• Cycle III Français

    A découvrir en priorité dans les articles de cette rubrique :

  • J'ai découvert récemment "Poisson d'argent", un petit livre qui m'a vraiment touchée, et j'ai fait le lien avec d'autres livres que je connais sur l'illettrisme ou le bonheur de lire.

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  • Je remonte cette merveille parce que c'est, à mon avis, un must have ;)

    Même en vacances, quand je suis dans une librairie (magasin qui m'attire comme un aimant), j'adore flâner au rayon scolaire-parascolaire. Pas vous ?

    Je flanais donc, cet été, dans une librairie, quand je suis tombée sur un rayon tout bleu de différents Bleds. Bon, les Bleds, j'avais l'impression de bien les connaitre, alors j'en ai feuilleté un ou deux négligemment... jusqu'à ce que je tombe en arrêt devant celui-ci :

    Une trouvaille en librairie : Bled dictées

    Il s'agit, théoriquement, d'un Bled "dictées" (clic) mais c'est bien plus que cela. Pour chaque double page, vous avez une règle (ici, choisir entre ce et se) et des phrases ou textes progressifs dans lesquels cette règle est appliquée.

    Du coup, c'est un livre pour avoir des idées de dictées, bien sûr. Mais c'est aussi et surtout une bible-de-l'instit', une banque de phrases et de textes, tout-niveaux-en-un, quand on cherche des idées de phrases pour un exemple, pour des exercices, pour une évaluation, des exercices différenciés...

    Bien sûr, il n'y a rien de très nouveau dans le principe des phrases ou des dictées. Ce qui est nouveau, c'est de trouver au même endroit, sur une même règle, autant d'exemples progressifs adaptés à toutes les classes d'élémentaire. Il y a trois chapitres orthographe, grammaire, conjugaison. En plus, un chapitre "vers la 6eme" propose des dictées de synthèse. 

     

    Remarque de Stpeh (com #1) : avant, j'utilisais le CLR dictées. Mais, dans le CLR, c'est beaucoup plus long de chercher deux ou trois textes pour une même règle ou un même temps (les pages "conjugaison" de ce Bled sont au poil, aussi). Dans le CLR, les textes y sont beaucoup moins ciblés et surtout, il n'y a pas de banque de phrases par règle (il n'y a que des textes, ou quasiment). Bref, ce livre est, comme tu dis, une Bible !

    Ajout de Chari : et ce CLR ne couvre pas 4 années de primaire comme ce Bled.

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  • Qui dit nouveaux programmes dit nouvelle affiche. Voici ce que j'afficherai l'an prochain dans ma classe de CM (cliquer sur l'image pour télécharger l'affiche à imprimer en A3, voire -c'est mon choix- poster). 

    Nouvelles affiche de grammaire

    La présentation colle avec la démarche que j'ai l'intention d'adopter :

    Etape 1

    1. On trouve le Sujet de la phrase : ce dont on parle. Ici, c'est le chien de Léo.

    2. Ensuite, on identifie les Compléments de phrase, que Mme Picot appelle les groupes mobiles. Ce sont les groupes que l'on peut déplacer et supprimer.

    3. Tout le reste, c'est le Prédicat, soit ce qu'on dit du Sujet.

    Etape 2

    Une fois que ce découpage en trois fonctions sera bien en place, nous pourrons nous attacher à "entrer dans les crochets", en regardant si les noms sont complétés par des GN (Compléments du Nom), et si le verbe est, lui aussi, complété par des Compléments de Verbes.

    Etape 3

    Enfin, il sera temps d'identifier les différents compléments de verbes qui existent, COD, COI, et l'attribut du sujet. COD et COI ne sont pas explicitement au programme de CM2, donc je verrai si je les aborde en classe entière ou pas.

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  •  Faire de la grammaire au CM2

    Je rempile cette année avec la méthode Picot "Faire de la grammaire au CM2". Il se trouve que cette méthode me convient parfaitement parce qu'elle est à la fois très guidée (clef en main) et très souple (on n'est pas obligé de tout faire).

    En plus la version 2016 suit fidèlement les IO, sans chichis (il n'y avait vraiment pas de quoi faire tout un plat de ce prédicat, qui passe comme une lettre à la poste). Bref, j'y retourne.

