• Les cartes heuristiques

    carte mentaleRemarque : sur internet, et en commentaire sur ce blog, on parle beaucoup de cartes mentales, cartes heuristiques (mind mapping) etc... Pour l'instant, je lis, je regarde, mais je me pose encore beaucoup de questions et j'ai du mal à me représenter concrètement l'utilisation que je peux en faire en classe élémentaire.

    Je vois bien une utilisation  collective possible, à des fins d'affichage collectif au fur et à mesure de la construction d'une notion. Mais je vois moins bien une utilisation à des fins de "trace écrite" personnelle.

    • Les élèves dessineraient-ils leur propre carte ?
    • Ou alors recopieraient-ils une carte élaborée collectivement ?
    • Mais dans ce cas, se l'approprieront-ils ?
    • En pratique, sans outil informatique, comment gérer le problème de "maitresse je n'ai plus assez de place" ?
    • Et, plus généralement, des élèves de 7-10 ans sont-ils assez matures pour organiser ainsi leurs connaissances sur une feuille ?

    A vous la parole ! Si vous avez des liens, des idées, des avis, des questions...

    Déjà les premières réponses :

    Les élèves peuvent-ils créer leur propre carte mentale, à des fins de trace écrite ?

    Dans la classe de François, où les élèves sont équipés de tablettes, c'est déjà le cas, et c'est drôlement impressionnant : clic. Il me semble que ces cartes simples comme celle sur les homophones et/est sont réalisables avec un papier et un crayon.


  • Commentaires

    1
    perlee
    Mardi 16 Juillet 2013 à 12:35

    juste une petite expérience perso de fin d'année en histoire... la mémorisation des "leçons" n'est pas facile pour certains; j'ai donc teste ces maps. Nous avons créé la première de manière collective en classe j'écrivais au fur et à mesure au tableau puis ils l'ont recopié sur la feuille de classeur.  Par la suite, après lecture explication.... des documents et textes, par groupes de 2 (1 Cm1 avec 1 CM2) ils devaient élaborer un brouillon de ce qu'allait être notre carte. Puis validation ensemble de manière collective ( j'écrivais au tableau). J'avoue que les résultats sont là. Ils fabriquent la leçons eux mêmes et c'est beaucoup plus facile pour eux d'apprendre sous cette forme que sous la forme d'un texte. je pense continuer à la rentrée et pourquoi pas l'étendre à d'autres matières.

    2
    smenut Profil de smenut
    Mardi 16 Juillet 2013 à 12:40

    Dans ma classe cela se passe en plusieurs étapes, ils en font déjà une individuellement puis on les confronte par groupe puis tous ensemble pour en avoir une collective qui sera notre trace écrite; ça donne en pasant des moments d'interaction extrêmement riches ! quelques productions ici.

    Bonne réflexion ;-))

    3
    Mardi 16 Juillet 2013 à 12:48

    La plupart des élèves jouent-ils le jeu de la phase individuelle ? 

    Ca prend du temps tout ça, individuel, groupe, collectif... tu fais ça au TBI , Puis tu les leur imprimes, c'est ça ?

    4
    smenut Profil de smenut
    Mardi 16 Juillet 2013 à 13:21

    oui et ce qui m'a étonnée au début, ils veulent tous en faire une ! C'est aussi pour cela que je passe par une phase individuelle. Au début on les faisait par petit groupe directement. Mais cela dépend aussi de ce que je veux moi,  parfois j'ai besoin de savoir ce que chacun a compris pour différencier ensuite, puis pour d'autres fois on fait par groupe directement. Parallèlement on a mis en place dans la classe "le mur de cartes", ceux qui veulent l'afficher le peuvent. Au niveau du temps c'est comme tout un peu plus au début mais une fois le rythme pris ça prend grand maximum 15 minutes. 

