• 27 fois moins d'adultes à l'école qu'au collège...

    Cette année, pour faire des économies, le gouvernement a supprimé les EVS  (Les "Emploi de Vie Scolaire", ce sont ces personnes qui aidaient les directeurs d’école dans leurs tâches administratives). 

    Or, de mon côté, je suis professeur d’école nommée en collège, je peux donc observer le fonctionnement de mon établissement, paisible collège de campagne.

    … et je compare avec l’école, forcément. Je regarde, en plus du personnel enseignant, qui fait quoi dans le collège. Voilà ce que donne ma comparaison :

    27 fois plus d'adultes au collège qu'à l'école...

     A effectif égal, il y a donc 27 fois moins d’adultes « support » (hors personnel enseignant) dans une école élémentaire que dans un collège ordinaire.

    Entendons nous bien. Je ne suis pas en train de dire que cela devrait être « pareil ». Je comprendrais bien qu’on m’explique que les écoles ont, par exemple, besoin de 2 fois moins de « fonctions support » que les collèges. Ou 3 fois moins.

    Mais… 27 fois moins ? Vraiment ?

    Est-ce qu'un écolier a 27 fois moins besoin qu'un collégien de se faire soigner son genou écorché ? Est-ce qu'un parent d'écolier a 27 fois moins besoin d’être reçu ? A effectif égal, une école aurait-elle 27 fois moins besoin de secrétariat ou de gestion ? 27 fois moins de commandes de manuels ou de fournitures à passer, à réceptionner, à comptabiliser ? Les écoles rencontreraient-elles 27 fois moins leur inspecteur, le maire, les associations de parents d’élèves, les autres établissements, les prestataires de spectacles ou d’animations sportives ? Organiseraient-elles 27 fois moins de sorties ou de kermesses ? Les livres de la bibliothèque auraient-ils 27 fois moins besoin d'être couverts, réparés, rangés ? Les problèmes sociaux, les handicaps surgiraient soudainement au collège et seraient 27 moins susceptibles d’être pris en charge à l’école ? …

    Dites, Messieurs-qui-décident-qu’il-faut-supprimer la seule et unique aide administrative dont disposaient les directeurs d’école, est-ce que vous ne croyez pas qu'il faudrait envisager d’aller les chercher ailleurs, vos économies ?
    Vous aviez vraiment l’impression que cette aide administrative était… luxueuse pour les directeurs d’école ? 

    Je veux croire que cette petite comparaison vous aidera à reconsidérer la question.

    Amis lecteurs… faites passer. « Tweetez, facebookez, mailez », faites suivre à votre député…
    Les directeurs d’école ont besoin de leur EVS*.

    (*) Si en plus les EVS avaient un emploi pérenne et les directeurs un vrai statut, ce serait... byzance ? Non, ce serait normal. Mais pour l'instant, on est très loin du "normal".

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  • Commentaires

    1
    Pelsa
    Lundi 12 Septembre 2011 à 16:44

    oh bon sang ...

    Forcément on assume tous les rôles : surveillance, soins, social, ............................................... et les horaires de surveillance avant et après la classe ne sont pas comptabilisés dans nos 24 heures (quelle râleuse je fais) 

    2
    Lundi 12 Septembre 2011 à 16:48
    26 heures, tu veux dire.
    3
    Nathadirlette
    Lundi 12 Septembre 2011 à 18:02

    Non ! Pas d'EVS en emploi précaire. Un vrai contrat qualifié et pérenne.

    Et pour les directeurs : UN STATUT, VITE !

     

    Je profite de ce message pour te remercier : ce blog est une mine !

     

    4
    nathalie67
    Lundi 12 Septembre 2011 à 18:03

    Merci pour ton article Charivari. Et voilà pourquoi après 31 ans de carrière, dont les 10 dernières avec une direction ( 230 élèves, 9 classes, 1/4 de décharge pas toujours assurée, pas d'EVS bien sûr ) , j'en ai eu ras-le-bol et j'ai quitté la direction pour reprendre une classe à temps plein dans une autre école. Le moral va beaucoup mieux et je m'éclate en classe, même si j'ai le désagréable sentiment de ne pas avoir été capable d'assurer. Merci également pour ton blog remarquable. J'ai enfin l'occasion maintenant de mettre en pratique tes idées géniales ainsi que celles des autre Eklaprofs. Bon courage pour cette année!

    5
    cornafion Profil de cornafion
    Lundi 12 Septembre 2011 à 18:09

    J'ai partagé sur Facebook....

     

    6
    Lundi 12 Septembre 2011 à 18:45

    Bien vu bien dit!

    7
    Lundi 12 Septembre 2011 à 19:28

    Edifiant... *mal au coeur*

    8
    SabineT Profil de SabineT
    Lundi 12 Septembre 2011 à 20:25
    Excellent article charivari ! Si seulement nos responsables venaient sur la toile pour constater l'implication des enseignants dans leur metier et notre malaise!
    9
    coconuts2009 Profil de coconuts2009
    Lundi 12 Septembre 2011 à 20:41

    +1

    C'est édifiant

    10
    Muriel4047
    Lundi 12 Septembre 2011 à 21:02

    Merci, merci, merci et encore merci Charivari pour ton constat clair mais édifiant.... Qu'il soit lu par ceux qui décident...Je suis directrice d'une école à 4 classes et je ne sais pas comment je vais faire sans EVS après Toussaint. Et que dire des directeurs d'école plus grandes... Punaise non c'est pas du luxe une aide administrative 20 h par semaine !!!!

    11
    vava13
    Lundi 12 Septembre 2011 à 22:12

    messieurs Sarkozy et Chatel n'ont-ils pas un compte sur facebook ? .......on ferait pas mal de leur faire parvenir ton article !!!

     

    12
    RS
    Mardi 13 Septembre 2011 à 01:28

    Si on enlevait juste 100€ par mois à tous les élus ... les sénateurs ne toucheraient que 6900€, les députés que 6900€, les conseillers européens que 6900€, les conseillers régionaux que 1900€ (une petite moyenne), les conseillers généraux que 1900€ (là aussi petite moyenne), les ministres que 13800€, le 1er ministre que 22149€ ... sans compter le Président, les maires, les présidents de Com Com .... et j'en passe et des meilleures (les avantages x et y et même z) ... on économiserait par le plus petit bout (je n'ai pas tout compté) par an : environ 45 millions d'euros!!!!

    Et je ne parle pas du budget de fonctionnement de l'Elysée (110 millions d'euros) du Sénat (550 millions d'euros+ tous les biens et caisses représentant environ 1,5 milliards d'euros), du parlement (300 M d'euros).