    Or, j'ai vu que, pour ses CE1, Miss Bubble avait créé des fiches de lecture pour travailler la fluence à partir des textes de la méthode CE1. Cela m'a semblé super malin et efficace. Je lui ai demandé sa trame et l'ai utilisée pour y mettre les textes de CM2.

    Elle publie donc ces textes de CM2 sur son blog, ici (clic).

     

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  • Nouvelle affiche de conjugaison

     

    Voici une nouvelle affiche toute simple en conjugaison.

    Je vous la propose en deux formats, A4 et poster. Attention à ne pas afficher trop petit, cela ne sert pas à grand chose à part encombrer "l'horizon".

    Format A4 : clic 

    Format poster (6 pages) : clic 

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  • (Re)découvrir Cléo, de RetzDepuis que j'ai commencé à enseigner, j'ai une "tendresse" particulière pour les manuels Cléo, édités par Retz. Dans mes vieeeux articles de blog, on trouve çà et là des références à Cléo, ici dans mes maisons des sons, là pour partager les affichages et aide-mémoire offerts à l'époque en bonus sur le site...

    Et voilà que j'ai reçu, comme vous j'imagine, des spécimens à l'école, et que j'ai vu qu'à l'occasion des nouveaux programmes 2016, Cléo s'était refait une beauté. Me voilà, à nouveau, sous le charme de cette méthode. Pourquoi je l'aime tant ? En quoi ces manuels sont-ils si différents des autres ?

    J'explique :

    1. D'abord, dans Cléo, les exercices sont toujours très originaux et "intelligents". Je vous mets quelques exemples tirés du CE1, mais à chaque page ou presque, on se dit "oh, quelle bonne idée, cet exercice !".

    Je prends l'exemple du verbe et son sujet. On peut difficilement faire plus bateau, comme exercice. Eh bien, pas dans Cléo. Dans Cléo CE1, les 8 premiers exercices sur l'identification du sujet ressemblent à cela :

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

    Plus tard dans l'année, la difficulté évolue et les exercices intègrent non seulement le sens, mais aussi le travail de l'accord du verbe avec son sujet :

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

     

     

    2. Ensuite, l'organisation du manuel ne ressemble à aucune autre, parce que, dans Cléo, on retrouve le même exercice, avec exactement la même consigne, jusqu'à 36 fois, étalés sur une longue période. Ci-dessus, le premier exercice sur le sujet (avec la phrase à barrer) y est 8 fois, et le second (avec la phrase à remettre dans l'ordre) y est 10 fois, à étaler sur 10 semaines, donc. L'auteur (j'espère qu'Antoine Fetet viendra compléter ou contredire si je me trompe) pense que les enseignements doivent être répétés et entretenus dans la durée pour être véritablement ancrés dans la mémoire des élèves. Ainsi, la méthode prévoit que les élèves fassent chaque semaine un exercice de même type, avec exactement la même consigne que la semaine précédente, sur une longue période : 6 semaines, 15 semaines, voire, pour certaines compétences, sur 30 semaines.

    3. Une des "marques de fabrique" de Cléo, c'est aussi le travail hebdomadaire sur la compréhension. Vous avez vu plus haut que le travail de compréhension, en lecture, est partout. Voici, ci-dessous, un autre exemple, lors du travail sur la phrase (intitulé : "Je comprends où commence et où s'arrête une phrase"). Dans cet exercice, l'élève de CE1 doit rajouter les majuscules et les points manquants. On voit tout de suite qu'il s'agit bien d'un exercice de compréhension de lecture (à noter : cet exercice se retrouve dans tous les niveaux, du CE1 au CM2, avec des phrases de difficulté croissante)

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

    Donc, dans Cléo, le travail sur la compréhension est partout, mais un chapitre entier lui est complètement dédié en début de manuel. Dans ce chapitre, on trouvera 32 petits textes où les informations sont cachées (travail sur l'implicite).

    Exemple ci-dessous, au CE1, toujours :

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

     Mais aussi 9 exercices où il faut retrouver la phrase qui décrit une image :

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

    D'autres où il faut colorier un dessin en suivant des consignes, ou bien choisir le dessin qui correspond à une phrase :

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

    ... faire attention à tous les détails des phrases, lire différents types de documents (toujours très courts) ou comprendre les différentes reprises nominales ou pronominales.