    Au niveau de l'organisation, les élèves le font sur papier, je scanne ou photographie les productions des groupes puis on discute, "découpe" et fabrique la carte finale au TNI (je la remets "au propre" avec un logiciel), elle servira de trace écrite dans le cahier et sera mise dans l'ENT.

    L'année prochaine je vais intaller le logiciel su les ordis et j'aimerais qu'ils les fassent directement...

    Cela a été une véritable révélation pour moi cette année, et les effets sur les élèves sont assez révélateurs. En évaluation, certains refont la carte sur leur ardoise ... Il y a aussi plein d'éffets sur les autres disciplines. Lorsqu'on regarde une vidéo en sciences ou en histoire par exemple 95% des élèves font une carte pour résumer ...

    Je vais en faire le sujet de mon mémoire CAFISTROUPHM ...

    5
    Mardi 16 Juillet 2013 à 13:33

    Super sujet de mémoire !

    6
    Mardi 16 Juillet 2013 à 13:37

    ça fonctionne super bien avec mes Segpa... Les premières fois, on la fabrique ensemble, soit au tableau, soit au sol sur un tableau blanc amovible (vive les Woody pour les couleurs), puis ils la copient tranquillement en n'ayant pas l'impression de copier justement, et je trouve bien moins d'erreurs en corrigeant... 

    Comme ils choisissent leurs couleurs et leurs icônes/symboles/pictogrammes, ils sont plus investis dans le sens à trouver/donner à la trace écrite, et n'ont pas l'impression d'apprendre quand ils ont à la relire et... l'apprendre justement.

    Les élèves ont des grands cahiers, donc je n'ai pas eu de souci de "plus de place". Les flèches peuvent être un peu changées de sens, avec des rotations plus ou moins fortes, donc ils réussissent à tout caser. La seule chose à laquelle il faut faire attention, c'est de bien placer le titre au centre... après une erreur, ils comprennent vite ET prennent le crayon  à papier au lieu de leurs feutres (pourtant interdits  )

    Pour passer à des créations individuelles, je les lance sur des sujets qu'ils maitrisent d'abord : un thème de sciences qu'on vient de voir en expérience ou observation, un thème de géographie, etc. Chacun teste, on observe les propositions de chacun (un peu chronophage au début, certes), on valide ou non... 

    J'utilise aussi les cartes toutes faites (notamment en grammaire, nature et fonctions, trouvables chez les CPB et autres ekla), comme base d'un petit rituel quotidien, donc les élèves apprennent à les lire et s'en servent assez souvent pour que cela devienne aussi habituel que les traces écrites avec un plan qui leur échappe totalement puisque c'est nous qui l'imposons...

    7
    Mardi 16 Juillet 2013 à 14:43

    l'année dernière, nous avons travaillé toutes les poésies avec ds cartes mentales et ça a très bien marché : les ce1/ce2 faisaient leur propre carte 

    pour les cp, je leur fournissais des images

    en edl, toutes les affiches de grammaire et conjugaison étaient sous forme de cartes mentales

    en histoire, les ce2 construisaient leur carte à partir de la leçon

    8
    Bob69
    Mardi 16 Juillet 2013 à 16:02

    Je me suis souvent posé des questions au sujet de ces cartes... Je pense que c'est comme tout, cela touche certains élèves. Par exemple: personellement, je ne suis pas une visuelle mais une auditive. Cette carte pour moi représente donc un fouilli incompréhensible, nécéssite que je recherche des informations dans tous les sens. Conclusion, en mauvaise visuelle, ce n'est pas pour moi. Mon mari, qui lui est un visuel de première, trouve ça génial. 

     

    Ce que je peux personellement en conclure c'est: diversifions nos pratiques afin de nous adresser à tous les élèves: dans chaque leçon, séquence, ..., concevons des outils avec une phase visuelle, une phase auditive, une phase kinesthésique.

     

    Qu'en pensez vous?