    Donc avec 45 M d'euros on pourrait quand même employer quelques EVS non? près de 2000 par an avec un salaire de 1000€ (+1000€ charges)

    Donc en 1789, les français ont fait la révolution pour abolir les privilèges ... Il n'y a peut-être plus de roi mais la noblesse est toujours là et nous avons juste la chance de l'élire!

    Merci qui? Mais rassurons nous, nos enfants pourront toujours s'abrutir devant Secret Story et toutes les c.... de ce genre qui abreuvent le bon peuple!!

    Allez Ciao Ciao et bon courage aux instits

     

     

     

    13
    slyered
    Mardi 13 Septembre 2011 à 14:16
    Nathadirlette a tout dit ! EVS en emploi qualifié et perenne et un vrai statut pour les directeurs !
    14
    ValG
    Mardi 13 Septembre 2011 à 21:08

    C'est tout à fait vrai !!!!!!


    A l'école on fait du "bricolage" comme on peut, avec le peu que l'on a.... et certains s"étonnent du niveau des élèves à l'entrée en 6è.


    Difficile de rester motivé pour notre "beau métier" .......


    Merci por ce partage encore une fois

    15
    sissoua
    Mardi 13 Septembre 2011 à 21:51

    Merci pour cette remarquable analyse,

    Au journal de 20h00 de France 2 on présente "les enseignants "comme travaillant 15 à 18 heures par semaine, pour 2400 euros à 15 ans d'ancienneté... (Vous l'aviez deviné, on parle des agrégés de collège et pas des PROF des écoles ! Vous l'aviez deviné... mais qu'en est-il du parent d'élèves lambda, même bien informé...?) ... ton article m'a fait du bien.

    Je devine.. pourquoi 27 fois moins d'adultes au collège ? Parce que les PROFS des écoles, qui ont eux 27 heures dues par semaine, aident le directeur à soigner, couvrir les livres, faire la maintenance informatique, comuniquer avec les parents, surveiller les récréations et faire le café ! (pas de machine...) sans connaître la notion d'heure supplémentaire. Les PROFS des collège, qui ont énormément de mérite par ailleurs, sont dispensés de ces tâches, où les font en sus de leur service et en heure sup ... mais c'est normal... ils ont 18 heures par semaine !  Marre d'être un PROF quand on parle du droit du départ à la retraite, à la formation et de redevenir, par magie, un INSTIT à d'autres instant.

    Mon coup de geule ne vise pas les profs mais la méconnaissance institutionnelle et médiatique...

     

     

    16
    Mamoumarie
    Mardi 13 Septembre 2011 à 22:38

    Bravo encore Charivari ! Excellent,

    17
    syl
    Mardi 13 Septembre 2011 à 22:42

    Je suis en fin de contrat en novembre prochain, alors que le travail est toujours d'actualité. ma pauvre nouvelle directrice devra se débrouller seule avec ses 400 élèves et ses 15 enseignants et sa nouvelle école dans son ensemble, elle devra donc gérer tout  en même temps : SEULE !! Tout son courage sera t  il suffisant !

    Venez messieurs les décideurs passer une simple journée ! Et peut être ....

     

    18
    ékile
    Mardi 13 Septembre 2011 à 23:51

    Il y a encore un an je travailais comme EVS dans un petite école rurale, une classe unique l'effectif n'était certes pas de 400 mais lorsque l'instit qui est aussi la directrice doit gérer trois niveaux , c'est aussi compliqué. J'ai eu la "chance" de pouvoir bénéficier d'un contrat de 10 mois renouvelable 1 fois. La personne qui m'a remplacé, elle n'a eu droit qu'à 6 mois non renouvelable!!! Dans ce type d'école on est en contact constant avec les enfants , on assiste l'instit en classe, on s'occupe bien entendu des tâches administratives, et grace à des conventions entre IEN et mairies on se charge aussi de la cantine!

    A cause du type de contrat il nous est impossible de faire une demande  de VAE car la durée n'est pas assez longue ni le nombre d'heures assez imortant. Mais à la suite de mon contrat j'ai reçu un document  du ministère de l'emploi que je devais remlir et renvoyer, une des questions était :"Avez-vous entrepri une VAE ?

    J'aurai bien aimé!!!!!!!!!!!!!!

    L'avenir pour tous, et on l'apprend dès l'école c'est la précarité, alors que tout devrait être fait dès l'école lutter contre.

     

    19
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 09:33

    Je reviens sur mes tweet et sur ton commentaire 16. Lors de la suppression du samedi matin pour les gamins, un nombre d'heures (insérer le nombre en question, je regarde mes notes chaque année pour celà) a été dégagé. Sur cette masse horaire, nous devons placer 18 h en animations pédagogiques, 6 heures en conseils d'école, je ne sais plus combien en conseils de maîtres, 10 h (c'est ce que nous avons défini dans l'école) pour recevoir les parents d'élèves (mais Merlin sait que ça ne suffit pas) etc.
    Nous ne sommes pas payés en heures sup pour les faire. Nous sommes tout simplement payés, ces heures faisant parties de notre masse horaire due sur le terrain.

    Par contre, si on nous remet la semaine à 5 jours ou 4,5 jours, je ne sais pas ce qu'il va en être...
    Une injustice de plus : le palier 2 du socle commun, je suis sensée le remplir seule, toutes les matières, 9 pages si je me souviens bien (pas toutes complètes) alors que les profs, une seule matière... Je ne sais même pas quand je vais trouver le temps pour le faire.


    J'ai ma réunion de parents vendredi. Comme en plus j'ai l'année charnière avant le collège, je vais les informer des injustices criantes entre les deux établissements, d'autant plus que nous avons perdu nous aussi notre EVS. Elle s'occupait entièrement de la bibliothèque de l'école (10 000 livres une antenne de la médiathèque municipale) et sa présence permettait aux enfants de lire tranquille à la bibli durant le temps de cantine...

    Quand en plus on connait leur paie, c'est vraiment de l'économie de bout de chandelle.

    20
    Lala_33
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 10:52

    Excuser moi de vous le dire, mais votre article est particulièrement idiot ! C'est à ce genre de traitement de l'"information" que l'on se rend compte que le journalisme est un métier... comment osez-vous généraliser dans votre titre une observation ponctuelle, et un calcul qui n'a rien de scientifique. Il est certain qu'avec un tel manque rigueur, on ne devrait pas vous retirer une aide précieuse dans vos établissements.


    Pour entrer plus dans le détail, je ne comprends pas comment vous pouvez dresser un parallèle entre la gestion de ces deux types d'établissements... En effet, les instituteurs sont supposés à mon sens prendre une plus grande part à la "gestion" des diverses tâches que vous évoquez, et plus particulièrement la discipline et la gestion des absences et des retards, car enfin, ils ne gèrent qu'une classe, et ne voient pas les élèves défiler comme au collège... Avez-vous réellement besoin de 5 personnes sur site pour gérer un élève absent de votre salle de classe ?? Permettez-moi d'en douter !