    4. Enfin, mon coup de cœur sur cette nouvelle édition 2016 va sur l'aide-mémoire qui complète le manuel. C'est un petit cahier tout fin et très clair qui reprend tout ce qui doit être appris. Il peut servir de référence en classe ou de cahier de leçons à la maison. Comme dans l'édition précédente, en bas de chaque leçon, l'élève ou l'adulte reçoit des petits conseils pour vérifier que la leçon est comprise et mémorisée.

    La nouveauté de cette édition 2016 c'est que la maquette est plus aérée, plus jolie (à mon gout) et surtout que l'éditeur a prévu de laisser, pour chaque leçon, des lignes Seyes pour que l'on puisse faire écrire les élèves dans cet aide-mémoire.

    (Re)découvrir Cléo, de Retz

    Ainsi, nous pourrez y faire noter les phrases exemple de la classe, ou les mots correspondant à l'album que vous êtes en train de travailler, par exemple. 

    Une remarque à toutes fins utiles : les aide-mémoire sont aussi vendus seuls, par lots.

    Alors, il vous plait, à vous aussi ? (Si vous n'avez pas reçu le spécimen, il faut aller le demander là : clic )

    En savoir plus : 4 questions à Antoine Fetet (l'auteur de Cléo), le site compagnon de Cléo

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  • Idée pour un rallye lecture : faire des groupes

    Grande fan du site rallye-lecture.fr , j'ai lancé hier le troisième rallye de l'année pour mes CM1-CM2... avec une petite nouveauté.

    Je rappelle le principe :

    • je sélectionne des livres de la bibliothèque de classe qui font partie des 5000 référencés dans la base de rallye-lecture.fr .
    • Je les mets dans une caisse en fond de classe.
    • J'affiche en fond de classe les couvertures des livres (en capturant l'écran de rallye-lecture).  
    • Les élèves prennent un livre dans la caisse, patafixent leur prénom sur l'affiche pour qu'on sache qui lit quoi, lisent le livre puis, quand le livre est revenu dans la caisse, répondent à un petit QCM sur rallye-lecture.fr pour prouver que le livre a été lu jusqu'au bout. S'ils ont 4/5 ou 5/5, le livre est "validé" (considéré comme lu).
    • A la fin de la période du rallye, on compte les points, et je remets des prix aux gagnants (livres et marque-pages).

    Lors du 2e rallye de l'année, j'ai remarqué que les élèves les moins bons lecteurs étaient moins motivés : ils avaient l'impression qu'ils n'avaient aucune chance de gagner...

    Alors, pour ce 3e rallye, j'ai changé la règle du jeu, j'ai fait des groupes. Les élèves sont par groupes de 4 ou 5 et s'affrontent à l'intérieur de leur groupe. Pour faire les groupes, j'ai utilisé leur score de fluence (calcul du nombre de mots correctement lus en 1 minute), qui donne un indicateur très objectif et incontestable de leur rapidité de lecture. L'effet a été impressionnant : même mes tout petits lecteurs m'ont demandé l'autorisation d'emporter un livre chez eux ou de lire pendant la récré ! A suivre...


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  • Depuis trois ans, j'utilise dans ma classe un dispositif individualisé, inspiré de cet article de Bruce Demaugé. Je vous explique :

    Chaque élève a un carnet de mots (pas un carnet de vocabulaire, hein, un carnet d'orthographe : on n'y copie pas les définitions). Il doit savoir écrire les mots qui sont dedans... Jusque-là, rien d'original. Ce qui l'est plus, original, c'est qu'aucun élève n'a les mêmes mots dans son carnet. Comment est-ce possible ?

    Quand je corrige les cahiers, à chaque fois que je rencontre un mot mal écrit ou mal copié (et que je pense que c'est un mot que l'élève devrait savoir écrire), j'écris dans son cahier "carnet :" et je recopie le mot correctement.

    Chaque matin, en arrivant, les élèves recopient ces mots dans leur carnet personnel.