    9
    Lala78 Profil de Lala78
    Mardi 16 Juillet 2013 à 16:05

    Coucou Charivari

    Je ne sais plus par où commencer :  Voici ma démarche dans l'ordre :

    - j'ai commencé les cartes en leur donnant les cartes à lire...pour qu'ils se familiarisent avec cette représentation (en EDL, en histoire). Donc le premier travail a été d'apprendre à les lire, à reformuler avec ses propres mots (période 1)

    - deuxième travail : faire sa propre carte mentale (en EDL notamment) Périodes 2 et 3

    - troisième travail : utiliser les cartes mentales comme outils d'apprentissage . Mes élèves ont donc appris à faire des cartes mentales de leurs poésies et ils apprennent plus vite ! (période 4)

    - quatrième travail : apprendre une leçon et la remettre en carte mentale pour vérifier si ils la connaissent suffisamment bien (Période 5)

    - cinquième travail : prendre des notes en carte mentale (période 5)

    L'intérêt de ce support vient du fait que les élèves apprennent à réorganiser leurs connaissances. Ils ne sont plus passifs. Je n'ai pas enlevé les leçons/textes parce qu'une carte mentale n'est pas la solution unique mais elle semble suffisamment ludique pour investir les zozos les moins "élèves". 

    Je me permets de te renvoyer vers mon sommaire qui reprend tout ce que je viens de t'écrire, mes réflexions, mes minis-leçons, mes démarches pas à pas, les cartes en images de mes élèves...et surtout le bilan fait par mes élèves en fin d'année. Sur 24 élèves, 1 seul n'a pas vu l'intérêt, mais il a joué le jeu jusqu'au but. Les 23 autres ont été emballés !

    http://lalaaimesaclasse.eklablog.com/sommaire-cm1-a59478117

    10
    Mardi 16 Juillet 2013 à 16:11

    C'est très juste : cela concerne en  premier lieu les visuels; mais ils représentent environ 60 à 70 % de la population, donc ce n'est pas inintéressant de les "attraper" par ce biais. Les auditifs auront ni plus ni moins d'informations qu'avec les méthodes de trace écrite habituelles : ils prennent les savoirs avant le passage à l'écrit, et dans la relecture, cela revient quasiment au même donc (sauf ceux qui lisent et se répètent la leçon à voix haute, qui seront là peut-être gênés effectivement, cependant les auditifs que je connais fonctionnent en général plutôt par l'apprentissage direct lors des explications en classe). En revanche, la carte heuristique est intéressante aussi pour les kinesthésiques, car elle est presque mimée dans la phase de  conception.

    11
    Mardi 16 Juillet 2013 à 19:27

    Dans les formations que j'ai suivies, on m'a expliqué que les cartes mentales devaient être faites de façon individuelle: chaque enfant construit sa propre carte mentale, selon son cheminement intellectuel, sa structure mentale... C'est une façon de mémoriser et d'apprendre, propre à chacun. Ceci explique sans doute pourquoi Bob69 ne comprend rien aux cartes mentales élaborées par d'autres ! Nous ne sommes pas censés imposer notre carte mentale puisqu'elle reflète notre façon de penser et on sait bien que les enfants sont relativement imperméables à ça....
    Pour le moment, je n'ai testé qu'avec des CP et pour vérifier les acquis: ils dessinaient une carte mentale sur une leçon, les saisons, par exemple... Mais la barrière de l'écrit est effectivement problématique et difficile à gérer. Je pense que ça peut bien marcher à partir du CE1...

    12
    carabouille Profil de carabouille
    Mercredi 17 Juillet 2013 à 01:03

    D'après ce qu'on m'a expliqué en formation, concernant les cartes mentales, la distinction ne se fait pas tellement entre visuels et auditifs, mais plutôt entre globaux (traitement simultané des données) et linéaires (traitement temporel des données). Pour un global, il est important d'avoir accès à toute la leçon en 1 coup d'oeil (carte mentale). Un linéaire sera quant à lui très à l'aise avec la leçon écrite, qui se déroule dans le temps de la lecture. Il peut donc être intéressant soit de proposer les 2 formes pour que l'élève choisisse, soit de faire transformer la leçon écrite en carte mentale personnelle par les élèves au fonctionnement global (encore faut-il être assez calé(e) pour les identifier... et là, on est au coeur de la gestion mentale !)

