisse vraiment à leur support : comment prévoir des supports légers, faciles à manipuler, avec des informations correctement indexées pour pouvoir retrouver facilement une réponse ?

    Concrètement, si j’ai le choix :

    • Je choisirai des supports de leçons petits et légers.

    • Je ferai en sorte qu’en français et en maths les supports de leçons naviguent tous les jours entre l’école et la maison.

    • Je supprimerai les grands classeurs de leçons. C’est tout sauf léger et facile à manipuler, un grand classeur. Au collège, d’ailleurs, les profs préfèrent de plus en plus souvent les cahiers et les élèves n’ont plus jamais de classeurs multi-matière (je n’ai jamais vu de profs de sciences qui se mettaient d’accord avec le prof d’histoire pour fusionner leurs classeurs).

    • J’utiliserai donc soit des cahiers, soit des petits classeurs, soit les aide-mémoires tout prêts des manuels (le dico-maths de Cap maths, l’aide mémoire d’Etincelles…), ou encore, en français, des livres références du type Bescherelle école, ou 4 de Nathan.

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  • Avez-vous déjà vu le plaisir qu'un enfant prend à découvrir un "Kididoc" ? Ce sont ces livres documentaires où, sur chaque page, il y a des rabats à soulever, des roues à touner, des petits livres à feuilleter, des pochettes à ouvrir...

    Résolution #10 : Des traces écrites interactives

    Sur les blogs anglosaxons, on trouve de plus en plus d'idées de ce qu'ils appellent les "interactive notebooks", les cahiers interactifs. Ce sont des "cahiers de leçons Kididocs" (!). Ceux d'entre vous qui connaissent les lapbooks reconnaitront le même type de démarche.

    Ce qui me séduit dans ce nouveau concept de supports de leçons c'est :

    • L'appropriation du support par l'élève, le côté "plaisir"
    • L'autonomie gagnée par l'élève pour apprendre avec ce support : il lit la question, essaie d'y répondre "dans sa tête", et soulève le rabat, ou bien tourne la roue (etc) pour vérifier sa réponse.

    Les limites du système : j'ai essayé cette année, notamment en sciences avec des CE2 (cf quelques images ci-dessous). L'inconvénient majeur, c'est le temps passé à découper, coller etc... Ceci dit, je renouvèlerai l'expérience, parce que je pense que ce temps passé n'est pas perdu, et que l'élève prend ensuite un réel plaisir à manipuler son support de leçon, vérifier qu'il sait répondre aux questions...

    Résolution #10 : Des traces écrites interactivesSuper efficace aussi, et plus rapide à fabriquer, j'adore les "cartes recto-verso", qui vont bien aussi dans l'idée du cahier interactif (rangées dans une enveloppe collée dans le cahier) : pour les tables de multiplication (un calcul d'un côté, le résultat de l'autre), pour les dates d'histoire (clic) (l'évènement d'un côté, sa date de l'autre), pour un jeu de révision de grammaire (clic)...
    Là encore, les élèves ont l'impression de collectionner des cartes, ils aiment les manipuler, s'en servent pour jouer à deux, et retiennent mieux.

    Voici un petit patchwork d'idées que l'on trouve sur internet (+ quelques leçons que j'ai faites en classe cette année). Cliquez sur le patchwork pour l'agrandir. 

    Résolution #10 : Des traces écrites interactives

     

    Pour l'état de mes cogitations sur les "cartes mentales", clic.


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