    Une fois par semaine, en atelier, ils font un "match" : ils travaillent par deux, révisent leurs mots, puis s'interrogent l'un l'autre. Quand un élève a su écrire un mot correctement, son partenaire dessine un petit rond vert à côté du mot. Ainsi, au premier coup d'oeil, en ouvrant le carnet, on voit les mots qui n'ont aucun rond vert et ceux qui en ont trois ou quatre... L'élève sait rapidement quels mots il doit revoir en priorité.

    Quand l'élève revoit ses mots à la maison, c'est pareil : j'invite les parents à colorier un petit rond vert à côté des mots que l'élève a su écrire.

    Je suis vraiment contente de ce système. Je peux différencier facilement, donner à revoir des mots très faciles aux élèves en difficultés, et, inversement, des mots moins courants aux très bons élèves. Les élèves s'approprient vraiment l'outil.

    Un point, cependant, ne me satisfaisait pas totalement : le sort réservé aux mots rencontrés dans les dictées. Tous les jours, je dicte une  phrase ou deux (dictée flash). Les élèves recopient ensuite dans leur carnet les mots qu'ils n'ont pas su écrire. Le jeudi, je dicte un texte plus long qui reprend les difficultés et les mots des dictées flash. Là, il arrive qu'un élève fasse des erreurs sur un mot qu'il n'avait pas écrit dans son carnet, donc pas revu, parce qu'il l'avait écrit correctement dans la dictée flash.

    Pour résoudre ce problème, j'ai trouvé une astuce dont je suis ravie, et dont je découvre tout plein d'effets positifs collatéraux. La voilà :

    Une fois par semaine, je leur fais présenter leur cahier de la manière suivante :

    L'orthographe lexicale : comment aider les élèves ?

    Puis, je leur dicte les mots de la semaine suivante, ceux qui serviront dans les dictées. Ils choisissent dans quelle colonne ils les copient. J'explique aux élèves que le but est de réaliser le meilleur score possible. Seuls les mots qui sont copiés dans la colonne de gauche seront comptabilisés : +1 pour chaque mot bien écrit et -1 pour chaque mot mal écrit.

    Les élèves comprennent vite qu'il ne faut écrire à gauche que les mots dont on est sûr...

    Je dicte tous les mots, on les corrige, on compte les points et... les élèves recopient dans leur carnet tous les mots de la colonne de droite, même ceux qui étaient bien écrits (+ les éventuels mots erronés de la colonne de gauche).

    Je suis ravie de ce système. Les élèves sont obligés de prendre conscience de leur "degré de confiance" dans leur orthographe lexicale. Certains ont peu confiance en eux et cela se voit tout de suite : ils ont beaucoup de mots justes dans la colonne de droite. L'outil est un moyen très simple d'encourager ces élèves à se faire confiance, aussi.

    J'ajoute un morceau du commentaire (#25) d'AnneSo : "Par rapport à ce travail sur l'orthographe, dans le but aussi de différencier pour chaque élève et de permettre à chacun de porter son attention sur ce sur quoi il "pêche", je demande aux élèves systématiquement d'entourer dans le mot ce qu'ils ont découvert. Ainsi Léon n'a pas les mêmes mots ds son carnet que Lucie, mais deux enfants ayant le même mot copié, n'ont pas forcément découvert la même chose dans le mot. Ainsi Léon va peut-être entourer les 2 ff dans le mot différencier et Lucie va entourer le en. En plus cette méthode permet à l'enfant d'avoir un vécu autour du mot, de  porter son attention sur celui-ci(condition nécessaire pour qu'il soit mémorisé). L'intérêt aussi est de valoriser la réussite et non l'erreur et de parler et donc de retenir ce qu'on a découvert et non de retenir l'erreur(très souvent c'est ce qu'on voit ds les classes , les enfants qui disent, j'avais mis un t... mais finalement le coup d'après ils ne se souviennent toujours pas de ce qu'a le mot finalement); Enfin, travaillant avec les intelligences multiples, certains vont plutôt réciter en écrivant, en chantant, en se déplaçant, en nommant ce qu'il a découvert ...."

     

    Foire aux questions

    Quand un élève écrit mal un mot, est-ce qu'il trace un rond rouge sur son carnet ?