    13
    veronik38
    Mercredi 17 Juillet 2013 à 17:49
    bonjour ! la carte que tu présentes est de moi, je suis contente que tu l'apprécies.
    je pense qu'il n'est pas évident de dessiner sa propre carte, car cela suppose d’être capable de faire le tri entre ce qui est accessoire et ce qui est essentiel. cela demande un entrainement. cela est possible avec des cartes simples (2ou 3 branches pas plus...). mais l'apprentissage peut être guidé : leur donner les branches premières et les faire placer ensuite les infos). si la carte est simple il la recopient. si elle est plus complexe, je leur donne ( complète ou incomplète). je cherche surtout à ce qu'ils s'en servent pour apprendre. c'est sur qu'un logiciel (TBI ou ordi) ça aide énormément, pas de problème de place, possibilité de modifier la carte. mais je n'ai pas ce matériel à l'école. mais j'ai un collègue et ami qui apprend même à ses CM1 CM2 à prendre des notes sous forme de cartes pendant les exposés.
    si tu as besoin d'infos, tu peux me contacter.
    merci pour tes partages. Véronik
    14
    Mercredi 17 Juillet 2013 à 18:19

    Merci Véronik, qu'elle est belle cette carte ! Si tu as un blog ou quelque chose je serai ravie de mettre un lien vers la carte sur l'article !

    15
    laeti7331 Profil de laeti7331
    Jeudi 18 Juillet 2013 à 14:51

    Bonjour Charivari,

    Cette année je n'ai fait faire que quelques cartes mentales à mes élèves (car je débutais dans les cartes et par manque de temps). J'ai eu la belle surprise de voir aux vacances de Noël, un de mes élèves (avec sa maman) fabriquer une carte sur le présent de l'indicatif car ça l'aidait à apprendre sa leçon. Ils m'en ont demandé quelques fois dans l'année.

    A la rentrée, je vais avoir des CE1-CM1 et j'ai la chance (étant une adepte du travail de François et l'ayant eu 2 fois en formation) d'avoir reçu 10 Ipads pour mon école sacahnt que nous sommes 3 classes à nous lancer dans le projet. Je viens juste d'installer l'application et je pense les faire créer pour les CM1 dans un premier temps sur les tablettes. A voir à l'usage si ça fonctionne !

    16
    sisoua
    Jeudi 18 Juillet 2013 à 15:38

    Il me semble que ces cartes sont paticulièrement utiles pour les notions qui mettent en place des inclusions successives (classe grammaticale d'un mot ou figures géométriques). Elles permettent de distinguer l'essentiel (premier niveau déterminant) du particulier (article, subdivisé par les IO en défini, indéfini et contracté).

    Pour le reste, je suis moins convaincue, et dans le retour des collègues, je ne sais si c'est le travail de construction, les retours en groupe classe... ou la carte qui sont efficaces;

    Beau sujet d'interrogation à partager.

    17
    Dimanche 21 Juillet 2013 à 18:16

    Bonjour

    Merci à vous pour le partage de vos interrogations, de plus les commentaires sont particulièrement riches. Je suis préfet des études, enseignant d'histoire géographie en collège et formateur dans l'Académie de Lille. J'utilise la pratique des cartes heuristiques dans mes classes depuis de nombreuses années ainsi qu'en formation. J'interviens maintenant également de plus en plus régulièrement en primaire, pour initier les élèves aux cartes mentales et en appui des collègues. C'est un outil très polyvalent qui s'adaptent bien à différents objectifs pédagogiques.  Convaincu de ce que ces outils visuels peuvent apporter, j'ai créé un blog pour partager le travail mené avec mes élèves et des collègues:

    http://classemapping.blogspot.com/

    J'ai également développé un outil de veille sur internet à propos des cartes heuristiques comme outil d'enseignement.