    En dehors de ces quelques aberrations dans votre méthode, je vous concède qu’un emploi de gestionnaire à plein temps me paraît nécessaire au bon fonctionnement de nos écoles. Mais voilà, les temps sont durs. Je conçois que vous ne compreniez pas grand-chose à l’économie, à chacun son métier, mais les enjeux sont capitaux, il y a des économies à faire, tout le monde doit se sérer un peu la ceinture. Et par pitié, évitez-moi les commentaires révolutionnaires à enfoncer des portes ouvertes, taxer les revenus du capital et baisser les salaires des patrons est en dehors du sujet. J’ajoute que je ne suis ni patron, ni actionnaire, j’ai fait des études d'économie et de gestion et travaille modestement dans une petite entreprise française soumise à la loi du marché. Et j’accepte de faire mes 8h-19h (et de continuer à travailler chez moi également, pas de copies à corriger ne signifie pas se la couler douce devant le film) sans râler perpétuellement !!!


    Vous ne rendez absolument pas service à votre profession en écrivant de telles inepties. Dénoncer, c’est une chose, les extrapolations fallacieuses en sont une autre. Si les EVS sont nécessaires, dites le simplement, avec votre ressenti, sans entrer dans des théories alambiquées, et si vous souhaitez relayer l’information dans les media, faites appel à des professionnels !


    Enfin messieurs et mesdames, un peu de décence, vos journées de 26h ??? Allons… tout le monde travaille (ou presque), votre profession, n’est pas plus dure qu’une autre, plus noble peut-être, et encore…


     

    21
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 11:15

    Cher monsieur,

    bon, pour commencer, avant d'être prof, après avoir fait une grande école de commerce, j'ai été cadre et consultante pendant 15 ans dans le contrôle de gestion et le conseil en organisation et système d'information. Votre remarque "vous ne comprenez pas grand chose à l'économie" tombe donc mal. Je ne suis donc pas aussi "nouille" en gestion que vous voulez le laisser croire.

    Vous parlez de mes semaines de 26 heures... non, 26 heures, ce n'est que le temps d'enseignement. Le jour où mes semaines feront moins de 60 heures, j'aurai l'impression de souffler. Je n'ai jamais eu des journées de travail aussi longues que depuis que je suis instit'

    Imaginez que vous ayez des CM demain pendant 6 heures, que vous deviez assurer 1h de grammaire, 1h de maths, 1h de sciences, 1h d'anglais, 1h d'EPS et 1h de littérature. C'est demain, voilà : combien de temps allez vous mettre pour préparer ces 6 heures d'enseignement ? Ajoutez les heures de correction (à l'école, on corrige TOUS les écrits des élèves, y compris les cahiers d'histoire ou de leçons de grammaire, pas seulement les interros), et saupoudrez le tout de quelques rendez-vous parents et réunions par semaine. La première année, j'avais pour objectif de me coucher au plus tard à 1h du matin pour préparer ma classe, mercredis et week-ends compris (bon, je me garde une journée de week-end "vide"). La deuxième année, j'ai réussi à passer à minuit. Le jour où mes semaines feront 60 heures, j'estimerais être arrivée à des horaires de travail raisonnables. Si on compte les journées de vacances passées à préparer, j'ai même moins de vacances qu'avant (congés payés + RTT, j'avait près de 11 semaines, avant)

    Bref, vous parlez d'indécence... je vous assure que quand le "grand public" dont vous faites partie, est aussi aveugle sur nos horaires de travail, s'imagine que nos journées se terminent à 16h30 et se préparent toutes seules, que les lignes d'écriture que les élèves trouvent dans leurs cahiers le matin sont apparues par magie, nous, nous sommes vraiment malheureux. Surtout quand en plus on entend les médias parler des heures sups ou des indemnités que nous touchons, heures sups qui n'existent pas chez les profs des écoles.

    Pour la comparaison collège-école, vous remarquerez que je n'ai jamais dit "les collégiens ont-ils 27 fois plus besoin d'être surveillés ?". Oui, pour les assistants d'éducation, je reconnais volontiers qu'ils soient plus nécessaires en collège qu'à l'école (même si l'école est assez loin du monde des bisounours que vousavez peut-être en tête : au CM, on a des élèves qui se battent, qui fument, nous aussi, et 0 personnes pour les encadrer...)

    En revanche, je dis, et maintiens, que ce ratio de 27 est trop élevé et n'est pas justifié par la différence entre nos deux populations ou entre nos deux types d'établissement.

    22
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 11:23

    Peut-être avez-vous lu rapidement; en aucun cas nous ne demandons 5 adultes pour gérer une absence, juste un seul EVS pour assister le directeur dans toutes ses tâches administratives, de plus en plus lourdes, qu'il supporte en plus de son temps en classe; parfois par choix, souvent par obligation.

    Notre noble profession n'est pas plus dure que certaines autres, ce n'est pas une raison pour la dévaloriser.

    23
    nathalie67
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 11:37

    "Article idiot, décence..." , mais c'est n'importe quoi. Oui, ce ratio de 27h est injustifié. Oui, Charivari est en droit de pousser ce coup de gueule que nous poussons tous par amour de notre métier, nous, les petites mains de l'Education Nationale. Merci Charivari.

    24
    élo
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 12:02

    Alors là, pas d'accord !!! Avez-vous, monsieur, parcouru ce site ? Il regorge d'enthousiasme  pour un métier formidable et d'idées pour sortir des sentiers battus.

    Cette manière de soulever un problème n'a certes pas de rigueur scientifique à proprement parler, mais le fond est tout à fait pertinent (de plus, certains journalistes ne sont pas plus rigoureux.)

    Notre métier est comme beaucoup d'autres victime de raccourcis médiatiques qui sont souvent loin de la complexité du réel. C'est vrai qu'on entend à la télé que les râleurs perpétuels.

    Les directeurs d'école sont des "supers instits" à qui on demande d'avoir 6 bras et 3 têtes et qui remplissent souvent leur rôle au détriment de leur classe et de leurs élèves. On ne parle pas ici de loi du marché, mais d'enfants, de vos enfants.

    J'ai bossé dans le privé, puis à mon compte, et je sais bien que nous sommes des privilégiés. (Je crois que Charivari qui a eu une vie avant en sait aussi quelque chose, ce n'est pas une "pauvre instit" qui n'a rien fait d'autre !).