    Non, on écrit seulement les ronds verts. Si l'élève n'a pas réussi à écrire le mot, il n'y a pas de rond vert, c'est tout.

    Sur quel support tes élèves écrivent-ils leurs mots : carnet ? Répertoire ? Cahier ?

    J'ai essayé le répertoire. J'aimais beaucoup le principe de leur faire travailler l'ordre alphabétique à peu de frais. En revanche, les répertoires sont le plus souvent à petit carreaux, et les élèves avaient un mal fou à écrire correctement dedans. Les répertoire en réglure Seyes existent mais ils sont beaucoup plus chers, hors budget pour ma classe.

    J'ai aussi essayé le carnet "fabriqué maison" : l'objectif était que les élèves écrivent leurs mots par nature. Il y avait des pages pour les noms, des pages pour les verbes etc... Je ne suis pas très satisfaite du système car ces carnets sont peu durables, et que les mots mal "rangés" génèrent plein de ratures. Sans compter le fait que je devais relire plus souvent leurs carnets pour m'assurer qu'ils avaient rangé correctement leurs mots.

    Bref, pour l'année prochaine, j'ai tout simplement commandé des petits cahiers fins (48p). Les élèves y écriront leurs mots en colonne, tout simplement.

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  • Comment j'ai tué le 2e groupe des verbesEn discutant avec des collègues, je constate que certains s'alarment d'un point que je n'avais pas remarqué : dans les IO 2015, on ne parle plus de groupes de verbes. En particulier, le 2ème groupe a disparu.

    Si je n'avais pas remarqué ce point, c'est pour une raison très simple : cela fait plusieurs années que je ne parle plus non plus de ce deuxième groupe. En fait, chercher à isoler les verbes du 2ème groupe me parait maintenant inutile, voire contreproductif. Autrement dit, cela ne sert à rien et cela embrouille les élèves.

    Je précise, avec 3 idées directrices qui m'ont ensoleillé la conjugaison :

     

    Idée 1 : pour faire de la conjugaison, il faut apprendre aux élèves à passer par l'oral.

    Travailler d'abord la conjugaison à l'oral permet de faire prendre conscience aux élèves qu'on étudie la conjugaison pour apprendre à écrire ce qu'on entend, ce qu'on dit. La conjugaison, ce n'est rien d'autre que "l'orthographe des verbes". 

    Si on passe trop vite sur cette étape de l'oral, si on n'y revient pas systématiquement, on se retrouve avec des élèves qui inventent des formes verbales : tu alleras (le futur du verbe aller), nous étrions (l'imparfait du verbe être...). Ils tentent d'appliquer des recettes, comme si la conjugaison était une sorte de machine à associer des radicaux et des terminaisons, machine complètement déconnectée de la langue.

    Une fois qu'ils ont bien compris qu'il s'agit d'apprendre à écrire ce que l'on dit, il n'y aura "plus qu'à" corriger leurs imperfections de l'oral : ils voient (et non voyent), vous dites (et non disez), ils croient (et non croivent...).

     

    Idée 2 : Au présent, c'est le 1e groupe qui est "spécial" avec ses terminaisons en -e. La plupart des autres verbes, 2e ou 3e groupe ont des terminaisons en s-s-t 

     ... avec en particulier les finales en -i qui sont les plus piégeuses : je replie la serviette mais je remplis les verres, le lion se réfugie mais rugit, tu cries mais tu écris, je relie les points mais je relis ma dictée... On le voit bien dans ces exemples : c'est le 1er groupe qui pose problème.

    Les verbes des deuxième et troisième groupes se comportent de la même manière je remplis, je rugis, comme je relis, j'écris.
    Autre exemple, même si finir et partir ne font pas partie du même groupe, les élèves disent : "Je pars à la plage" et "je finis mon travail", et écrivent un -s dans les deux cas. Il est parfaitement inutile de leur imposer une étape de raisonnement supplémentaire en se demandant si finir ou remplir sont des verbes du 2e groupe ou pas  (même ceux qui ne savent pas que remplir est un verbe du 2e groupe écrivent "nous remplissons le seau", et pas "nous remplons le seau").