     

    http://www.scoop.it/t/classemapping

    J'espère que ces références permettront de poursuivre votre réflexion.

    Sans être dans la promotion mais parce que nous l'avons conçu comme un outil pour les collègues et que j'ai eu de nombreux retours positifs sur son utilité, voici le lien vers un ouvrage, édité par le CRDP de Lille, auquel j'ai participé: https://vimeo.com/67794152  

    Très cordialement

    Lucas Gruez

    18
    fabi30
    Mercredi 24 Juillet 2013 à 18:55

    J'ai commencé timidement cette année à mettre sous forme de carte certaines leçons de français. Je vais développer mes connaissances là-dessus mais le peu que j'ai fait m'a permis de voir que les élèves (des CE2) aiment bien cette façon de faire et retiennent mieux ce qu'ils ont appris.J'en ai clairement vu pendant une évaluation faire le dessin devant eux dans l'espace pour retrouver la réponse.

    J'essaie de développer le plus souvent possible le côté bidouille où l'élève découpe, colle, colorie etc. Il faut que l'élève s'approprie le contenu pour que l'enfant le retienne.

    19
    Jeudi 25 Juillet 2013 à 15:32

    Là aussi, plein d'infos dans le livre "Apprendre autrement avec la pédagogie positive" d'Audrey Akoun et Isabelle Pailleau de la Fabrique à Bonheurs !
    Et une formation possible pour les enseignants, à Paris et sans doute bientôt en province :-)

    20
    Luciole03
    Lundi 29 Juillet 2013 à 19:09

    AH ben justement, Charivari j'allais t"aiguiller vers le site de la Fabrique à Bonheur dont résulte le livre "Apprendre autrement avec la pédagogie positive" (dont parle Deux minute dans son commentaire).

    http://lafabriqueabonheursblog.com/

    Voilà, je suis si contente d'apporter un petit commentaire à ce blog que je suis depuis très longtemps et que je trouve extrêment bien fait et intéressant, merci pour tout!

     

    21
    Mardi 30 Juillet 2013 à 12:26

    Un des dadas de mon mari, qui n'est pas enseignant...

    A priori, dans les pays nordiques, certaines écoles sy' sont mises avec succès, mon mari m'avait envoyée un article dessus...

    Pour ma part, ce sera un de mes chantiers à venri, car c'est un sacré boulot d'assimilation pour nous et d'automatismes...

     

    Bizzzzzzzzz

    22
    Claily 243
    Vendredi 9 Août 2013 à 15:35
    Bonjour, Juste un petit commentaire pour appuyer le travail de Mr Lucas Gruez car je l'ai observé dans plusieurs classes et j'ai également suivi quelques animations autour de sa réflexion et de son travail. C'est impressionnant!!! Vous aurez la plupart des réponses à vos questions sur son blog. Voilà :) Bonnes fin de vacances!
    23
    Vendredi 9 Août 2013 à 17:55

    Merci Claily pour l'info !

    24
    Mardi 11 Mars à 10:25

    Bonjour, les nombreux commentaires ci-dessus sont très intéressants et illustrent bien la tendance dans les classes.

    Avec l'association "Dessine-moi une idée", en Belgique, je parcours les écoles primaires pour montrer aux enseignants comment utiliser le mind mapping en classe pour atteindre un objectif pédagogique précis et travailler une compétence particulière. Nous préparons les séquences d'apprentissage ensemble et je conduis la première avec eux dans la classe.