    Mais est-il raisonnable de mettre devant une classe de 26 élèves une personne surmenée, débordée et au bord du burn out ? Un professeur épuisé fait rarement des élèves épanouis !

    Il n'est pas question de dresser les uns contre les autres, mais pour l'avoir vécu, je peux certifier que 8 ou 10 heures dans un bureau avec des adultes est tout aussi, voire moins fatiguant que 6 heures devant un groupe d'élèves qu'il ne faut pas lâcher d'une semelle.

    Ma théorie est que certes, les temps sont durs ; il y a des économies à faire à l'EN, mais j'ai l'impression que l'école primaire est un peu trop souvent visée : tout le monde doit faire des efforts. N'y a-t-il pas des économies à faire aussi au niveau de l'administration ? Des outils plus modernes à installer pour être plus efficaces ? Bref, ne pas pénaliser les élèves ?

    Enfin, je ne crois pas que l'investissement personnel du professeur soit le même au collège (dixit plusieurs amis profs certifiés) où les élèves sont bien moins connus sur le plan personnel et suivis par les profs. C'est vrai que quand on voit les mêmes élèves 6 heures tous les jours, on les connait bien et on a vraiment envie de les faire progresser ; on se sent responsables : c'est aussi ça qui est formidable !

    Une dernière chose : merci à Charivari qui a boosté ma rentrée. Tu es un exemple pour notre très noble profession (et pas du tout une râleuse).

    25
    neigedvt18
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 12:20

    @lala_33, Je pense que vous parlez sans savoir. Les enseignants du primaire ne demandent pas un encadrement aussi important qu'au collège. Nous déplorons la disparition de nos EVS (autrefois aide éducatrice). Leurs heures de présence n'ont eu de cesse de diminuer pour finalement disparaitre.

    Pourtant, les tâches administratives sont de plus en plus lourdes, les parents de + en + inquiets se tournent de +  en + vers l'école (donc réunions) et, malheureusement, les enfants ne sont pas tous des Bisounours (comme le dit si bien Charivari). L'insécurité que les parents de certains rencontrent se retrouvent dans les enfants qui, forcément, sont agités. Nous avons eu un élève qui, quand il "piquait une crise", se tapait la tête contre les murs et lançait tous les objets à sa portée (et celà a duré plusieurs années). A cette époque, nous avions, heureusement une EVS. Ce qui permettait d'avoir un adulte avec l'enfant en crise le temps qu'il se calme et un autre adulte avec le reste de la classe.

    Ce cas est extrême mais des enfants ayant des comportements "inadaptés", nous en avons tous les ans (1 seul quand on a de la chance).

    De même quand un enfant est malade, nous nous trouvons devant un choix cornélien : s'occuper d'un seul ou du reste de la classe maintenant que nous n'avons plus d'EVS. Par chance, il y a une porte de communication avec la classe d'à côté, je peux donc laisser ma classe en surveillance à ma collègue (et vis versa), le temps de m'occuper de l'enfant et de prévenir les parents (quand ils sont joiniables) mais c'est au détriment de la qualité du travail.

    Pour les tâches administratives, la directrice n'a pa eu d'autres choix que de nous mettre à contribution. Heureusement pour moi, j'ai la chance d'avoir un mari qui m'aide (découpage, plastifiage, compte de la coopé....) sinon, je me demande quand je pourrai avoir du temps pour moi. 

    Je viens de regarder l'heure, j'ai une réunion obligatoire, tout l'après midi, à 35 km de chez moi. Ce matin, je suis allée chercher le menu matériel qu'il pouvait manquer à plusieurs d'entre nous. Mon planning pour jeudi et vendredi n'est pas finalisé....

    J'arrête là car je n'ai plus le temps.

    26
    elosand
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 13:49

    L'EVS qui travaillait dans l'école maternelle de ma fille a était virée par un sms qui lui disait que son contrat était terminé et que pour des raisons d'assurance elle devait quitter les lieux immédiatement !! C pas beau le progrès !!!

    27
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 14:15
    jlamouche

    Cette année 22 élèves quadruple niveau du ce2 jusqu'au cm2, dont plusieurs élèves avec handicap (léger mais reconnu officiellement) et ni EVS ni AVS, et pas d'espoir d'en avoir ...

    L'EVS de l'année dernière a été remercié ...

    28
    cixy
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 15:58

    On s'en rend compte tous les jours mais le voir ainsi formalisé c'est effrayant.... 

     

    29
    Lala_33
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 17:36

    @petitejulie, vous n'en demandez pas 5, mais c'est le parallèle qui est dressé avec le collège dans l'article... c'est précisément ici que repose le problème que je voulais évoquer : les raccourcis qui peuvent être pris par rapport aux cas particuliers et dans la comparaison abusive avec des entités aux besoins et aux enjeux différents.


    Si certaines personnes ont été choquées par le vocabulaire utilisé et/ou indignées par ma méconnaissance du quotidien des instituteurs, sachez que c'était là le but. Car ce qui me choque  personnellement c'est cette façon plaintive de toujours s'adresser à ce "grand public" dont je fais partie. Oui l'Ecole présente de gros problème structurels et l'accueil des enfants n'est souvent pas optimal. C'est malheureux, mais des désavantages et des contraintes il y en a dans tous les métiers !


    Je veux bien croire que le contact avec des enfants puisse être fatiguant, plus que celui d'adultes parfois, mais de quel droit vous permettez-vous de généraliser la pénibilité de votre travail par rapport à celui des autres professions ? Il en va de même pour l'Education National que pour le feminisme moderne à mon sens. Vous êtes souvent dévalorisé(e)s à tort, certes... mais ne faudrait-il pas militer pour la reconnaissance de votre travail "comme n'importe quel autre" plutôt que de vous victimiser en affirmant que vous êtes moins bien traités qu'ailleurs ? Remarquez que ceci est une question, je ne dispose pas de la réponse, mais en tant qu'étranger à votre profession, je pense que vous en sortiriez grandi, et peut-être plus écoutés et mieux compris...


    En résumé, un coup de gueule, oui bien sûr, mais non aux apprimations ! Il me semble que la méthologie utilisée pour mettre en avant les besoin des écoles primaires dessert très largement le propos...

    30
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 17:47
    jlamouche

    Donc Lala_33, on peut faire 60 heures par semaine, constater que malgré ces 60 heures par semaine les élèves n'ont pas de conditions convenables pour apprendre, mais il ne faut pas le dire de façon plaintive sur un blog ?

     

    Ne t'inquiète pas Lala_30, la grande majorité des instits ne se plaignent pas, sachant qu'elles ont de grande chance de tomber sur des personnes qui vont réagir comme toi.