     

    Idée 3 : Une fois que les élèves ont appris à être vigilants pour repérer les verbes en -er, il reste peu de cas particuliers à leur enseigner

    Ils apprendront à repérer les verbes en -dre (qui ont des terminaisons en ds-ds-d), vouloir-pouvoir (valoir) chez qui le s se change en x et quelques curiosités, comme être, avoir et aller...

     

    Moralité : vous conviendrez que, le deuxième groupe, on s'en fiche complètement, en fait.


    Beaucoup de gens se sont exclamés ci-dessous, ont crié au meurtre, au conjuguicide...

    On m'a expliqué que le participe présent du deuxième groupe était en -issant (en finissant....) mais cela ne pose pas de problème aux élèves puisque cette forme n'est pas homophone avec une autre : tous les participes présents s'écrivent -ant, 2e groupe ou pas.

    Dans leurs rédactions, même en n'ayant jamais entendu parler du 2e groupe, mes élèves écrivent spontanément "Il a répondu en rougissant." puisque c'est ce qu'ils disent. Aucun n'a l'idée de m'écrire "Il a répondu en [rougeant]."   

    Quant à ceux qui écrivent "en rougisant", c'est l'orthographe du son [s] qu'il faut travailler avec eux, bien plus largement que la conjugaison des V du 2e groupe.

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  • Poésie : Le ptit grenierIl est rare que je fasse apprendre les paroles d’une chanson à mes élèves en guise de poésie. On trouve sur le net beaucoup de textes écrits par des poètes autoproclamés qui ne méritent pas, à mon avis, d’être appris par cœur. Pour composer un poème, il faut que chaque mot soit sélectionné, pesé, qu’il chante avec ses voisins ; que le choix des termes, la musique de la rime, la perfection du mètre fasse naitre une véritable émotion. 

    J’ai trouvé tout cela dans la plupart des chansons d’Anne Sylvestre alors mes élèves apprendront, en mai prochain, Le ptit grenier. En Histoire, nous en serons à la Deuxième Guerre mondiale et cette chanson évoque le sort des enfants juifs qui devaient vivre cachés.

    Je suis fan, depuis mon adolescence, du répertoire adulte d’Anne Sylvestre. Si vous ne le connaissez pas, j’espère que cette chanson vous donnera envie de le découvrir.

    Le ptit grenier

    Vous y grimpiez par une échelle
    Qu’on installait dans l’escalier
    Finis tous vos jeux de marelle
    Et vos parties de chat perché
    Quand vous y montiez par surprise
    C’était en étouffant vos pas
    Il fallait alors porter Lise
    Et Sarah qui ne marchaient pas

    Moi, j’ai le cœur tout barbouillé
    Quand vous parlez du p’tit grenier

    Quand on avait fermé la trappe
    Il fallait, on vous l’avait dit,
    Que pas un cri ne vous échappe
    Silencieux comme des souris
    Le plafond était tout en pente
    Et David se tenait penché
    On y voyait par quelques fentes
    Le ciel et un bout de clocher

    Moi, j’ai le cœur tout barbouillé
    Quand vous parlez du p’tit grenier

    Vous taire n’était pas facile
    Mais vous l’aviez bien vite appris
    Inventant des jeux immobiles
    Pour occuper les plus petits
    Parfois ce n’était qu’une alerte
    Et vous pouviez dégringoler
    Bondir par la fenêtre ouverte
    Comme des cabris déchainés

    Moi, j’ai le cœur tout barbouillé
    Quand vous parlez du p’tit grenier

    On vous avait mis à l’école
    Et vous aviez compris que vous
    Vous appeliez Georges et Nicole
    Sans jamais vous tromper surtout
    Ainsi se passait votre enfance
    Sans nouvelles de vos parents
    Vous ne mesuriez pas la chance
    Que vous aviez d’être vivants

    Moi, j’ai le cœur tout barbouillé
    Quand vous parlez du p’tit grenier

    Enfants, vous que partout les guerres
    Viennent broyer comme en passant,
    Vous qui semblez être sur Terre
    Pour payer la haine des grands,
    Qu’un jour on voie pourrir les armes
    Et les soldats inoccupés
    Que sur le ruisseau de vos larmes
    Voguent des bateaux de papier

    Que plus jamais vous ne deviez
    Vous cacher dans des p’tits greniers 

                                Anne Sylvestre

     

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