Répartitions : qui décide, comment ?

A la fin de chaque année, la question se repose souvent dans les écoles : qui prend le CE2-CM1, à cheval sur deux cycles ? Qui prend le CM2 qui vient de se libérer suite départ à la retraite ?

Répartitions : qui décide, comment ?

Dessin de Jack Koch sur Danger école (clic)

Alors, comment réussir au mieux cet exercice périlleux ?

D’abord, rappelons le cadre légal, c’est important de l’avoir en tête :

Dans les textes, le Directeur d’école n’a pas beaucoup d’attributions, de « pouvoirs ». Il n’est pas (dans le public) le supérieur hiérarchique de ses adjoints, il ne fait qu’organiser, veiller, animer, coordonner…

Mais il en a quand même au moins une, d’attribution, qui nous intéresse ici. On la trouve dans le BO sur le rôle du directeur (clic).

Répartitions : qui décide, comment ?

 

Vous avez bien lu : après avis du conseil des maitres, c’est le directeur qui décide des répartitions. Et c’est tout :

  • aucun texte ne officiel ne dit que le maitre le plus ancien choisit sa classe,
  • aucun texte officiel ne dit que si on n’est pas d’accord avec la décision du directeur, c’est l’IEN qui tranche,
  • le texte dit seulement que le conseil des maitres doit se réunir sur la question et que le directeur doit, après avoir écouté l’avis du conseil des maitres, décider.

 

Remarque : Sur internet, on trouve des témoignages de collègues qui disent que leur IEN est intervenu dans le processus. Je n’ai jamais rencontré ce cas. AU contraire, mon IEN rappelle tous les ans dans une note de service que c’est le rôle du directeur d’arrêter les répartitions. Si l’IEN intervenait, il outrepasserait clairement ses prérogatives (les textes officiels ne donnent déjà pas beaucoup de « pouvoirs » au directeur, alors si l’IEN lui retire aussi celui-là, il est en mauvaise posture). Non, l’IEN peut intervenir, à la demande du directeur, pour rappeler que… ce n’est pas son rôle de trancher sur les répartitions et qu’il laisse le directeur faire son boulot (voire pour recadrer un collègue râleur en lui rappelant ses devoirs). Point.

 

Dans beaucoup d’écoles où je suis passée, on fonctionnait peu ou prou à l’ancienneté, de manière plus ou moins tacite. Et, dans beaucoup d’endroits, les maitres pensaient que ce fonctionnement était un « droit » (« je suis plus ancien, donc j’ai le droit de choisir en premier« ). 

Et puis des petits cailloux sont venus se glisser dans cet engrenage bien huilé :

  • notre hiérarchie nous a demandé que les collègues débutants soient prioritaires sur les niveaux simples, et ne reçoivent pas de CP ni de CM2…
  • Dans certaines écoles, ce sont toujours les mêmes qui reçoivent les doubles-niveaux…
  • Certains collègues aimeraient bien suivre leur classe sur deux ans…
  • D’autres ont le sentiment (parfois justifié) que le directeur favorise des copains ou pénalise celui qu’il a dans le nez…
  • Si une classe est vacante fin juin et que le collègue ne sera nommé que fin aout, on peut penser que ce serait  mieux pour tous de lui laisser un niveau simple et pas trop exposé…
  • Certains collègues ont le sentiment que le Directeur n’assume pas ses responsabilités, fuit les conflits, et préfère reconduire les anciens, d’année en année, quitte à accepter des répartitions pas idéales, à laisser les débutants sur des postes moins faciles, ou à ne pas écouter le collègue plus récent qui rêverait d’avoir, enfin, le niveau de ses rêves ou un cours simple.
  • Un nouveau directeur nommé contre son gré à ce poste peut légitimement souhaiter un niveau simple, ou un niveau qu’il connait mieux…

 

Toutes ces raisons font qu’il peut être souhaitable de réfléchir, et de remettre les « traditions » sur la table pour définir et adopter, avant la fin de l’année, des règles qui permettraient d’objectiver un peu le processus tout en faisant mieux que l’attribution des niveaux « à l’ancienneté ».

On peut imaginer, par exemple, de se mettre d’accord pour mixer un certain nombre des règles suivantes :

  • attribuer en priorité les niveaux simples aux débutants
  • un collègue qui prend un niveau multiple sera prioritaire l’année suivante pour choisir sa classe
  • un collègue nommé sur un niveau qu’il ne connait pas sera prioritaire pour le conserver au moins 3 années scolaires
  • le directeur, même nouvel arrivant, choisit sa classe (les textes le permettent d’office puisque c’est le directeur qui décide, mais cela peut « aider » de le rappeler)
  • on ne reste pas plus de 3 ou 5 ans sur un même niveau (pour donner la possibilité aux autres d’y gouter s’ils en ont envie, pour que tous connaissent les contraintes de différents niveaux…)
  • les collègues qui le souhaitent peuvent suivre leur cohorte 2 ans…

 

A vous la parole : chez vous, à part les règles « à l’ancienneté », avez-vous des pratiques à partager, dans vos écoles ?

 

2016-4-15 09:53:00
Direction

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