     

    31
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 19:01

    Citation "de quel droit vous permettez-vous de généraliser la pénibilité de votre travail par rapport à celui des autres professions ?"

    Je ne vois pas de quoi vous parlez. J'ai comparé deux établissements d'enseignement, pas "d'autres professions".

    Ce ne sont pas du tout des "cas particuliers" puisque les décharges de direction ou les dotations en secrétaires, gestionnaires et autres sont régies par des textes nationaux. Dans toutes les écoles ordinaires de 9 classes, le directeur est déchargé une journée par semaine, seulement une journée par semaine. Il n'y a pas de "cas particulier ici" (c'est si ce n'est pas le cas que c'est un "cas particulier").

    32
    ciboulet
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 20:00

    bonsoir à tous et baissez les armes,

    je ne suis pas de la partie, juste parent d'élève et j'ai eu l'occasion auparavant de m'exprimer sur la qualité de votre travail charivari.

    M'étant alors plainte de la qualité de l'enseignement reçu par mon fils alors en CE2 dans une petite école de campagne, l'inspection académique a confirmé l'incompétence de l'enseignante en cause et pris les meusres nécessaires, mais j'avoue ne pas savoir lesquelles. L'enseignante en question ne fait plus partie de l'école, ne pourra plus aller sur facebook pendant ses heures non supplémentaires....

    Bref, il y a des personnes consciencieuses et d'autres moins dans chaque corps de métier et il est de plus en plus reconnu que le burn out touche de plus en plus de catégories socioprofessionnelles. J'ai moi même 2 personnes de ma famille dans l'enseignement, une en lycée et l'autre en collège et je vous assure que c'est la même guégerre à savoir qui terminera son année scolaire le plus tôt, le lycée l'emportera t'il cette fois ? mais non, mais non, surveillance des épreuves du baccalauréat, correction des copies , puis épreuves de rattrapage  et c'est le collège qui finalement l'emporte.

    Tout ça sur le ton de la plaisanterie, mais pour avoir eu le malheur d'en parler un jour à une cliente professuer des écoles, j"ai bien senti le sujet sensible "oui, mais les profs sont en vacances avant nous et font moins d'heures avec les élèves" STOP

    faites du mieux que vous pouvez sans forcément vous comparer aux autres sinon oui le burn out vous rendra visite.

    Période de rentrée difficile pour tout le monde, stress accumulé, essayez de vous détendre

     

    Bon courage à tous

    33
    Pelsa
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 20:18

    On ne compare pas on essaie de faire comprendre que de l'aide on en a besoin ...et qu'il n'y en a aucune. 

    C'est pas très compliqué à comprendre. 

    34
    ciboulet
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 20:39

    encore de l'agressivité décidément

    35
    ciboulet
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 20:56

    petite précision

    je pense que j'ai été mal comprise moi aussi. Je ne dis pas que ce que vous réclamez n'est pas justifié, je suis bien mal placée pour en juger, je dis juste que vous pouvez réclamer de l'aide sans forcément vous comparer aux autres.

    Juste pour exemple, si je demande une augmentation ou un avantage quelconque à mon patron, je n'irai pas lui dire que c'est parce que je suis moins bien payée que Julie, j'irai juste défendre mon point de vue, c'est tout, prêcher pour ma paroisse en d'autres mots.

    36
    happyprof247
    Mercredi 14 Septembre 2011 à 21:01

    merci pour votre article; plus qu'à propos et pour votre travail qui nous aide et nous inspire. J'ai mis l'article sur FB

    37
    Let37
    Jeudi 15 Septembre 2011 à 00:08

    @Lala-33


    "Inepties" et "indécence" sont plutôt des termes que j'emploierais pour décrire votre message. Lorsqu'on ne connaît pas un métier, on se tait et on respecte les personnes qui, elles, savent de quoi elles parlent. Si vous êtes satisfait (e) de votre situation modeste alors que vous faites beaucoup d'heures (et moi je ne me permettrais pas d'en douter), tant mieux pour vous! Mais, en ce qui concerne les instits, heureusement que certains réagissent comme Charivari pour, même modestement, essayer de faire bouger les choses...Pour ce qui est des médias, merci pour le conseil, nous ferons appel à des professionnels...de notre métier pour parler "vrai", car, comme vous le dites si bien "à chacun son métier"...

    38
    Marie Poppins
    Jeudi 15 Septembre 2011 à 09:52

    Certes, il n'y a pas de conseillers d'orientation mais des psychologues scolaires et encore quelques enseignants spécialisés pour vous aider à choisir la bonne orientation à la fin du CM2: collège ordinaire ou collège de SEGPA.

    Pour les autres orientations, c'est la MDPH qui s'en charge par l'intermédiaire de l'enseignant référent et cela nécessite forcément un bilan psychologique fait par le psy scolaire.

    Alors quoi? Le gouvernement a raison de massacrer les RASED puisque l'on ne sert à rien?

    Une psychologue scolaire navrée...

     

    39
    Jeudi 15 Septembre 2011 à 11:40

    Pardon Marie Poppins, tu as raison. J'aurais dû évoquer les RASED quand même (c'est que je n'en ai pas vu depuis bien longtemps par chez nous, mais cela n'excuse rien).

    40
    heureuse
    Vendredi 16 Septembre 2011 à 13:30

    Je soutiens totalement le point de vue de Charivari. Je suis devenue maîtresse à 32 ans après avoir travaillé comme ingénieur dirigeant un bureau d'étude en génie urbain (études, suivis de chantiers et tout et tout). J'ai fait une classe prépa et je suis sortie première de mon école d'ingénieur . J'ai changé par passion parce que j'aime enseigner!! J'ai eu le choix entre le primaire et le secondaire (j'étais prise  comme prof d emaths) ET celle passion me coûte cher : je suis passée de plus 3000 euros par mois à 2000 euros (j'ai récupéré toute mon ancienneté, heureusement) et, le soir après une journée de travail je suis bien plus exténuée  et bien moins disponible pour mes enfants qu'après une journée de mon ancien travail : bruit, tension continuelle (sur 28 enfants il y en a forcément toujours un à reprendre, à recadrer). Même si je suis physiquement là. J'ai du passer à mi-temps (1000 euros par mois) pour pouvoir m'occuper correctement de mes 3 enfants.

    J'en ai marre des réunions de transition avec le collège où les profs sont payés et pas nous !! marre qu'on me regarde avec de gros yeux et qu'on me brandisse la sacro sainte "conscience professionnelle" quand j'ose demander si c'est normal. Je me plie en 15 pour ma classe (j'ai fait le compte:je travaille 25 heurs par semaine pour 1 000 euros par mois et je fais crédit des vacances pendant lesquelles je mettais les enfants chez leur nourrice pour pouvoir travailler).