    Pour que la technique soit acceptée par tous et efficace pour tous, il faut garder un certain contrôle sur l'activité et maîtriser quelque peu la technique. Cela implique:

    1) Une certaine rigueur dans la manière de faire les cartes : même s'il s'agit d'un mode d'expression très personnel, il ne faut pas construire les cartes n'importe comment. Certaines règles de construction doivent être expliquées, comprises, acceptées et appliquées pour être certain d'atteindre l'objectif commun. Chaque étape depuis la page blanche jusqu'au résultat final doit être pensée et exécutée avec l'objectif final en tête. Les élèves doivent savoir pourquoi ils font les choses de telle ou telle manière. L'objectif n'est pas la carte, c'est l'apprentissage. Le mind mapping est une compétence à acquérir pour l'enseignant et les élèves.

    2) Répondre à une certaine hétérogénéité : contrairement à ce qui est dit dans plusieurs commentaires, une séquence de mind mapping ne s'adresse pas uniquement aux apprenants "visuels". Les gens se font une idée fausse car ils ne voient que l'aspect diagramme de la technique, le document final qu'est la carte. Or, le déroulé pédagogique qui est pensé avec la carte mentale comme support doit inclure un dialogue, un questionnement, une interaction orale avec l'enseignant et les autres élèves. Toute l'histoire qui sera racontée autour de la carte sont les indices auditifs pour ceux qui mémorisent avec ce qu'ils entendent. Au delà du dessin, les élèves qui apprennent avec la manipulation apprécieront les découpages et les collages sur les cartes. C'est la manière de penser l'activité de A à Z qui fera sa richesse et son efficacité, pas la carte qui est finalement dessinée.

    3) Faire les cartes individuellement: le succès des cartes mentales passe par la construction individuelle des cartes. Il est possible de faciliter et d'inviter les élèves à placer certaines informations plutôt que d'autres (contrôle du contenu), avec un degré de liberté (synonymes par exemple) qui dépend du sujet abordé mais ils doivent pouvoir exprimer ce savoir sous une forme qui leur est propre (mais respectueuse de certaines règles).

    4) A chaque objectif, à chaque processus cognitif, sa carte: chaque construction de carte supporte une activité intellectuelle bien précise, travaille une certaine compétence et vise un certain objectif, pas deux. Le succès du mind mapping dans la classe lors des apprentissages repose sur la simplicité et la pertinence de l'approche. Imaginer, mémoriser, présenter, analyser, évaluer (décider) sont des tâches totalement différentes qui demandent de penser la séquence et d'utiliser le mind mapping différemment. Le mind mapping dans la classe de primaire n'est pas un outil de prise de note et n'est pas exclusivement un outil de synthèse. C'est un outil qui a sa place dans toutes les étapes de la construction du savoir à condition d'adapter le déroulé et l'utilisation de la carte mentale en fonction de l'objectif pédagogique poursuivi.

    Plusieurs centaines d'enfants, de 5 à 12 ans, ont déjà expérimentés les ateliers mind mapping avec l'association et tous, sans exception, sont allés au bout de la séquence et ont réalisés les cartes souhaitées, chacun à leur manière mais dans le cadre défini. Si vous souhaitez plus d'information sur la construction de ces ateliers, je vous invite à visiter le site de l'association http://www.dessinemoiuneidee.org/2013/01/atelier-mind-mapping-ecoles.html. Vous trouverez également de nombreuses photos des ateliers sur la page Facebook https://www.facebook.com/DessineMoiUneIdee/photos_stream. Vous pouvez également me contacter pour envisager une collaboration et créer une séquence pour votre classe.

    Bonne continuation avec le mind mapping!

    25
    Mardi 11 Mars à 10:46

    Merci à Philippe pour ce témoignage auquel je souscrit pleinement.

    On ne peut mieux dire sur l'intérêt et la polyvalence des cartes heuristiques. Mon travail avec les élèves du primaire à la classe prépa montre exactement les mêmes éléments développés par Philippe. Au delà de l'intérêt de la carte en elle-même l'essentiel est dans le processus de réalisation-appropriation plus ou moins guidé, selon les élèves et les objectifs pédagogiques, à partir de règles techniques simples et partagées.

    Merci à Philippe pour son commentaire-article et bonnes cartes à toutes et tous!

    Lucas Gruez

     

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