Chanter en canon sans cacophonie

Chanter en canonHier, j’ai participé aux « rencontres chantantes » avec ma classe. C’est une rencontre chorale inter-écoles.

Une des maitresses a fait chanter ses élèves en canon. Sauf qu’elle n’avait pas choisi un chant écrit spécifiquement pour être chanté en canon.  

Résultat : une cacophonie pathétique. Les spectateurs s’entreregardaient en fronçant le nez, sans bien comprendre ce qui se passait.

Or, ce n’est pas la première fois que je vois des collègues entreprendre ce genre de cascades alors je me fends d’un tout petit article.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un canon ?  (source : clic)

« Un canon est une pièce musicale composée selon un procédé d’écriture spécifique : les différentes phrases de cette pièce présentent la particularité d’être superposables (tout chant ne peut donc pas être interprété en canon). Traditionnellement, on le chante dans son intégralité, en faisant intervenir successivement les différents groupes de chanteurs. Mais il existe bien d’autres façons d’organiser un canon.

Chanter un canon pose toujours quelques difficultés pour les jeunes – et moins jeunes ! – oreilles non encore entraînées à la polyphonie (superposition de plusieurs mélodies). Il faut en effet être capable de chanter sa voix sans se laisser perturber par une ou plusieurs autres voix chantées simultanément par d’autres personnes.

L’objectif est d’ailleurs plus ambitieux que celui qui consiste simplement à ne pas être « dérangé » par les autres voix. Il s’agit surtout d’apprendre progressivement à entendre toutes les voix ensemble ». 

Pourquoi et comment faire chanter un canon ?

Je copie-colle l’ancien document d’accompagnement de musique, qui est « une bible » (rapide à lire, en plus) :

« [le canon] est un seuil décisif, le pas obligatoire d’avancement vers la polyphonie puisqu’il marque la capacité à chanter en écoutant d’autres voix sans se laisser perturber par elles. Les compétences nécessaires pour chanter en canon supposent, outre l’écoute partagée, l’intégration la plus forte possible par l’enfant de la pulsation du morceau chanté.

Plusieurs phases dans la mise en place de canons sont à observer et à combiner pour asseoir progressivement les compétences visées.
Commencer par apprendre le canon en parler rythmé est souvent souhaitable, en y appliquant les jeux vocaux d’expression en vue de sa mémorisation.
Toute représentation permettant de visualiser la forme du canon sera à ce moment la bienvenue. Puis, faire intervenir la mélodie et la mise en place du canon lui-même, en se limitant bien évidemment d’abord aux canons à deux voix. Cette mise en place résulte de nombreux exercices combinés. Un groupe peut d’abord chanter une des phrases en ostinato, un autre enchaîne le chant dès la deuxième répétition, le maître peut chanter en canon avec un groupe, les autres enfants écoutent ; on essaie avec le chant enregistré à l’unisson plusieurs fois, les groupes chantent en canon avec le magnétophone… Le recours à des évolutions, des gestes différenciés associés aux phrases à enchaîner de façon décalée viennent utilement renforcer l’automatisation de la mise en place. Il est bon de placer deux ou trois enfants par rotation en position d’auditeurs. Dans tous les cas, le maître marque la pulsation avec précision et indique les départs comme l’arrêt. »

2013-5-15 18:35:00
Cycle III Autres

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