    A force de tirer sur la corde, elle finit par lâcher...

    41
    Vendredi 16 Septembre 2011 à 15:18

    Merci pour ce témoignage !

    Si, en mail privé, tu peux me raconter comment tu as fait pour que ton ancienneté soit prise en compte, si j'ai loupé quelquechose... (Tu avais travaillé un petit peu dans le fonction publique, peut-être ?)

    42
    Dorabella
    Vendredi 16 Septembre 2011 à 19:52

    Je ne peux pas lire de telles inepties sur notre métier sans réagir!!! Comme vous tous, j'en ai marre d'entendre le grand public nous critiquer en permanence et nous brandir nos 26 heures de travail (c'est cela oui) et nos soit disant longues vacances. Avant de critiquer, on se renseigne et si notre métier est si formidable et facile que cela, on passe le concours!!! Quan en plus, cher monsieur, on se permet de nous faire passer pour des crétins qui ne comprennent rien de rien à l'économie, on s'assure au moins que son message n'est pas truffé de fautes d'orthographe!

    Enfin, une question me taraude. Pourquoi surfer sur un site enseignant?

     

    Désolée pour ce message, pour ma décharge, nous sommes vendredi soir, je suis à la direction depuis toujours c'est à dire depuis ma sortie de l'IUFM, nous croulons sous les demandes tant des parents, des collègues, des élèves, de la mairie, de l'IEN, des ATSEM et j'en passe!

    43
    neigedvt18
    Vendredi 16 Septembre 2011 à 21:15

    "Enfin, une question me taraude. Pourquoi surfer sur un site enseignant?"

    Bonne question Dorabella

    44
    thistle
    Vendredi 16 Septembre 2011 à 22:31

    C'est déjà dur d'aller au boulot la fleur au fusil , mais alors-là vos conversations me filent le bourdon !

    On devrait parler d'autres choses  de temps en temps .

    bon w.end à tous

    45
    Pasqualine
    Vendredi 16 Septembre 2011 à 23:17

    vendredi .... 23h ....une prof des écoles ... de surcroit directrice ... fait son administratif de direction ...

    Ce qui "bouffe" le plus c'est que notre travail ne se stoppe jamais ... "Notre cartable" est à l'école, à la maison, le soir, le mercredi (quand il n'y a point une obscure réunion, animations pédagogiques ...), le week-end , petites et grandes vacances .... Très honnêtement heureusement que j'ai un conjoint très présent pour les enfants, la maison ... Car là .... cette semaine réunion chaque soir .... la semaine prochaine trois réunions ... sur mon "fameux" temps de 24h de réunion, (soit dissant consacré aux conseils de cycle, concertations, relations avec SIVOS, Mairie, famille) .... (Tiens .... plus de 7 heures de réunion en 2 semaines ....). Mon "quotat" bien évidemment je ne le respecterai pas ...Je serai là à ces réunions, investie dans des projets de vie de classe, de classe verte .... Et tout cela sera "bénévole (?)" ....

    Bref, j'invite qui veut , qui "n'est pas du métier", à venir dans ma classe, observer une "maitresse" directrice ...au sein d'un RPI dans un réseau de petits villages ....

    Alors mon propos est de l'ordre de l'anecdote, d'une petite voix là comme ça en passant ... Mais je le sais très bien que je suis loin d'être la seule dans cette situation .

    Peut être que faire un rapport choucroute collège/école ... n'était pas adéquat ... ;comme comparer les écoles de villes ou des campagnes ...Mais , mais il prouve le véritable mal-être de notre profession, notre solitude ...

    Solitude de décisions, de remédiation, de réalisation ....

     

     

    46
    Samedi 17 Septembre 2011 à 23:29

    Message 31: des désavantages et des contraintes, il y en a dans tous les métiers. Effectivement. La différence c'est qu'on accueille/instruit/éduque vos enfants. J'ai la prétention de penser que l'enjeu est important, c'est aussi pour ça qu'on "râle".

    Ceci étant dit, je suis tout à fait d'accord sur un point: je ne souhaite pas que l'on dise que je fais un métier plus dur que d'autres, j'ai juste la prétention de croire que je n'en fais pas un plus facile.

     

    Message 34: j'espère me tromper mais j'ai l'impression que le burn out est assez latent non seulement chez quelques individus, mais dans une part non négligeable de la profession, ce qui est plus inquiétant.

    Je connais un certain nombre de collègues qui envisage plus ou moins sérieusement à quitter ce que tant d'autres décrivent comme la panacée.

     

    Sinon merci Charivari pour tout ce boulot!

    47
    bad gigolo
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 00:03

    D'abord, Charivari, bravo pour ton blog: y'a plein de trucs valables... et d'autres moins.

    Notamment cet article.

     

    D'abord, je ne comprends pas ton (votre) acharnement à opposer profs du 1er degré à ceux du 2d degré. Vous avez un peu la même argumentation que ceux qui opposent fonctionnaires et travailleurs du secteur privé. " Les privilégiés contre les vrais travailleurs, ceux qui font de l'argent " ! On a vu ce que ça a donné l'année dernière...tout le monde y a perdu!

    Demander des améliorations de travail dans le 1er degré en lynchant le 2d degré ne m'apparaît stratégiquement valable. Et même assez dégueulasse.

     

    Ensuite, les EVS/AVS (et plein d'autres encore). Tout à fait d'accord pour que leur emploi soit perennisé, avec titularisation, avec un vrai statut et avec un vrai salaire.

    Ceci dit, je ne suis plus d'accord quand vous demandez un statut pour les directeurs d'école. Que le directeur (ou la directrice) reste avant tout un collègue me semble.indispensable. Je ne m'imagine pas être toute la semaine ( ou presque) sous l'oeil d'un chef d'établissement avec toutes les prérogatives qui vont avec.

    D'ailleurs, avez-vous déjà discuté avec des collègues du 2d degré de leurs relations avec leur chef d'établissement?

    Rien que pour ça, je préfère faire 27h à l'école primaire!

    48
    coconuts2009 Profil de coconuts2009
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 10:00

    badrigolo, j'ai peut être mal lu les commentaires mais je ne crois pas que les directeurs et directrices en fonction demandent un statut de supérieur hiérarchique mais juste du temps pour faire leur travail correctement!?

    (Et moi, je leur souhaite aussi un salaire supérieur pour le temps passé et les responsabilités car pour le moment c'est juste pour la gloire vu le peu de prime en plus!)

    Je suis admirative de tous ces directeurs et directrices qui malgré le manque de temps font leur travail en venant dans les écoles hors temps scolaire, en lisant les nombreux mails chaque jour, en répondant au téléphone, en recevant les parents, en réglant les problèmes avec le personnel enseignants et non enseignants, en menant des réunions, en étant en relation avec la Mairie de la ville...etc....ET en enseignant dans une classe car le nombre d'heures de décharge est minime!

    Je vous rejoins ainsi que beaucoup d'autres sur le statut des EVS et AVS que l'on a remercié dans l'été!

    Merci Charivari pour ton travail et ton partage.

    49
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 12:50
    Je n'ai lynché personne. Je n'ai jamais dit "pourquoi les collèges ont-ils autant" ? J'ai dit : " pourquoi les écoles ont-elles si peu ?".
    50
    bad gigolo
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 13:53

    coconuts2009: Je crois que tu as mal lu! Dans plusieurs des posts précédents, les rédacteurs parlent bien d'un statut du directeur; cela leur donnerait bien sûr du temps mais également, ne soyons pas naif ou langue de bois, les prérogatives hiérarchiques qui vont avec. De plus, les directeurs et directrices actuellement en poste touchent une indemnité de direction... minime, c'est vrai, mais il la touche! Indemnité qui d'ailleurs varie en fonction du nombre de classes, ce que je trouve particulièrement injuste, car que ce soit une école à 2, 4 10 ou 20 classes, le travail et les responsabilités restent les mêmes (mêmes documents à remplir et renvoyer à l'administration, mêmes obligations de communication avec les parents, la commune, etc etc...). J'ai été directeur d'une école à classe unique, donc sans décharge hebdomadaire, pendant plusieurs années: c'est le mercredi et le week-end que je faisais le boulot administratif. J'ai aussi été directeur d'écoles à 4 classes et plus, donc déchargé une journée par semaine: je n'avais plus besoin de venirle mercredi et le WE pour faire ce même boulot.

    charivari: j'entends bien ta nuance. Mais les argument développés dans les différents commenatires montrent quand même, je persiste, une certaine agressivité, voire jalousie, vis à vis des profs du secondaire.

    Le vrai débat est de s'interroger sur la manière dont les établissemnts d'éducation (écoles, collèges et lycées publics, je ne parle même pas des universités ou de l'enseignement privé) sont financés. Comment parler d'égalité des droits (pour ne pas utiliser le terme inepte d'égalité des chances!) pour les usagers (les élèves et leurs familles) quand on sait, par exemple, que les écarts de financement des écoles primaires par les communes varie de 1 à 10 sur le territoire français!!!

    Je pose donc une nouvelle problématique: peut-on toujours parler d'Education Nationale uniquement parce que les profs sont payés par l'Etat?

     

     

    51
    fredfle
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 14:18

    Pour illustrer la dégradation de nos conditions de travail et donc des conditions d'apprentissage de nos enfants/élèves, voici le lien d'un petit film fait par un collectif de parents et d'enseignants du Doubs. A faire suivre.


    http://www.youtube.com/watch?v=Rih6ERs0dmc&feature=share


    Et encore merci Charivari pour tout, y compris pour cet article intéressant.

    52
    .
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 15:18

    Il est vrai que les enseignants ne sont plus crédibles à force de grèves et d'immobilisme.

    Nous ne sommes que de simples fonctionnaires, et on n'aura pas de médaille même si on se couche à 1h du matin pour préparer la journée. L'état a choisi l'orientation qu'il voulait donner à l'éducation, c'est son problème. Moi, j'applique, ou pas, selon les moyens dont je dispose. Si je voulais décider, je ferais de la politique.

    Bien sûr en réalité je prends mon boulot plutôt à coeur, et j'y passe aussi des heures pas possible, mais c'est parce que je le choisis. Le jour où j'en aurai marre, je ne ferai plus que le strict minimum imposé par mon statut et mon salaire, et tant pis pour les élèves. Les gens comptent trop sur notre dévouement mais que leur doit-on alors qu'ils nous dénigrent à la moindre occasion?

    53
    .
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 15:22

    J'en oublie presque de remercier Charivari pour son site extra!

    54
    Roland GALLIAN
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 19:43

    Bonjour,


    Je suis Maire d'une petite commune rurale et mon épouse est enseignate dans une école primaire sur un autre commune. J'ai trouvé votre expérience et le tableau comparatif trés intérressant. Je me charge de faire connaître auprés de mes collègues élus ces données. Je pense que cela va être trés instructif pour les élus et les parents. Je fais avec votre autorisation, bien sur. Merci pour votre réponse...


    Bravo pour votre boulot !


    Cordialement R. GALLIAN


     

    55
    Lebaudet
    Dimanche 18 Septembre 2011 à 20:40

    Envoyé à mon député préféré !

    Merci  Charivari !

    56
    Lundi 19 Septembre 2011 à 06:59

    Monsieur le Maire, je vous donne mon autorisation avec enthousiasme !

    Lebaudet : super pour le député !

    . : On est en démocratie, on peut "faire de la politique" à notre niveau, en utilisant les outils dont on dispose, sans être forcément "élu"... S'indigner, faire savoir, ne pas tolérer sans rien faire, en parler autour de nous, c'est déjà faire de la politique.

    57
    .
    Lundi 19 Septembre 2011 à 22:08

    On peut faire de la politique à tous les niveaux, bien sûr, ce que j'essaie de dire c'est que l'opinion publique étant plutôt défavorable aux enseignants (et aux fonctionnaires en général), il faudrait regagner un peu de dignité avant de vouloir changer le monde.

    Même dans les conversations personnelles beaucoup d'enseignants se plaignent sans arrêt de leur classe, du boulot, des problèmes d'organisation... c'est une réalité. Et quand on propose des pistes pour améliorer ces problèmes du quotidien (car il en existe, des pistes à mettre en oeuvre!), n'en parlons surtout pas car cela risquerait de pertuber des habitudes ancrées chez certain(e)s depuis trop d'années! Donc rien ne va mais ne changeons rien, surtout!

    Un peu de dignité, donc, ce serait de dire OK, j'ai choisi ce boulot, je l'assume. Regagner la confiance des parents et de l'opinion en général d'abord, exposer les problèmes ensuite pour mieux y remédier.

    58
    Lundi 19 Septembre 2011 à 22:13

    Bon, restons-là parce que nous ne serons pas d'accord. Mon boulot me passionne, je l'assume très bien, mais ce n'est pas pour cela que j'accepterai n'importe quoi.

    Je pense que l'école paye son image de "pays des bisounours", alors que le collège a l'image de "enfer pour profs" et que cela lui permet d'obtenir plus de moyens. Il serait temps que tout le monde ouvre les yeux : les bisounours ont déserté depuis un petit moment.

    59
    .
    Lundi 19 Septembre 2011 à 22:46

    Désolée, je ne parle pas de vous quand j'évoque le fait d'assumer ou pas, votre blog prouve bien qu'on n'a pas grand chose à vous reprocher au niveau de votre investissement. Je m'attaque plutôt à cet état d'esprit si perceptible et tellement bien relayé (exagéré même) par les médias, qui consiste à toujours se plaindre mais à ne jamais accepter la nouveauté.

    Bien sûr, je ne peux pas être d'accord avec les mesures qui sont prises en ce moment, l'heure est grave pour les futurs citoyens. Oui, les EVS sont nécessaires, oui les directeurs ont besoin d'un statut mieux défini, oui des classes moins chargées permettraient d'améliorer les résultats, etc.

    Mais on ne peut pas nier que nous n'avons plus aucune crédibilité. Plus on se plaint (même à raison), plus on nous méprise.

     

    60
    Linette5
    Mardi 20 Septembre 2011 à 20:25

    Merci Charivari pour cet article. Je l'ai moi aussi envoyé sur FB. On voit qu'il suscite bien de l'intérêt, vu le nombre de commentaires, et les discussions qui en découlent.


    Je l'ai déjà dit auparavant, mais encore merci pour ce site (je n'arrête pas d'en faire la pub auprès des nouveaux arrivants dans notre "grande institution nationale") et merci aussi pour des articles comme celui-ci qui suscitent le débat et mettent un peu de baume au coeur quand on remarque que l'on n'est pas seul dans son coin à en avoir gros sur la patate.

    61
    Mercredi 21 Septembre 2011 à 14:13

    "1000 J'aime" sur Facebook ! Je ne sais pas bien à quoi a sert, mais au moins l'info commence à circuler ! 

    62
    Pasqualine
    Jeudi 22 Septembre 2011 à 21:23

    bah nous plus de 1000 a avoir partager ton article sur nos pages facebook !!!

     

    (z'ai pleins de coucous,bisous, salutations etc à te faire .... y'avait réunion parents ce soir pour les GS !)

    63
    Jeudi 22 Septembre 2011 à 21:29

    Ooooh, tu leur rendras les coucous ! Je vois la maman de Noa régulièrement à ma supérette locale, mais c'est tout. C'est pas que ce soit loin... Ah, j'ai quand même eu Virginie plusieurs fois au tél, alors j'ai des petites nouvelles, mais plus de sa classe que de l'autre, forcément.

    64
    dirlo08 Profil de dirlo08
    Jeudi 22 Septembre 2011 à 22:38

    Bravo Charivari pour cette article.

    @bad gigolo !!!

    Tu as été directeur, et pour n'y es-tu plus si c'était si simple et si facile ?

    J'en suis à plus de 10 ans de direction dans une école à 7 classes et je peux te dire que ça empire d'année en année.

    Concernant le statut de directeur souhaité par 93% des directeurs (sondage IFOP), en te renseignant un peu tu saurais que personne ne veux être supérieur hiérarchique. Un statut serait là pour nous protéger car nous n'avons qu'une fonction dont l'IA peut nous démettre d'un claquement de doigts. Plus d'une centaine de directeurs sont débarqués ainsi chaque année sans que personne ne le sache !

    Concernant les EVS, le problème est malheureusement pris à l'envers. Un directeur avec un vrai statut et une sérieuse amélioration des décharges serait une grande avancée  et cela limiterait le recours à des emplois précaires. Les directeurs ayant moins d'heures en classe d'autres enseignants seraient alors nécessaires pour faire leurs heures de classe. C'est cela qu'il faut d'abord revendiquer. Que les écoles aient ensuite besoin de secrétariat avec des personnes formées et stables, sans aucun doute, mais avec un directeur présent, pas en classe.

    Pour qui veut mieux connaitre la vie de directeur, c'est ici : www.dirlo.fr

    65
    Gregoire21
    Vendredi 23 Septembre 2011 à 07:31

    Et oui , ça cause ...

    C'est pour ces raisons que j'ai demandé à mon IA mon retrait de fonction de directeur cette année ( et obtenu ) après lui avoir explicitement démontré dans mon courrier quee c'était une simple question de survie mentale pour moi et ma famille. Pourtant qu'est-ce que j'aimais ce job !

    Sans statut qui borne les tâches, sans aide, sans temps et sans formation, devant des équipes en état de sidération et de résistance mentale et physique ( quels rythmes ! ),  des syndicats qui prônent le "sans Dieux ni maître " et refuse l'idée qiue le pilote ait accès aux commandes et bien on n'est pas sorti de l'auberge espagnole.

     

     

    66
    Georges56
    Vendredi 23 Septembre 2011 à 08:05

    Si en plus les EVS avaient un emploi pérenne et les directeurs un vrai statut, ce serait... byzance ?

    Merci tout d'abord Charivari pour ce texte ! Dans la conclusion que vous donnez, il serait bon, me semble-t-il, d'inverser l'ordre des choses : ce dont l'école a besoin c'est avant tout d'un directeur doté d'un statut, qui le positionne réellement comme le seul interlocuteur, le seul "maître à bord"(le pilote) de son vaisseau ; l'aide administrative ne peut venir que de surcroît !

    On comprendrait mal qu'une maison soit édifiée par le toit d'abord, par les fondations ensuite.

    Plus que jamais (9ème année de direction), cette rentrée est des plus démentielles...Oui, un statut qui soit aussi une protection pour les directeurs !

     

    67
    seb37
    Mercredi 28 Septembre 2011 à 10:01
    Cela prouve une chose: le gouvernement a gagne: opposer les uns aux autres alors qu ils sont dans la meme galere... C est dommage mais c est classique: diviser pour regner... Les PE laborieux contre les PLC surdotes... Consternant!
    68
    seb37
    Mercredi 28 Septembre 2011 à 10:05
    .... Et les profs de college ne sont pas paye en HS pour les reunions, c est completement illegal!
    69
    seb37
    Mercredi 28 Septembre 2011 à 10:13
    Si l on suit cette logique demago, que dire de l ash ( clis comme ulis)? 2 adultes ( PE + AVS) pour 10/12 eleves contre 1 PLC pour 28 a 35 eleves! C est stupide comme comparaison, n est ce pas? A peu pres autant que ces stats a deux balles!
    70
    Nef76
    Jeudi 13 Octobre 2011 à 20:35

    Il faut vraiment revoir le statut du directeur et accorder une vériatble aide pérenne à l'école; je pense que les IEN en sont en parti conscients, mais au dessus j'en doute fortement.


    je suis directrice, mes heures je ne les compte pas, ma motivation est encore intacte mais pour combien de temps ??? Chaque rentrée est un peu plus difficile !

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